‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 34 sur 251 · ARTHUR DE BRETAGNE, SEPTIÈME SEIGNEUR · texte numérisé non relu

ARTHUR DE BRETAGNE, SEPTIÈME SEIGNEUR

traire, nous retrouvons constamment les rois anglais sillonnant soit pour la guerre soit pour le plaisir leurs possessions françaises ; ils veulent y vivre le plus longtemps possible et souvent y mourir. Le flls de Foulques d'Anjou prend pour lui-même et lègue à ses successeurs assis sur le trône d'Angleterre le nom Qe Plantagenet, celui de cette plante angevine qui émaille nos bruyères de ses fleurs si voyantes. Tout reste enfin si français que le mélange ne peut se faire encore et que les deux races ne sont pas encore fondues Tune dans l'autre après plus de trente lustres.

De ces deux rois parlant pour la croisade, vers 1187, Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste, quel était donc le plus français?

c Si c'est être français , en effet, dit encore le prince de Broglie, que f d'avoir plus de générosité dans le cœur que de calcul dans l'esprit, si la € grâce et le feu sont des qualités françaises , tandis que le sang-froid et la

< pratique des intérêts tient plus à la nature britannique, le plus français c des deux, c'est le bouillant Richard, tandis que son rival, plus prudent, € parût plutôt appartenir à la race ambitieuse et politique par excellence. € .... Si c'est être français, enfin, que de consoler ses déplaisirs par des c chansons , ah ! il est bien français , le roi troubadour qui charmait les

< ennuis et les loisirs de sa prison en composant des romances et dut, € dit-on , sa délivrance à l'une d'elles. »

Nous ne pouvons dater la conquête de la Normandie que de cent ans plus tard. Cependant au bout de deux à trois siècles , les barons français étaient devenus complètement anglais. Les émanations du sol avaient changé leur nature. L'éducation aidant , ils reparaissent en France avec ce type national si connu. S'ils avaient perdu cette furia française si bien signalée dans nos bulletins de guerre et qu'on retrouve toujours chez les nôtres, même dans les plus grands désastres , ils n'étaient pas moins redoutables sur le diamp de bataille et difficiles à vaincre. Et quand Jeanne d'Arc, Duguesclin et autres chefs, leur étendard à la main , criaient — Sus aux Anglais, — Rien ne leur rappelait plus l'origine commune, et c'était bien des Anglais et non des Normands, Manceaux ou Angevins que défiait au pied du Chêne de Mi- Voie le brave Beaumanoir — Bois-ton-Sang,

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