‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 232 sur 251 · EGLISE SAINT-THOMAS · texte numérisé non relu

EGLISE SAINT-THOMAS

Sous la main ferme du premier Consul , les prêtres catholiques purent enfin exercer publiquement leur culte. Mais la foule, empressée de jouir de cette liberté si chère et surtout si impatiemment attendue, envahit les maisons qui servaient de temples et ne purent plus la contenir.

Les prêtres insermentés se bazardèrent alors à demander à Tautorité, devenue plus tolérante , Tusage d'une église pour les fidèles. Mais le clergé assermenté avait pris l'avance et occupait Téglise paroissiale ; on songea à la belle chapelle du Collège, qui avait été fermée depuis le pillage de 1793, employée aux cérémonies du club , puis transformée en hôpital pendant la guerre de la Vendée. Depuis 1797, MM. Maurin et Meyer, anciens doctrinaires , avaient établi un collège dans les anciens bâtiments.

1800. Dans cet état de choses, M. Hersent, ancien curé du diocèse du Mans , qui , pendant la Terreur, avait exercé le saint ministère à La Flèche et à Sainte-Colombe , s'entendit avec quelques-uns de ses collaborateurs et nn grand nombre des fidèles de la ville, qui , tous, signèrent une pétition tendant à demander aux maire et adjoints d'être .maintenus dans la jouissance de la chapelle du Collège , où déjà quelques prêtres avaient célébré la messe. Celte pétition eut promptement son effet, car nous voyons, le 23 nivôse an VIII (13 janvier 1801), le bureau provisoire de la Fabrique se former. Il se trouva composé de MM. Hersent, curé. Carré, Plhery aîné, de Ravenel, de Vives, Leroy de la Guilonnière, Boysson. Rocher, homme de loi, Rojou , homme de loi, ancien député à l'Assemblée nationale, Dorveau-Caignard , Bodin aîné et Belin de Langlottière. Le 19 janvier, ce même bureau dressait un règlement pour la police intérieure,

et successivement des mesures furent prises pour Tachât des objets de première nécessité ou la conservation de ceux qui provenaient de la charité des fidèles. On s'occupa de rétablir les balustrades et de garnir de papier huilé les vitraux de l'église à moitié brisés ; un sacristain , un bedeau et des chantres eurent leurs gages déterminés.

Il y avait en ville trente-six religieuses de différentes maisons. Désirant être séparées du peuple, elles demandèrent à être placées pendant les offices dans Tune des chapelles ; le bureau de la Fabrique leur assigna la première chapelle de gauche, en face de la chaire. Les religieuses de la Visitation avaient sauvé une relique de la vraie Croix ; elles obtinrent de la mettre à l'abri de toute atteinte dans la chapelle touchant à la chaire.

Toutes ces religieuses durent se fournir de bancs ou de chaises , sans être tenues néanmoins à payer leurs places.

Toutes ces dispositions ne pouvaient être encore que provisoires , car ce ne fut que le j<»r thermidor an IX (SO juillet 4804) que les membres du bureau durent demander oflSciellement aux directeurs du Collège de célébrer, aux frais des catholiques, le service divin dans la chapelle; l'usage en avait été accordé à ces directeurs par le ministre des cultes , en date du 7 nivôse an VIII (28 décembre 1800). Le Sous-Préfet s'était opposé à ce que la chapelle fût employée pour ce service par d'autres que les Directeurs des élèves qu'on leur avait confiés ; le motif était que ceux-ci étaient seuls responsables des bâtiments en totalité par la concession provisoire qu'ils en avaient reçue. Il suffisait alors d'un accord entre le Bureau et ces deux Directeurs. Malgré la pauvreté de la Fabrique, cet accord eut lieu à la condition que toutes les réparations seraient faites par moitié.

Pendant ce temps , la paroisse de Saint-Thomas avait été mise sous la juridiction de Tévêque du Mans. M. l'abbé Duperrier-Dumourier, ex-grandvicaire de ce diocèse , mort depuis évêque de Bayeux , se trouvait alors à la tête du clergé non-assermenté. Cédant à la nécessité, il fit sa soumission au Gouvernenent avec plusieurs ecclésiastiques marquants. L'évêque schismatique, M. l'abbé Dumonceau de La Boussinière , donna sa démission; Mgr Michel de PidoU, transféré du siège de Trêves, prit possession de celai du Mans, et le S fructidor an IX (20 août \SQ\), M. Hersent (quatorzième curé) fut nommé pour desservir l'église catholique de La Flèche. Trois vicaires lui furent adjoints : MM. Dorveau, Gournay et Camus. Les fidèles de la ville leur assignèrent aussitôt un traitement , savoir : 900 fr. pour le curé et 500 fr. pour chacun de ses collaborateurs.

Cet état de choses durait depuis près d'un an et la paroisse se trouvait toujours agitée par divers partis , qui s'accablaient chaque jour d'injures et de mauvais traitements. Malheureusement un trop grand nombre d'habi^ tants, corrompus par les fauteurs de la Révolution, s'affranchissaient de tous leurs devoirs et affichaient une impiété brutale , menaçant sottventt

Page 1