‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 226 sur 251 · ÉCOLE MILITAIRE PRÉPARATOIRE · texte numérisé non relu

ÉCOLE MILITAIRE PRÉPARATOIRE

lu général Meunier. Pour un vieux soldat, c'était élémentaire. Il fit consifner à la porte de l'école les élèves de Labrousse et de Kermel, dont les [)arents ne purent pas justifier Tabsence. Ils étaient, en effet, passés aux Chouans, qui sillonnaient le pays; ils servirent depuis très-honorablement lans l'armée française.

Au mois de juillet, Napoléon reprenait pour toujours le chemin de Texil, )i Louis XVIII , après une absence de trois mois , rentrait aux Tuileries où , ) ans plus tard, seul de tous les siens, il devait mourir.

La secousse qui venait encore d'ébranler l'Europe, devait inspirer à Louis XVIII le désir de rattacher le plus possible l'armée à sa dynastie. )r l'école de Saint-Cyr était encore pleine des souvenirs de l'Empire; il ^tait naturel qu'on cherchât à les éteindre. On devait donc fonder à noureau. '

D'un autre côté, les cadres étaient encombrés; il fallait satisfaire à beaucoup d'exigences basées sur des services rendus à la Royauté et laisser snfin place à l'indulgence en faveur des malheureux officiers compris dans le nombre de ceux qui avaient été classés dans les U catégories.

Ce n'était donc pas le moment de former de nouveaux officiers , puisqu'on ne pouvait pas leur donner d'emploi.

Le Roi décida donc que, jusqu'au 1«^ juillet 1816, il ne lui serait présenté lacune proposition de nomination ou d'avancement.

L'armée fut licenciée et immédiatement réorganisée sur des bases nouvelles, Saint-Cyr supprimé comme école spéciale; les plus âgés de ses Hèves furent placés dans les régiments, les plus jeunes renvoyés à La Nèche. Puis on y établit une seconde école préparatoire dont le régime et 'organisation furent exactement les mêmes que ceux prescrits par l'ordonlance du 23 septembre 1814.

Ainsi, vers la lin de 1815, deux écoles militaires préparatoires, et pas l'école spéciale ; pour celle-ci, on réservait implicitement l'avenir; car, ans ce complément futur, les deux premières auraient été faussement aalifiées.

Nous l'avons dit ; on voulait former un noyau dont on fut parfaitement lir et arrêter dans leur germe tous les principes puisés antérieurement et I trouvant en complet désaccord avec l'état actuel du pays.

L'école de La Flèche avait donc marché sans interruption. Il y a tant de

le et de souvenirs dans cette création d'un roi soldat qu'il semble qu'elle

|l peut périr. Le colonel de Heulan en' avait repris le commandement.

Dans un terme fort court, 563 élèves de dix à quatorze ans, furent admis

k*école préparatoire de Saint-Cyr, sœur de la première. Les nominations

ifaisaient indifféremment pour l'une ou pour l'autre.

[Malgré la tentation que nous éprouvons de parler de la sœur cadette,

Ugairement appelée la petite école de Saint-Cyr, dont nous avons été

l'éUvt jusqu'à notre transfert à La Flèche , de parler de ses résultats, d notre noble géoëral si respecté, M. d'Albignac, nous sentons que Doasi pouvons, dans un ouvrage entièrement fléchois, nous attarder à sa sujet. (4)

Chères écoles de Saint-Cyr et de La Flèche, nous ne pouvons pas toi appliquer ces vers de Victor Hugo :

• te collège avec..,.

, • Sea bancs de chêne ooirR , ses longs dortoirs moroses ,

• Ses salles qo'oa Terrotitlle el qu'à tous les piliers

> Sculpte, avec od vieui don, l'ennui des écoliers,

• Ses msgisteTS qui font, partni les paperasses,

• HsDgcr l'heure du jeu par des penseurs voraees,

• El sans eau, ssDsgsion, sansarbres, sans fruits mûrs

• Sa grande cour parée cuire quatre grand murs. ■

Non, k Saiat-Cyr et à La Flèche, écoles préparatoires; poar noi préparer de vieux chefs blanchis sous le harnais , sévères , mais paterne comme tous ceux qui ont passé par les grandes épreuves de la vie, ùt professeurs que n'agitaient pas les pensées de l'avenir, des surveiUu! refusant de l'avancement, se trouvant suflisamment honorés par la «i nationale et le grade modeste d'adjudant.

t Parmi les élèves de l'école de La Flèche , dont une partie venaient i < la petite école de Saint-Cyr, disait le général Bedeau, l'une des gloiii * les plus pures de notre maison , régnaient un esprit de corps , un dévoi ( ment réciproque, un désintéressement, une obligeance fraternelle qnej c n'ai pas retrouvés ailleurs au même degré. >

Un autre élève, M. le comte L. de Maricourt, n" 4S58, attaché i l'a bassade de Naples, diplomate et poète, s'écrie :

> Ami , (3) sur ce cloeher qu'orne uoe galerie

> A travers le soiumeil mon esprit s'est porté , ■ Et de lli , j'ai senti la sombre rèierie

• Inonder mon cœnr attristé.

' J'aperçois i mes pieds la cour profonde el noire • Où chacun dans aon groupe avait, poar tons les JODK, ' A conter en marchant un nouveau plan de gloire, ■ L'histoire de nourcaux aoiours.

• Il DODS semblait qu'en nous un prodige allait natlre, |

r Que les peuples sonmis porteraient notre char,

(1) Voir Jiuiilufi'ont d'éducation militaire, 3» période, lirre second, chapitre pt^ C. de Honlze}', 1807.

(3j Le baron G. de Flotte, ancien élâve de La FlÈche, poile distingné, iTaol ta 0 dans le dictionnaire de Vapereau. I

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« Etqae, ponr triompher, nous n'avions qu'à paraître « Comme autrefois Jules César I

« 0 Chimère! ô Néant , à temps de mon collège! « Age aux rêves dorés , aux chagrins impuissants « Qu'un jour vient apporter et que le soir allège « Dans le coeur des adolescents I

« Oui, de La Flèche, ami, la vie était austère, « Tous les pas en était réglés par le tambour, « Et parfois de nos chefs la verge militaire « Parlait à défaut d'amour !

« Et pourtant cette enceinte à la douce folie , N Où nous avons laissé de la vie un lambeau , 8 Où dans nos jeunes seins l'amitié qui nous lie « Alluma son calme flambeau ;

« Où d'un bonheur sans fin l'image poursuivie « Aux cœurs adolescents semblait tendre les bras , « De loin , je la regarde avec un œil d'envie. . • .

L'institation de La Flèche est donc une grande et noble chose, puisqu'elle iospire de tels souvenirs.

On prévoyait qu'à la lin de Tannée scolaire 1817 et 4818, la tête des deux teoles préparatoires serait suffisamment préparée pour suivre des cours ^as élevés et former le premier noyau d'une école spéciale.

Ceux qui pouvaient alors y être admis, ne devaient prétendre au grade i'officier qu'en 1820, après deux années d'études spéciales; le Roi et son ministre, de 1816 à 1820, avaient à leur disposition suffisamment d'emplois racants pour la plupart des sous-lieutenants mis à la demi-solde et attentant avec une impatience que le besoin rendait plus ardente, la faveur de rentrer au service.

L'ordonnance du 31 décembre 1817 fonda l'école spéciale militaire de Saint-Cyret réunit en une seule, à La Flèche, les deux écoles préparatoires.

Le général d'Albignac, nommé lieutenant-général et commandeur de Saint-Louis quelques mois plus tard, fut placé à la tête de l'école militaire spéciale, conservant ainsi sous ses ordres les plus âgés de ses élèves; leulement, il ne voulut pas se séparer de la plupart des plus jeunes et, brmant un choix parmi ceux-ci, il établit une petite école supplémentaire |u'il plaça dans la cour Maintenon ; il comptait les écouler tous à l'école spéciale. Cette seconde petite école dura jusqu'en 1820, et tous ceux dont 'âge ne permettait pas encore qu'ils entrassent à l'école spéciale , furent reversés à La Flèche.

Le Roi s'étant donc fait représenter les ordonnances du 30 juillet, 23 seplembre 1814 et 6 septembre 1815 relatives aux écoles militaires, avait lécidé, par l'ordonnance du 31 décembre 1817 (devant n'avoir son effet

qu'à la fin de l'année scolaire \sn-\S\S), qu'il y aurait une école militaire préparatoire destinée à élever aux frais de l'Etat, les fils d'officiers sans fortune qui s'étaient distingués par leurs services; aux frais de leurs familles y les jeunes gens que leurs parents désireraient faire participer aux études et aux exercices de cette école; qu'en second lieu, il y aurait une école spéciale militaire destinée à former des officiers pour tous les corps de l'armée autres que ceux de l'artillerie, du génie et des ingénieorsgéographes , lesquels devaient continuer à être entretenus par leurs écoles d'application.

La moitié des places de l'école spéciale militaire était réservée aux élèves de V école préparatoire, d'après un concours ouvert entre ceux d'entre eux qui en auraient achevé les cours et les exercices ; l'autre moitié était donnée aux jeunes gens qui, dans un examen ouvert à cet effet et d'après un programme rendu public, justifieraient des connaissances exigées des élèves de l'école préparatoire.

Le nombre de ceux-ci à La Flèche devait être de 500 dont 200 pensionnaires au prix annuel de 1,000 fr., non compris le trousseau.

Comme les deux écoles préparatoires réunies pouvaient compter momentanément 600 élèves, on décida qu'au besoin quelques-uns d'entre eux pouvaient être envoyés dans les collèges royaux à leur convenance en gardant tous leurs privilèges. Momentanément encore, jusqu'à écoulement du trop grand nombre, les trois cinquièmes des places à Saint-Cyr leur furent réservées au lieu de la moitié.

Le nombre des élèves de l'école spéciale fut de 300 ; \ 50 par division de première et de seconde année.

Le 10 juin 1818 parut une ordonnance nouvelle qui réglait définitivement l'administration et le service intérieur des écoles militaires.

Tout en sauvegardant les droits limités des candidats du concours extérieur, les ordonnances rendues tendaient à former et à entretenir à l'école spéciale un noyau fortomentattaché au gouvernement par le souvenir du bienfait, qui fut toujours soumis à son action immédiate et auquel surtout il put inculquer dès l'enfance cet esprit militaire toujours esclave de la discipline.

Certes, on avait bien calculé; et pour le prouver il suffit de mettre sous les yeux de nos lecteurs un contraste bien frappant. En 1830, Saint-Cyr resta fidUe et l'école polytechnique se montra indifférente ou ennemie.

Revenons un peu en arrière.

Le Prytanôe de La Flèche, devenu depuis le 30 juillet 1814 école militaire préparatoire, fut placé en 1815 sous le commandement du comte de Meulan, qui, le 13 octobre, appelé au ministère de la guerre en qualité de directeur du personnel, eut alors le colonel de Préval pour successeur.

L'ordre du jour du 19 janvier 1816 portait que le 21 un service solennel serait célébré dans la chapelle de l'école.

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