ARTHUR DE BRETAGNE, SEPTIÈME SEIGNEUR
lippe donna Baugé à Guillaume des Roches ; donc Baugé était rentré dans le domaine de la couronne. Tout le douaire fictif dlsabeau avait été confisqué comme le reste.
Bérengére reçut le Maine pour douaire.
Jean sans Terre ne conserva plus qu'une partie de l'Aquitaine , rendue plus tard à l'Angleterre par Louis IX à titre d'hommage et redevance, définitivement française sous Charles VIL
Le caractère de ce prince était un composé monstrueux de toute espèce de vices ; aucune vertu , aucune bonne action ne vinrent atténuer l'animadversion due à tous les crimes dont sa vie fut souillée. — (Bertrand de Holleville.)
Ses traits naturellement réguliers, dit Walter Scott, « prenaient, à force € d'art , un expression de courtoisie , mais laissant percer encore la con- € trainte imposée aux sentiments cachés de l'âme. . . » (Ivanhoë.)
Il mourut le 17 octobre 4246, âgé de 49 ans.
Son fils aine, Henri III, lui succéda. Jean, dans ses différentes pérégrinations, passa, en 4200, le 40 juin , à La Flèche; il y revint le 2 septembre en revenant de Baugé. Notre ville le revit en 4202, le 6 et le 10 janvier; le 42 il était à Baugé et le 20 février au Lude. (Itinéraire de Jean $ans Terre. — Thomas Dussus.)
Nous ne parlons qu'incidemment de ce roi, que nous ne comptons pas au nombre des seigneurs de La Flèche. Le dernier Plantagenet que nous ayons à reconnaître comme notre seigneur est donc Arthur, duc de Bretagne.
Le 9 mai 4870 s'éteignait M"« des Haies, dernier rejeton des Plantagenet d'Anjou. Son père , le comte des Hayes , qui avait été page de Louis XV, portait dans son écu les armes d'Anjou. Elle avait épousé le vicomte Dambray, fils du chevalier Dambray, qui signa la fameuse ordonnance de 4830 j et habitait le château de Montigny, près de Dieppe.
Jetons maintenant un regard rétrospectif sur cette époque si remarquable et qui sera toujours pour un esprit sérieux l'objet de l'étude la plus intéressante. Nos seigneurs furent d'abord les Beaugency, les comtes d'Anjou, puis enfin ces mêmes comtes devenus rois d'Angleterre.
Sommes-nous devenus nous-mêmes alors anglais ?
Non , non ; ce n'était pas l'Angleterre qui de 4066 à 4200 possédait la Normandie, le Maine, l'Anjou et autres contrées, ce sont elles qui maîtrisaient l'Angleterre et l'avaient faite française par les mœurs , les lois et la langue elle-même , cette langue composée de deux éléments , l'un dérivé de la vielle langue germanique des vaincus , l'autre qui n'est que du français encore très-reconnaissable : « Apparemment, s'écrie M. le prince de Bro- « glie, c'étaient bien des Français que ces barons chargeant sur l'ennemi « en entonnant le grand chant national de la France d'alors, la chanson dç
€ Roland , (1) et en invoquant, comme le preux de Charlemagne mourant, « la douce terre de France. »
A qui donc appartenaient ces navires brûlés sur le rivage pour ne laisser d'autre alternative que la mort ou la victoire? Qui étaient ces guerriers vainqueurs» réclamant leur part de butin, devenant les maîtres et seigneurs de tous les châteaux, les maîtres de toutes les fortunes saxonnes, usant et abusant à tel point que le long cri de douleur des vaincus est arrivé jusqu'à nous, répété comme par un écho fidèle dans le roman A'Ivanhoë?
Et 4 50 années plus tard , quand Cédric , le saxon , se rencontre avec Richard Cœur de Lion, l'arrière petit-fils du Conquérant, il n'a pas d'autre nom à lui donner que celai de Richard d'Anjou : « Non , lui répond c Richard , non , noble Cédric ; Richard d'Angleterre , Richard dont le plus « cher intérêt, le plus ardent désir est de voir tous ses enfants unis enc semble sans distinction de race. Eh bien! digne thane, ton genou ne c pliera-t-il pas devant ton roi? — Non , jamais il n'a fléchi devant le sang « Normand. »
Ceci est du roman, mais le vrai roman n'est souvent que l'histoire, colorée de ces teintes que savait si bien rencontrer le célèbre écrivain.
Le seul titre devant lequel s'incline ce fier saxon est celui qui rendait Richard issu du sang de Mathilde , nièce d'Edgard Atheling et fille de Malcom , roi d'Ecosse. Et quand il accorde le pardon à son fils Ivanboê , il ajoute : c .... Le fils d'Hereward est esclave de sa parole, même quand il c l'a donnée à un normand : mais prends le costume de tes ancêtres : point c d'habits courts, de hautes plumes ni de souliers pointus dans ma maison. « Celui qui veut être le fils de Cédric , le Saxon , doit se montrer digne c des Saxons ses ancêtres... »
Les Français étaient donc encore alors les vainqueurs , les Anglais ou Saxons les vaincus.
Et ces français qu'on avait peine à reconnaître sous leurs nouveaux noms féodaux, ne pouvaient se déshabituer de la terre de France. Ces vassaux du roi devenus rois eux-mêmes et plus puissants que leur seigneur suzerain , auraient dû, dit encore le prince de Broglie, regarder la Normandie, le Maine et l'Anjou, comme le fait, bien à tort, le parvenu à l'égard de la modeste chaumière que son père a élevé à la sueur de son front. Au con-
(1) Chansoii db Rolahd et d'Olivier.
TaiUefer, qai moalt bien chantoit.
Sur un cheval , qai tost aUait Devant eas s'en aUait chantant, De Carlemaigne et de RoUant, Et d'Olivier et des vassaux Qui moururent à Rainschovaux.