‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 51 sur 251 · JEAN, DUC D'ENGHIEN, VINGT-DEUXIÈXE SEIGNEUR · texte numérisé non relu

JEAN, DUC D'ENGHIEN, VINGT-DEUXIÈXE SEIGNEUR

Le vieux châteaa devenait de moins en moins habitable et ne répondait pins aux exigences de luxe et de bien être de Tépoque. Il était fort délabré et encore plus mal meublé, ainsi que l'indique un inventaire manuscrit des meubles du château-vinl d^ La Flèche, fait en 1593 par M« Bidault , notaire, à la mort de R. Samoyau, seigneur de Tlsle, capitaine châtelain.

Françoise d'Alençon mourut dans le château neuf de La Flèche, le 4 septembre 4550. Son corps fut transporté à Vendôme et inhumé dans l'église de Saint-Georges à côté de son époux.

Le 24 juin de la même année, Françoise d'Alençon fit donation entre vifs des seigneuries de La Flèche et de Baugé à son fils Jean, comte d'Enghien, à la charge cependant que son fils aine Antoine , duc de Vendôme, pourrait retirer la seigneurie de La Flèche en donnant par compensation à son frère des terres en Anjou et dans le Haine ; Françoise se réservait néanmoins l'usufruit des seigneuries ainsi concédées. Cet acte fut passé au Château- Neuf (maintenant Prytanée militaire), en présence de la duchesse, de son fils Jean , comte d'Enghien , de messires André de Rubempré , René de Malherbe , maitre d'hôtel de la duchesse, Louis de Cogniers et autres , tous ayant signé l'acte dressé par M« Delafousse, notaire.

Comme Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, ne vint à La Flèche, au moins à notre connaissance, qu'au mois de février 4552, avec Jeanne d'Albret, nous sommes en droit de dire qu'il n'opéra le retrait de la seigneurie de La Flèche, autorisé par l'acte de donation du 24 juin 1550 , que peu de temps avant la visite qu'il fit à cette ville; par conséquent, Jean, comte d'Enghien , fut notre seigneur pendant un certain temps. Nous devons donc lui donner rang et le compter comme le vingt-deuxième. Ce jeune prince n'hésita à aller rejoindre le connétable de Montmorency et à s'arracher des bras de sa femme, Marie de Bourbon-Sain t-Pol, la plus belle, la plus noble et la plus riche héritière de France , quand le duc de Savoie se présenta aux frontières de la Champagne et de la Picardie. Ses adieux devaient être étemels. Nous n'entrerons pas dans tous les détails de la fameuse bataille de Saint-Quentin, perdue en 4557; nous dirons seulement que dès le premier choc , le comte d'Enghien eut un cheval tué sous lui ; jeune et dispos , il en remonta un autre et chargeait de nouveau, lorsqu'il fut renversé d'un coup de pistolet , pris et conduit à la tente du duc de Savoie où il expira deux heures après, à l'âge de 27 ans , emportant dans le tombeau l'estime et les regrets des siens.

C'était bien l'un des rameaux de cette branche des Bourbons appelée , à juste titre , la branche de laurier.

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