‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 237 sur 251 · HOTEL-DIEU DE LÀ FLÈCHE · texte numérisé non relu

HOTEL-DIEU DE LÀ FLÈCHE

Nous avons donné sur l'ancien Hôtel-Dieu , fondé par M. Le Royer de La Dauversiëre, tous les détails historiques ou particuliers que nous avons pu rencontrer. Les anciennes archires de cet Etablissement hospitalier ne consistent plus que dans quelques épaves échappées à l'auto-da-fé qu'en a fait Tarmée vendéenne à son passage à La Flèche.

Nous y voyons néanmoins que, dès 1789, on commençait à déposséder les Dames religieuses de THôtel-Dieu. Ainsi, en 1790, l'administration avait loué la Cour-Basse, dite Saint-François, au sieur Jean Védie, pour la somme annueHe de 70 livres; la cour pour aller à la chapelle, au sieur Petiteau, menuisier, pour la somme de 10 livres; deux greniers à fourrages pour la maréchaussée; la maison conventuelle , à partir du l*' juillet 1789, pour y loger des troupes , au prix de 600 livres.

Moitié du prix de ces locations était remise aux religieuses , que devait singulièrement gêner dans leurs exercices et leurs devoirs journaliers cette introduction d'étrangers dans leur intime intérieur.

Parmi les dépenses diverses de l'année 1792, nous Hsons : i livres 10 sols payée à la municipalité de La Flèche pour avoir changé 300 livres en patriottes (sic). Il est à présumer qu'il est question ici de papier-monnaie ou de bons de confiance que cette même municipalité avait émis.

Le 15 nivôse, payé au citoyen Fougery ce qui lui était dû, pour avoir estimé la perte éprouvée par l'hôpital par le pillage du linge opéré par les Brigands de la Vendée à leur passage.

L'Hôtel-Dieu de La Flèche avait le droit de recevoir des Dames Religieuses hospitalières, suivant transaction passée devant M* de La Fousse, notaire, en date du 20 septembre 1647, la somme de 300 livres, au bénéfice des pauvres, sur la dot de chacune et payable par la Communauté trois mois après leur décès. Ce détail fait connaître que la Communauté et l'Hôtel-* Dieu avaient chacun leur fortune distincte.

Les dons faits à l'ancienne Aumônerie , dont nous avons parlé , farent transférés à l'Hôpital. Depuis, chaque année, cet Etablissement reçut des dons d'une multitude de particuliers, depuis sa fondation jusqu'en 4789.

Les pauvres de THôtel-Dieu reçurent l'aumône annuelle de deux minots de sel , par arrêt du Conseil du Roi du 29 août 4719. Henri IV avait accordé le môme privilège au collège des Jésuites. D'autres ressources provenaient du produit des rebelus, sons de farine, de la vente des remèdes au public et du paiement et gratification des troupes. Le relevé de ces mêmes ressources de 4774 à 4784, c'est-à-dire, pendant 44 ans, nous donnera une idée de leur importance : — Ventes de remèdes, 47,957 livres 8 sols; -— vente des rebelus, sons de farine, 2379 livres; — ventes des effets des décédés, 4074 livres; — rétribution des troupes, 40343 livres.

Total en 44 ans : 34723 livres. — Moyenne par année : 2265 livres.

On comptait, en 4783, trente-six Sœurs à l'Hôtel-Di'eu. Nulle part on ne retrouve trace de plaintes élevées contre la tenue des hôpitaux fondés par notre compatriote M. Le Royerde La Dauversière, et, en outre, de celle de l'hôpital de La Flèche , souche de toutes les autres. On sait que M"* la princesse Anne de Melun était venue d'abord s'y enfermer, puis qu'elle prit la direction de celui de Beaufort pour revenir mourir dans la Maison da même Ordre, & Baugé.

Si dure pour elle-même, elle s'ingéniait pour entourer les malades de ces délicatesses et de ce luxe qui leur faisait aimer un séjour, si redouté à l'ordinaire; elle réjouissait leurs regards par les bouqu^ les plus frais, cueillis et disposés par elle-même , et leurs oreilles par le chant gai des oiseaux, dont les cages étaient placées près de leurs lits.

Qu'on lise maintenant les descriptions d'hôpitaux depuis le XVI"^ siècle jusqu'au nôtre. Le Préfet de la Seine signalait : « le mélange établi depuis « longtemps d'enfants, d'adultes, d'hommes, de femmes, dont les mœurs, « le caractère et les habitudes désordonnées triomphent de tous les moyens « de discipline et font d'une maison de bienfaisance une maison de scan- « dale. »

Telles n'étaient donc pas depuis leur fondation, 4639-42, les Maisons hospitalières de Saint- Joseph. '

En 4787 eut lieu le transfert à l'Hôtel-Dieu d'une partie des biens des Franciscaines supprimées.

En septembre 4788, la dyssenterie décimait cruellenent la population de La Flèche, et surtout les pauvres, aussi mal logés que nourris. On plaça un grand nombre de malades à Saint-François. Cette épidémie nécessita la venue à La Flèche de M. du Colombier, Conseiller d'Etat, Inspecteur général des hôpitaux de France. Il fut d'avis du transfert définitif de celui de La Flèche à Saint-François, moins au centre de La Flèche et beaucoup plus aéré. Les préoccupations politiques devenant de plus en plus graves , em-

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