RICHARD 1«% SIXIÈME SEIGNEUR
célèbre Trouvère, qui composa une chanson contre Blanche de Castille; Péan de Chenehare; Geoffroy de Mathefélon, tenant aux anciennes maisons mancelles de Champagne et de La Suze ; Turselin de Hespaigné (d'Ëspeigne), dont un des derniers héritiers , officier général , est mort au Mans il ; a peu d'années ; Hugues de Locé ; Hugues de Bellay ; Guillaume de Cleers, petit-fils ou neveu de notre ancien sénéchal de La Flèche, et autres chevaliers de marque. Hugues de la Ferté-Bernard donna vingt sols tournois, assignés sur sa prévôté, pour le repos de Tâme de Guillaume des Roches , à ces mômes funérailles. (Ménage. Histoire dz Sablé.)
La femme de Guillaume, Marguerite de Sablé, vivait encore en 1235, ainsi que nous le prouvent plusieurs chartes de fondation.
Amaury de Craon, son gendre, devenu par la mort de Guillaume des Roches assez puissant pour oser déclarer la guerre au duc de Bretagne , mourut en 4226.
En 4227, Marguerite de Sablé donnait quelques vignes aux Religieuses de Bonlieu pour le repos des âmes de ses père et mère, de sa sœur, de son mari et de son gendre Amaury de Craon.
En 4250, Marguerite de Sablé et le second mari de sa fille cadette n'existaient plus.
Une charte de Clémence , datée de 4 250 , établit au profit des Religieuses de Bonlieu , de concert avec sa fille Jeanne , comtesse de Montfort , le don de dix arpents de terre entre Boscum- Cor 6oni^ et cheminum, perqiwd itur à Castro-Lidi ad Vadatium (Bois-Corbon et le chemin par lequel on va de Ch&teau-du-Loir à Vaas) pour le repos de Tâme de ses parents et de son très-cher époux Gaufridi, quondam vice-comitis Castriduni.... »
Une charte de 4259 nous apprend qu'à cette date Clémence des Roches était morte : c defuncta Clementia qtiondam Blesie et Clarimontis comi-^ € tissa. »
Amaury de Craon laissa en mourant trois enfants, Maurice IV du nom, Jeanne et Isabelle. Sa femme devint pendant la minorité de son fils sénéchale d'Anjou , de Touraine et du Maine sous les conditions posées par Philippe Auguste. Entre autres titres à l'appui, on lit dans un registre de la Cour des Comptes de Paris : < Janne de Craon, séneschalle d'Anjou, € en femme lige de la sénéchaussée d'Angers, du Mans et de Tours, en < la manière que Guillaume des Roches son père estoit. » L'expression de femme lige nous indique que, comme Guillaume des Roches, elle jouissait de l'Anjou à tiére de fief Le titre ci-dessus établit parfaitement cette importante distinction, importante surtout pour nous historien de La Flèche. Elle vient nous affirmer que la seigneurie particulière de cette ville n'était plus, au moins depuis 1204, entre des mains royales, puisque un roi d'Angleterre se serait trouvé être vassal de Guillaume des Roches. Elle avait donc déjà passé aux vicomtes de Beaumont.
46i LA FLÈCHE ET SES SEIGI^EUKS.
Avec le plus vif inlm^t, nous avons cherché à faire revivre les souvenirs lie celle grande maison , tenant de si près à notre pays et y possédant en toute propriété plus de terres qu'il n'en faut pour former une province : car, en oulre de la jouissance par engagement des villes d'Angers, de Saumur et de Baugé, elle possédait La Suze, Loupelande, Sablé, Précigné, Chdt^auneuf, Briolay, le Lion d'Angers, Craon, Candé,Segré, Champtocé, Ingrandf*, Loi^ gué, Brion, Mouliheme, Durtal, May et, Châteaundu-Loir et PlaimoL Ce qui constituait non-seulement la possession de ces villes elles-mêmes , mais encore de tout leur territoire.
Amaury III , de Craon , fut le dernier qui posséda cette charge héréditaire de sénéchal, l'ayant échangée, en 1330, avec le roi Philippe de Valois pour une rente annuelle de 4500 livres.
A toutes les pages de l'histoire de France, au moyen-âge, on rencontre le nom des sires de Craon, qui, jusqu'en 1330, dirigèrent en maîtres les affaires de notre contrée. Ce fut à la suite de l'assassinat du connétable de Clisson, par Pierre de Craon, que Charles VI voulut porter la guerre en Bretagne et devint fou en traversant la forôt du Mans entre cette ville el Sablé.
Malgré ce sinistre incident, la maison de Craon continua à tenir un rang distingué parmi celles du Maine, et son dernier représentant, dont le fils Amaury VI, tue à la bataille d'Azincourt, le précéda dans la tombe, fut Jean de Craon, mort sans postérité masculine le 25 novembre 1432. En 1427, il avait été commis par lolande d'Arragon, reine de Sicile et duchesse d'Anjou, lieutenant-général sur le fait de la guerre dans les provinces d'Anjou et du Maiiie, avec injonction à tous les capitaines des forteresses de ces deux provinces et particulièrement au capitaine du château d'Angers de le recevoir et de lui obéir comme à elle-même : t Et néanmoins , dit « Sainte-Marthe dans les preuves de la maison de Beauvau (bien connue « dans notre département longtemps représenté par l'un de ses membres), « baille ledit Jean de Craon lettres, qu'il ne désapointera Bertrand de € Beauvau, lors capitaine dudit chasteau, ny son lieutenant. » Jean de Craon fut fait chevalier banneret en 1411.
Nous avons parcouru avec le plus grand soin le volumineux écrit de Ménage (1) qui nous a été très-utile ; mais nous n'y avons rien trouvé qui fut de nature à nous éclairer plus que nous ne le sommes sur une question non encore résolue par les écrivains de notre pays. Comme elle se rattache cà l'époque où Guillaume des Roches le gouvernait et que la maison des vicomtes de Beaumont tenait à celle de Sablé , nous espérions en compul-
(1) D*après Dom Etienne Uousscau, moine do Marmoulier, il faut être un peu en garde contre les faits que rapporte Ménage. « Ménage, écrit-il à Rangeard, n'est pas exact dans « son Histoire de Sablé ; les titres qu'il a pabliés sont pleins de fautes grossières et de « contre-sens qui altèrent la yërité des faits. »