‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 224 sur 251 · ÉCOLE ROYALE MILITAIRE PRÉPARATOIRE (181H · texte numérisé non relu

ÉCOLE ROYALE MILITAIRE PRÉPARATOIRE (181H

Le roi Loais XVIII, arrivé le 3 mai 48U, prit immédiatement les rênes du Gouvernement dans des circonstances qui eussent effrayé les plus hardis comme les plus habiles.

Il fallait, en effet, avec des finances obérées, dont de nouvelles charges de guerre allaient encore diminuer les ressources , réorganiser Tarmée et pourvoir surtout à l'existence d'un grand nombre de soldats et d'officiers de tous grades revenant soit des garnisons, soit des prisons étrangères. Hélas ! pouvait-on prévoir alors que 57 ans plus tard , Tabime s'ouvrirait encore plus large pour la France ?

Le30 juillet, Louis XVIII s'occupait déjà des écoles militaires; malgré dut son bon vouloir et sa remarquable perspicacité , il ne pouvait pas touours échapper aux réminiscences du passé.

Le général Dupont de Chaumont, devenu ministre de la guerre après sa ongue disgrâce datant de la capitulation de Baylen , présenta à la signaare du Roi une ordonnance dont les termes, propres à flatter l'ancienne foblesse, pouvaient faire craindre que ses enfants seuls fussent admis lésormais aux écoles militaires : ce qui était inexécutable. L'expression seule était fâcheuse. Il y eut certainement beaucoup d'exaération dans les dires du public; l'effet n'en fut pas moins déplorable : Nous étant fait rendre compte, disait le Roi dans son préambule, de la situation des écoles militaires et voulant que l'organisation de ces établissements soit en rapport avec celle que nous avons donnée à l'armée par nos ordonnances du iS mai dernier;

< Ayant reconnu qu'une seule école militaire pourrait suffire aux besoins du service ;

c Désirant, en outre, récompenser les services des officiers généraux et supérieurs de notre armée et faire jouir la Noblesse de notre Royaume des avantages qui lui ont été accordés par l'édit de notre aïeul, du mois de janvier 1751 , relatif à la fondation de l'Ecole militaire.... »

Les trois écoles militaires de l'Empire, Saint-Cyr, Saint-Germain et La Flèche comme Prytanée, était supprimées , et TEcole royale militaire fondée par redit de 1751 était rétablie à Paris dans l'ancien hôtel bâti par Loais XV, avec les modifications nécessitées par les circonstances.

Tous les élèves anciennement nommés étaient maintenus dans leurs droits et réunis à Saint-Cyr jusqu'à nouvel ordre.

La maison de La Flèche devait servir d'école militaire préparatoire et de recrutement à celle de Paris. On aperçoit déjà l'intention d'assurer à l'élève de La Flèche un avenir préservé des chances d'un concours généraL

Le 30 juillet, M. le lieutenant-général Dupont fut nommé gouverneor de l'Ecole royale militaire et inspecteur de celle de La Flèche. Le commandement de Saint-Cyr, qu'on conservait, fut donné à M. de Richemont, maréchal de camp.

Le préambule de l'ordonnance d'organisation des écoles militaires du S3 septembre 1814, vint pallier aux yeux de l'opinion publique la faute commise par la publication de celui de l'ordonnance du 30 juillet :

« Voulant régler, dit le Roi, le mode d'administration et les conditions « d'admission dans nos écoles royales militaires ;

« Désirant accélérer le moment où les enfants de nos sujets, et partica- « liërement de ceux qui ont rendu des services à l'Etat et à notre Personne, « pourront trouver dans les écoles une instruction à laquelle leur famille « est dans l'impossibilité de pourvoir et qui les mette à môme d'exercer des « emplois militaires auxquels tous les Français ont droit de prétendre ;

« Nous avons ordonné, etc.... »

Le Roi portait le nombre des élèves à 1000 ; 600 pour La Flèche et 400 pour Saint-Cyr ; tous aux frais de l'Etat , sans effet rétroactif à l'égard de ceux qui avaient été antérieurement admis et payaient pension. — Projet d'une dotation spéciale pour soutenir les deux écoles; admission à La Flèche dès l'âge de huit ans ; entrée à Saint-Cyr à quinze ; examens pour l'entrée et la sortie de Saint-Cyr; emplois de sous-lieutenant dans l'infanterie et la cavalerie pour les sortants de Saint-Cyr; leçons d'équitation pour tous, plus suivies cependant par ceux qui devaient entrer dans les troupes à cheval ; services militaires comptés dès le jour de l'entrée à Saint- Cyr.

Deux inspecteurs , l'un pour les sciences , l'autre pour les lettres , devaient se rendre deux fois par an à La Flèche et à Saint-Cyr; un grand conseil, présidé par le ministre de la guerre, était chargé de perfectionner successivement cette création.

On s'était surtout inspiré des ordonnances rendues par Louis XV et et Louis XVI dans tout ce qu'elles avaient d'applicable en 1814.

La Flèche, école préparatoire, Saint-Cyr, école spéciale, fournissant seules directement des officiers à l'armée.

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