‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 231 sur 251 · PRYTANÉE MILITAIRE · texte numérisé non relu

PRYTANÉE MILITAIRE

études spéciales, 53 rhétoriciens, 45 élèves de seconde, 13 de troisième et 3 de quatrième.

Treize d'entre eux ont rempli pendant toute la guerre l'emploi de lieutenayit, 37 celui de sous-lieiUf'nant , 16 de sergent-major , 24 de sergent, un de caporal; 4 seulement sont restés soldats. Deux s'étaient dévoués à un service moins brillant et tout aussi dangereux, si ce n'est plus.

Le Prytanée avait été transformé en ambulance, les élèves Salle et Barthélémy en furent les infirmiers-majors. Et ils n'ont pas reçu la médaille qui a été décernée à ceux qui se sont dévoués à un pareil service î

Les habitants de La Flèche n'oublieront jamais le combat du 24 janvier 1 871 .

Les élèves Richard et Hardouin, sous-lieutenants au 14»« de ligne, partis de Durtiil avec un faible détachement, poussèrent leur reconnaissance à fond avec une telle vigueur que le Corps prussien qui occupait alors notre ville, crut devoir évacuer la place et se former avec son artillerie sur les hauteurs de Saint-Germain , afin de pouvoir, au besoin, procéder au bombardement. Ils voulurent essayer la portée de leurs pièces et faire connaître aussi que telle était la décision du général. Ce fut alors que le sous-lieutenant Richard fut atteint mortellement d'un éclat d'obus et vint expirer quelques jours après dans cette maison militaire à laquelle il appartenait encore au titre d'élève.

Krien, autre élève, fut tué à Strasbourg; Maurice est mort de ses blessures à Pont-à-Mousson ; Galle a disparu à l'armée du Rhin; Clère, souslieutenant, a siiccombé à l'hôpital après d'indicibles fatigues. Plusieurs autres portent la marque de glorieuses blessures ; et l'un d'eux , encore élève, Pichon, appelé devant les trois bataillons à l'inspection de 1874, a reçu la médaille militaire de la main du général de Larligue, pour cause de blessure.

En somme, six élèves de La Flèche comptèrent dans les gardes mobiles: quatre-vingts à divers titres entrèrent dans les troupes de ligne, et tous s'y montrèrent dignes de leur provenance et de leur éducation.

On a parlé des finances de l'Etat; nous devons aborder carrément cette question. Nous savions depuis longtemps quelle force certains chiffres donneraient à nos arguments ; mais il nous semblait qu'un tel mode de défense était indigne de la noblesse de cette création militaire et de la grandeur de la France. Mais nous devons répondre sans hésitation à toutes ces allégations, qui, reparaissant après chaque crise révolutionnaire, prouvent, au moins , une grande ignorance de la chose.

Or, le budget total du Prytanée Militaire est de 550,000 fr. (1).

Il faut d'abord en déduire: 1® Le prix du trousseau, payé par les fa-

(1) Noas prévenons que ces chiffres étaient ceux du budget du Prytanée en 1872. Il y a eu depuis une augmentation notable en raison de Tanneze du manège, annexe avantageuse.

milles; 2» le prix des demi-bourses; 3® le prix des pensions; 4» le prix des externats ; 5» le prix des objets réformés ; 6* le montant des économies générales ; le tout montant au minimum k 4 00,000 fr.

« Le total de cette déduction est de 400,000 fr., qui, retranchés du budget, donnent une différence de 450,000 francs.

« Or, les détracteurs (nous n'osons pas dire les ennemis du Prytanée) nous accordent au moins que les fils d'officiers doivent être renvoyés dans les collèges de l'Université avec leurs bourses et demi-bourses , qui , dans tous les cas , à La Flèche comme ailleurs, resteraient toujours à la charge de l'État.

« Or, les 300 bourses et les 400 demi-bourses donnent une somme de S97,000fr., qu'il convient de retrancher du budget établi, toutes déductions faites , à 450,000 fr.

« Reste , après cette dernière opération , à la charge véritable de l'État la somme de 453,000 fr. !

« Que l'on veuille donc bien comparer le chiffre parfaitement exact que nous dénonçons ici avec les glorieux résultats acquis et la noble conduite de ces enfants, qui, pour la plupart , revenus à leurs études, avaient pu sans aucun transition servir et commander sous les ordres de d'Aurelle de Paladines et de Bourbaki, dont les noms figurent depuis de longues années sur les registres de l'école militaire de La Flèche , et l'on ne pourra plus dire que l'éducation qui y est donnée n'apparait pas dès l'entrée des élèves à St-Cyr, et ne les suit pas jusqu'à la fin de leur carrière ,• ni se permettre d'affirmer que les officiers et les professeurs , auxquels ils sont confiés , n'ont qu'à se prélasser dans une inutile et coûteuse oisiveté.

« Toutes les grandes mutations, dit Montaigne, esbranlent l'État et le désordonnent ».

Pourquoi donc demander, sans plus ample information, la suppression d'une maison qui a donné de pareils résultats, résultats inconnus, parce que pour tous le point de départ est St-Cyr ? N'avons-nous pas assez de ruines autour de nous? Il faut se relever avec sagesse, intelligence et promptitude.

Après nos premiers désastres , nous rencontrâmes à la Mairie le sousinspecteur des études du Prytanée, M. Safflet, qui accompagnait deux élèves venant prendre un engagement : l'un d'eux était Maurice, qui devait bientôt succomber à ses blessures : « Si désormais , nous dit alors M. Safflet, on attaque encore la Maison de La Flèche, vous, son constant défenseur, vous vous souviendrez ».

Et, en effet, nous nous sommes souvenu: il nous semble que notre voix a été écoutée jusqu'ici ; Dieu veuille qu'elle continue à l'être dans l'avenir.

Pendant la guerre, M. le général Lefèvre fut envoyé dans le Midi pour

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commander le camp de Montpellier ; il reçut alors le grade de général de division , qui lui fut confirmé plus tard. La paix ayant été conclue, le général revint à La Flèche pour réorganiser le Pry tanée , le remettre de nouveau en marche, et, après ce dernier devoir rempli, il rentra dans le cadre de réserve de son nouveau grade et fut remplacé par le général Bertrand. Ce nouveau chef, à l'exemple de son prédécesseur, chercha adonnera cette Maison militaire une impulsion nouvelle, avec la coopération du lieutenant-colonel de Lemud, de M. Toussaint, inspecteur des études, et de Mgr Deutsch, camérier du saint Père , aumônier et curé de Saint-Louis.

Après le décès de M. le lieutenant-colonel de Lemud, M. le colonel Joppé fnt nommé commandant en second au Prytanée , que commande à cette heure M. le général Brice, ancien élève lui-même de cette Maison. Par saite d'une nouvelle organisation, M. le major Krieger est chargé de Tadministration.

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