‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 50 sur 251 · JEAN, DUC D'ENGHIEN, PAR DONATION ENTRE VIFS, VINGT- DEUXIÈME · texte numérisé non relu

JEAN, DUC D'ENGHIEN, PAR DONATION ENTRE VIFS, VINGT- DEUXIÈME

SEIGNEUR DE LA FLÈCHE

(De 1550 à 1552.)

Xoas avons dit que Françoise d'Alençon , fille ainée de Marguerite de Lorraine et da duc René d'Alençon, avait épousé Charles de Bourbon, comte et depuis duc de Vendôme.

En mourant, Charles /duc d'Alençon , lui avait laissé ainsi qu'à son autre sœar tous ses biens et seigneuries en héritage, moins le duché d'Alençon, qui constituait le douaire de sa femme Marguerite de Navarre. C'est ainsi que ces biens, dont la seigneurie de La Flèche faisait partie comme venant des Beaumont, passèrent dans la maison de Bourbon, dont le chef fut un prince capétien, Robert de Clermont, sixième fils de Saint-Louis, qui, en \ili, épousa Béatrix, héritière de la seconde maison de Bourbon, issue de Guy, seigneur de Dampierre. La première, issue d'Adhémar, s'éteignit en WS.

Le chef de la branche survivante aux deux autres était le connétable de Bourbon, né en 1489 et tué sur les remparts de Rome en 1527, après avoir perdu tous les enfants qu'il avait eus de son mariage avec Suzanne de Bourbon. Le chef de la branche cadette était alors Charles de Bourbon , mari de Françoise d'Alençon, qui, à la mort du connétable, réunit sur sa tête tous les titres de cette illustre maison.

Apres le funeste résultat de la bataille de Pavie, plusieurs personnages

distingués, et môme des membres du Parlement, appelaient à la régence Charles de Bourbon , duc de Vendôme, devenu premier prince du sang par la mort de son beau-frère le duc d'Alençon. Ce prince, doué d'un rare mérite et d'une prudence consommée , se tint sur la réserve. Aux Elats de 1527, alors qu'il fallait pourvoir aux besoins de la patrie en péril, nous voyons Charles, duc de Vendôme, se lever et dire au nom de la noblesse : « Je parle au nom d'un Ordre qui sait mieux agir que discourir. Sire, nous « vous offrons la moitié de nos biens; si la moitié ne suffit pas, la totalité, « et par dessus nos épées et jusqu'à la dernière goutte de notre sang. »

Le duc de Vendôme, après avoir rendu, de concert avec le maréchal de Fleuranges, les plus grands services en Picardie, fut atteint, comme celuici , d'une fièvre maligne, qui l'emporta en quelques jours, le 25 mars 1537. Il fut enterré dans le chœur de l'église de Saint-Georges de Vendôme. Ni l'exemple du chef de la maison, ni les offres les plus séduisantes ne purent jamais l'écarter de son devoir, et, plus solide que brillant, il s'attacha surtout à servir utilement le roi dans ses conseils et à la tête de ses armées. Chargé, la plupart du temps, des commandements les plus difficiles avec peu de troupes et de moyens , il était toujours à la défensive ; néanmoins, non-seulement il ne lui échappait pas de fautes, mais encore il combinait si bien ses dispositions qu'il tenait toujours en échec et souvent ruinait les armées les plus puissantes. Il conserva toutes les places de son gouvernement « sans qu'on pût, dit Brantôme, lui en écornifler une seule. »

La maison de Bourbon semblable à un arbre fécond et vigoureux , avait produit plus de-vingt tiges à la fois ; mais en 1537, elle éprouvait les vicissitudes attachées aux choses humaines ; elle était réduite à la maison de Valois-Angoulôme , qui occupait le trône, et à la branche de Bourbon- Vendôme , qui commençait à se subdiviser en deux branches ; la première, le duc de Vendôme , le comte de Saint-Pol et le cardinal de Bourbon; la seconde, connue sous le nom de la Roche-sur- Yon , Louis de Bourbon- Vendôme, oncle du duc de Vendôme, mari de la sœur du connétable, Louise de Bourbon-Montpensier, qui lui donna deux fils ; l'aîné fut le duc de Montpensier, auteur de la seconde branche de ce nom ; l'autre porta le nom de la Roche-sur- Yon. Cette branche puinée n'eut qu'une partie de l'héritage du connétable.

Le duc de Bourbon-Vendôme , outre plusieurs filles, laissa Antoine, qui lui succéda dans son gouvernement de Normandie et fut l'époux. de Jeanne d'Albret; François, duc d'Enghien, qui, à S5 ans, gagna, en 1544, la bataille de Cérisoles et mourut deux ans après par suite d'un accident dans une partie de plaisir ; Charles , cardinal et archevêque de Rouen , qui fat le roi de la Ligue sous le nom de Charles X ; Jean , comte d'Enghien, qui périt glorieusement à la bataille de Saint-Quentin et, enfin, Louis, prince de Condé , le fameux chef des Huguenots.

Françoise d'Âlençon restait seule avec une nombreuse famille et à une époque pleine d'orages. Digne fille de la sainte l^arguerite de Lorraine , elle était sage, pieuse, humble et constante dans l'adversité. En septembre 4543, elle obtint de François I»' l'érection des baronies de Sonnois, de Beaumont-le-Vicomte , de Château-Gontier, de La Flèche en duché-pairie sous le nom de duché dt Beaumont.

En 4548, Françoise unit son fils aine Antoine à Jeanne d'Albret, fille de Henri d'Albret et de sa belle-sœur Marguerite de Navarre. Le mariage se fit à Moulins. Charles-Quint avait pensé à unir cette jeune princesse à son fils Philippe II pour terminer les querelles de la Navarre. Elle fut d'autant plas heureuse de ce mariage qu'il faisait rentrer dans sa famille propre (les d'Alençon) les biens qui en avaient été distraits par le douaire de Marguerite de Navarre et ceux de la maison d'Armagnac.

Le sérieux de la vie de Françoise d'Alençon ne pouvait s'accorder avec les usages d'une Cour à laquelle Marguerite de Navarre donnait tant de sève et de vie dans le vieux château des ducs d'Alençon , et au sein de laquelle , dit M. de la Sicotière , < elle ménageait cette veine originale et féconde que « suivirent plus tard La Fontaine et Molière, Voltaire et Beaumarchais, € Courrier et Déranger »

Françoise quitta la demeure de ses pères aussitôt que cela lui fut possible et fit bâtir, vers l'an 4539, (4) le château de La Flèche, appelé Neuf.fonv le distinguer du vieux donjon féodal des Beaugency. Bâti dans le style de la renaissance sur une partie de l'emplacement occupé actuellement par le Prytanée, il était accompagné au nord par un jardin et des bosquets clos de douves dont les eaux étaient amenées de la rivière du Loir.

Xous nous rapprochons maintenant de La Flèche et nous nous en rappro-

(1) Le marché ou conveotion du basliment ou est le viel collège qui estoit la maison de Madame est daté du juin 1539. Françoise y est titrée duchesse de Vendôme, Navarre et Longuenlle, dame de La Flèche.

Le titre de Nararre appartenait uniquement à sa belle-sœur Marguerite, épouse en secondes noces de Henri d'Albret, roi de Navarre, à laquelle François I«r avait donné le duché d'Alençon et les terres formant l'apanage des deux ducs de ce nom et devant faire retour à la couronne à l'extinction des mâles de cette branche royale des Valois. 11 y eut donc, à la mort de Charles IV, un procès intenté par ses soeurs à la couronne comme héritière de leur frère. Le procureur général du roi soutint que, d'après les lois, l'apanage du duché devait retourner h h couronne , mais que les acquisitions faites d'une manière ou d'une autre devaient être remises aux héritiers du feu duc, au nombre desquelles on comptait Argentan et autres pnrpriétés. Enûn il fut fait une transaction entre le roi et les princesses auxquelles il fat concédé Ch&teauneaf en Tinterais, Senonces, Nogent-le-Rotrou et quelques autres terres au lieu des acquêts joints au duché. Olivier Aligret était Tavocat des princesses et Pierre Lizet, avocat général du roi dans ce procès, qui fut plaidé en 1526.

Après la mort de la reine Marguerite de Navarre , le duché d'Alençon fut réuni à la couronne. En 1566. le roi Charles IX le donna en apanage à son frère François, qui prit les titres de duc d'Alençon et d'Anjou et mourut en 1581 sans avoir été marié. Ce duché fut alors définitivement réuni à la couronne.

cherons désormais de plus en plus. Le choix que Françoise en fit pour sa demeure , qu'elle aurait pu fixer à Vendôme , donna de l'importance à cette ville, qui restait complètement ignorée.

Dès l'année 4535, les habitants avaient pris la résolution de murer le grand cimetière situé au croisement des deux routes d'Angers et de Sablé. Plusieurs d'entre eux voulurent y contribuer, leurs noms ont été conservés i ainsi que le montant de leurs souscriptions. (1)

Le château de Françoise fut construit en une seule année, de 4540 à 4544. Jacques Mathieu Estourneau en fut l'architecte. Les vitraux du rez-de-chaussée étaient peints aux armes des familles d'AIençon et de Bourbon-Vendôme. Estourneau, né à La Flèche en 4486, se distingua bientôt par ses talents en architecture. Avant de donner le dessin et les plans du château neuf, il avait érigé à Vendôme, par ordre de Françoise d'AIençon , un monument en l'honneur de Charles de Bourbon son mari.

Ce monument était considéré comme un chef-d'œuvre par M athnrin . Jousse, venu 400 ans après, ingénieur et architecte, né lui-même à La Flèche, le 27 août 4607, et auteur de plusieurs ouvrages dont deux : la fidèk ouverture de l'art du serrurier et le théâtre de Vart du charpentier ont été imprimés en 4627. Il n'avait alors que 20 ans. Plus tard , en 4644, il publia les Secrets de l'architecture et ensuite la perspective positive de Victor.

Jacques Estourneau eut un fils , né le 5 février 4 54 4 . Savant jurisconsulte, il fut nommé, à 25 ans, chef de la justice de La Flèche par Françoise d'AIençon. En 4542, il fut un des six commissaires choisis pour réviser quelques articles de la coutume d'Anjou. Il gagna la confiance des seigneurs de La Flèche et mourut en 4598, à l'âge de 87 ans, après avoir reçu deux années auparavant, de Henri IV, des lettres de conseiller honoraire au Présidial. De ses deux fils, l'un mourut jeune, l'autre étudia l'architecture et laissa postérité de son mariage avec Catherine Lenormand.

Le conseil de la duchesse avait pour président le gouverneur du Vendômois. En 4537, le châtelain de La Flèche était Florimond Marsollier; il remplissait les fonctions de receveur de la baronie (la seigneurie de La Flèche porte ce titre dans tous les actes).

Cette même année on s'occupa de rendre navigable la Mayenne, depuis Château-Gontier jusqu'à Laval.

(l) Pierre le Roy. . 20 livres. » sols.

Corbutan et Jean Corbin, son frère. ... 40 — » —

Mars Soalier et le GagneuU 10 — 5 —

Le Royer, frère du précédent 10 — 5 —

Le Loyer et sa mère »» — » —

Charbonnier 2 — » —

Dureuil 2 — » —

Laroche » — > —

Branlepeigne et Jean Verdier » — 10 ^

Glande Hardi, Berand et Desbures. ... » — 15 —

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