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LES CENT-JOURS

28 mai 1815. — M. Frin, maire; MM. Lépron etMousset, adjoints.

M. Lépron , maire par intérim , réunit le conseil municipal , afin qu'en raison des circonstances critiques , il fut pris des mesures pour assurer la tranquillité de la ville. Le préfet de la Sarthe (M. Lagarde, successeur de M. Pasquier, comme il avait été son prédécesseur) avait rendu responsable toute commune dans le chef-lieu de laquelle se seraient formés ou montrés des attroupements armés sans éprouver ni résistance ni obstacles de la part des habitants. Ces inquiétudes, comme on le sait déjà, étaient bien motivées.

On décida donc , en conséquence :

1<> Que deux membres resteraient du matin au soir à Thôtel de la mairie pour seconder le maire en tout ce qui serait nécessaire ;

2<> Que les fortifications de la ville se poursuivraient avec la plus grande célérité ;

3^ Que pour caserner la compagnie de voltigeurs du 2"^ régiment de la garde impériale, que le général avait laissée pour la défense de la ville, les habitants seraient invités à fournir les effets de casernement.

M. Leguicheux-Langlottiëre fut installé comme sous-préfet par le général comte Chasset, commissaire extraordinaire envoyé par l'Empereur dans la 22"" division militaire.

Lettre de M. le sous-préfet instruisant le conseil que, d'après une visite

(1) M. Pasqaier, sous-préfet de La Flèche, a?ait remplacé aa Mans M. Lagàrde en qaaUté de préfet.

qu'il a faite avec M. le général Meunier, commandant le Prylanée, et son état-major, il a été reconnu qu'il était indispensable, pour la sûreté de la ville et pour prévenir toute surprise, de fortifier l'extrémité du faubourg de la Madeleine et la Bonde-du-Parc,

Il est alors arrêté que le chemin du Faubourg-de-la-Madeleine et de la Bonde seraient à leur extrémité coupés chacun par un fossé de 40 pieds de large au pljis ; que les terres en provenant seraient jetées du côté du faubourg, afin de faire une tranchée sufiisante; que les fossés seraient assez lai'ges pour y recevoir les eaux qui venaient du faubourg Saint-Jacques et du parc du Prytanée, qu'une porte serait pratiquée à l'extrémité du faubourg de la Madeleine pour servir au passage des cultivateurs de ce canton , qui n'y passeraient qu'un à un sur une planche placée sur le fossé ; que le faubourg de la Bonde serait entièrement fermé et n'aurait aucune communication avec l'extérieur.

9 juillet 1815. — Le commandant Gallois demande que les fortifications soient promptement terminées : mur d'un pied d'épaisseur au-dedans du pré qui est derrière l'enclos de la Madeleine, construction très-urgente, qui surpassera en hauteur la barrière qui sera conservée; murs du cliâteau (de la Varenne) de la maison de Lucé et de celle de Couaillier seront élevés avec des tuffeaux, afin de couvrir les hommes d'armes qui seraient placés derrière ; meurtrières au mur de clôture donnant sur le pont du Mail et dans le mur de la maison de Lucé donnant sur le Champ-de-Foire ; deux corps de garde placés près des portes de la Madeleine et de la Bonde et dans des maisons voisines.

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