‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 32 sur 251 · ARTHUR D£ BRETAGNE, SEPTIEME SEIGNEUR · texte numérisé non relu

ARTHUR D£ BRETAGNE, SEPTIEME SEIGNEUR

sant les pièces reliitives aux deux provinces, apprendre, d'après un titre positif, comment la propriété et la s 'ign'iurh d * La Fléchi étaient passées à Raoul III, vicomte de Beaumont, de Richard Cœur de Lian, d'Arthur, son DeyeUy ou de Jean sans Terre, son frère, qui la tenaient directement des Plantagenet, leurs ancêtres, descendants eux-mêmes d'Hélie de La Flèche et des Beaugency.

Nous ayons dit dans les pages précédentes qu'Arthur et sa mère, à leur arrivée au Mans , en 1199, avaient comblé de dons le clergé de cette ville et distribué des châteaux aux barons de la province. Or Raoul de Beaumont, frère cadet du vicomte du Maine, dont il devait bientôt devenir héritier, marchait en tête de tous; il ae pouvait pas être oublié et par conséquent il est raisonnable de penser qu'Arthur a donné le château et la seigneurie de La Flèche, qui lui appartenait personns/femenf comme héritier de Richard , au personnage le plus important de tous ceux qui pouvaient soutenir sa cause. (1) ^

Ou cette transmission a eu lieu ainsi — et nous penchons â le croire — ou Raoul de Beaumont a reçu ce don des mains de Richard lui-même pour quelque service rendu en Terre sainte.

Raoul III, vicomte du Maine, devint donc seigneur de La Flèche au plus tard en 1199. A chaque changement de maître, les donataires avaient l'habitude de faire confirmer les dons reçus par le successeur à moins qu'il ne l'eut déjà fait à titre de futur héritier. Or Raoul confirma les dons faits par Richard ; cette formalité ne put pas être remplie par Arthur, qui disparut trop promptement. Richard ou Arthur furent donc donateurs l'un ou l'autre et non Jean ou Philippe Auguste. Nous ajoutons que nous n'avons rencontré aucune charte faisant intervenir Jean sans Terre et Isabeau d'Angouléme dans les actes concernant La Flèche, et on en possède une foule émanant de Bérengëre, reine d'Angleterre , leur belle-sœur, possédant le comté du Haine â titre de douaire.

[1) Nous produisons ici deax chartes prouvant qu'au mois do juin 1199 (deux mois après la mort de Richard), Arthur, son neveu, faisait acte de propriété et de souveraineté dans TAnjoD et dans le Alaine, accompagné de Guillaume des Roches.

Charte d'Artur, dux Britanniœ, cornes Andegavensis et Bichemontis (Arthur, duc de lire-, tagne, comte d*Anjou et de Richemont), par laquelle il donne à Tabbaye de Pcrseignc 15 livres de monnaie du Mans k prendre, chaque année, sur le boisselage du Mans, moitié à U mi-caréme, moitié h la Saint-Jean, et, en outre, 10 livres angevines aussi à prendre aflonellemeDl sur la voirie du Mans, au jour de Saint- .Michel. Cette donation est faite en présence de Constance, mère dudit Arthur, de Guillaume des Roches , sénéchal d'Anjou . et de Robcrtus de Vitreio Cantor Parisiensis, Alanns Gemellus, Alemannus de Aubignieo, et plures alii.

Original en latin du mois de juin 1199. — {Archives du Mans.)

Charte d'Arthur, duc de Rretagne, comte d'Anjou, du Maine et de Richemont, par UqaeUe U confirme h rabbayc de Perseigne la libre possession des maisons, vignes et pressoirs de Claroftmte juxta Cenomanamt (de Claire-Fontaine près Le Mans), de Carbonariis et de Cohniis (de Charbonières et de Coulaincs), etc.

Sans date de la fin du XII"*» siècle. Uotulus sur parchemin-

Il existe une lettre sans date de Guillaume de Beaumont, évêque d'Angers, adressée à son frère Raoul, dans laquelle il l'engage à ne pas venir contre le don fait par Richard à Tabbaye de Mélinais de 40 livres de rente annuelle, assise sur les moulins et la porte de Fixa (La Flèche) et en outre d'un bourgeois nommé Petrus de Poncei, quitte et libre ab omni impulsation f , et cela s'il veut conserver intacts sa noblesse et son honneur (si vatram vultis nobilitat'im et honorem ab infamia eritare). Ces dons forent confirmés par Raoul de Beaumont, en 4S09, par respect pour les bienfaits d'un si grand homme (tanti hominis).

Cette confirmation fut renouvelée par ce seigneur en 4223 d'après témoignage proborum hominum de Fissa (de La Flèche). Il y avait eu probablement contestation motivant la lettre précitée.

Nous concluons donc sur ce point bien controversé par les Jésuites de La Flèche, le Paige, Burbure et Pesche. « J'avoue, dit un jésuite de La « Flèche (Bibliot. du Prytanée, manuscrits) que je n'ai pu trouver par « quelle aventure cette petite ville sortit de la maison d'Anjou- Angleterre « pour entrer dans celle de Beaumont. J'avais cru d'abord que cela venait « du mariage d'une fille naturelle d'Henri I»', roi d'Angleterre, avec un « vicomte de Beaumont, l'un des ancêtres de Raoul III; mais il est cer- « tain que cela ne peut être, puisqu'en ce temps là La Flèche appartenait « au comte d'Anjou et non pas au roi d'Angleterre. En outre, il est certain « par nos titres que ce Raoul III fut le premier de cette maison de Beau- « mont , qui fut le seigneur de La Flèche et qu'il succéda à cette seigneurie « immédiatement à Richard Cœur de Lion. Mais, quoi qu'il en soit, ce fui « CR changement de seigneur qui empêcha que La Flèche ne fut remise dans « ce temps là au dom^iine de France comme toutes les possessions territo^ « rialss de Jean. »

On voit que l'avis de ce jésuite se rapproche tout à fait du nôtre. D'un autre côté, au moment de son mariage, en 4200, avec Isabelle d'Angouième, Jean sans Terre lui assigna pour douaire La Flèche, Beaufort, Château-du-Loir, Troo, Niort et Saintes (Rotuli Chartamm, p. 74 , col. 2. — Publication des Rôles de la Tour de Londres).

Mais , à cette époque , la succession de Richard était encore en litige. Car nous avons dit qu'Arthur vint en 4202 trouver Philippe à Gournay, que ce monarque le fit chevalier, lui donna sa fille Marie en mariage (1) et le confirma dans les possessions françaises le Maine, l'Anjou, etc. En H 06, Phi-

(1) « Protinos Arturo, quem iani prouexcrot nioro vclusto

« Cingula militise noua prsbuit, atque Mariam « Desponsauit ci , per quam soccr iliius essct. « Qui roox acccptis à fisco sumptibus, alque « Militibas, paucis que viris à rege receptis ¥ F(;8tinaoter abit Pictis iouadere unes. [Goillaume Le Breton.)

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