‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 92 sur 251 · HENRY · texte numérisé non relu

HENRY

Cet acte souverain n'est pas seulement un acte de fondation , mais c'ei aussi un acte de justice.

Devant lui tombent toutes ces accusations , toutes ces allégations mensoo gères dont cependant on use encore avec perfidie pour égarer l'opinioi C'est pourquoi nous avons voulu le transcrire dans son entier, chacun d ses termes ayant sa haute signification.

La maison de La Flèche , qui a abrité nos premières années ainsi qi celles d'une foule d'ofliciers de notre armée , existe encore ; cet édit e forme la première et solide base, elle existe encore quand tant d'autres soi tombées , malgré toutes les transformations , toutes les attaques qu'elle subies et dans lesquelles elle semble se retremper. Toutes les fois qu'elle été sérieusement ébranlée , ceux qui tenaient son sort entre les mains , ûî

ftculé detant sa mpfyression, ne voulant pas attacher leur nom à un pareil Ide.

Henri IV ne comptait pas s'arrêter là. Sa pensée allait plus loin. Si la iort n'était pas venue trois années après mettre obstacle à ses projets , il Mirait, nous dit un jésuite, établi à La Flèche une université, et, outre les irofessears jésuites , pour les sciences qu'ils ont coutume d'enseigner, il tarait créé quatre autres chaires , savoir : quatre pour la médecine et quatre >oar le droit ; chacun des professeurs chargés de les remplir , auraient tçu 500 écus d'appointements et auraient été présentés par le recteur du «liège et de cette université pour être pourvus par le roi. Cent vingt-quatre infants de gentilshommes et d'ofliciers de la maison du roi et à sa nominaion devaient être logés, nourris et entretenus aux études. Le collège levait, en outre, doter de 100 écus chacune douze pauvres filles de bonne rie, dont quatre de La Flèche et huit à la nomination de la reine de France, tnfin ce collège devait être tel que dans la harangue que le P. Ignace Lnaand fit au roi, en 4606, à son passage à Metz, il put lui dire que la Tèation qu'il avait le dessein d'établir, feraitvoir à la postérité un abrégé lésa grandeur et de sa munificence. (4)

A cette époque, on cherchait surtout à se conformer à Tune des principales irescriptions du Concile de Trente, l'établissement de séminaires dans fcaque diocèse. Nous avons parlé dans un précédent ouvrage (2), de toutes K difficultés qui se sont présentées et qu'on n'a pu trancher que 30 ou 40 m plus tard : « A la lueur de l'orage , dit un écrivain religieux , (3) on t apercevait enfin et la grandeur du péril et ce qui y avait conduit ; l'igno- : rance religieuse , les mœurs corrompues , les institutions en ruines , le \ scandale deshonorant l'autel et infectant le cloître , des pontifes sans zèle, 1 ouvrant à des prêtres sans vocation les portes du sanctuaire , et les choses ; saintes méprisées par les peuples , parce qu'elles étaient profanées par

d'indignes ministres.... »

Le roi avait sondé d'une main sûre cette large et profonde plaie , et la lensée de la fondation d'un grand séminaire avait dû naître tout naturellelent dans son esprit. Aussi, le collège de La Flèche devait renfermer un novibt, afin que l'on pût élever et former dans cette maison de jeunes jésuites Oiir en fournir, dit le projet , tout le royaume,

Uo projet avait donc été formulé. Mais , il fallait que l'exécution en fut Hrfaitement et ostensiblement motivée ; d'un autre côté , le roi ne pouvait hs compter que Sully y serait favorable ; ce ministre ne donnait l'argent |ii*à regret, puis les remontrances du Parlement tintaient encore aux Mlles du roi.

(1) Manascrit d'un jésuite. — Bibliothèque du Prytanée militaire. (3) Bittoire du P. Eudes, ~ Gh. de Montzey. 1868. {3; Vie de Sainte-Chankil, — Abbé Bougault.

Les lettres annuelles des Pères (Littera annuœ soc, Jes,) nous disent e que furent les succès attendus avec raison par le roi , qui , lui , n'en avai jamais douté.

En 1 604 ,• neuf cours ouverts , 4200 élèves, parmi eux l'élite de la no blesse française; plusieurs envoyés par le roi; et c'était le début.

4605. — Études florissantes , 4200 élèves.

4606. — Trente-trois Pères pour l'enseignement. Le roi engage tons U seigneurs de la Cour à envoyer leurs enfants à La Flèche.

4607. — Mêmes succès.... parmi les 4200 élèves, 500 de la premièi noblesse, fils de ducs, de marquis, de comtes.... quelques-uns même déj nommés à des abbayes et à Tépiscopat.

4608. — 4200 élèves.... les ducs de Vendôme et d'Épemo

visitèrent le collège; les élèves représentent devant eux des pièces d théâtre.

4609. — Plus de 4200 élèves. Don, fait par Henri IV à son collège d La Flèche , d'une statue de N.-D. de Montaigu (cette statue est conservé dans l'église de Saint-Thomas).

4640. — Tout prospère à La Flèche; le nombre des élèves dépasse 4204

En 4642, ce nombre atteint le chiffre de 4400, dont 200 pensionnaires.

Parmi les premiers élèves entrés au collège de La Flèche, en 4604, oi

comptait deux enfants , l'un M. Descartes , l'autre Mersenne. Descartes , n

en Touraine, était originaire du Poitou. (4) Marin Mersenne venait de 1

(1) Les recherches de M. l*abbë Lalanne n'ont rien changé à ce qu'on sa?ait du lien i naissance de Descartes. La mention de son baptême, qu'on peut lire sur les registres de ! paroisse de Saint-Georgos-de-la-Haye, ne laisse à ce sujet aucun doute; et c'est bien à I Haye, en Touraine, qu'il est né, le 31 mars 15d6. Il entra donc au collège de La Flèche rage de 8 ans. Mais ce qu'à démontré M. l'abbé Lalanne, c'est qu'il est seulement né i Touraine. mais hors du domicile de ses parents, parce que sa mère était renue faire a couches chez son aïeule maternelle, à La Haye, et que sa famille, étrangère à cette prorine est au contraire toute poitevine.

Pierre Oescartes, son aïeul paternel, était médecin à Chdtellerault; Joachim llescartei son père, alla habiter Rennes après y avoir acquis une charge de conseiller au Parlemei de Bretagne , mais sans cesser d'appartenir au Poitou, où il conserva ses propriétés et a intérêts.

Jeanne Brochard, sa mère, était fille de René Brochard, lieutenant général au prësidi de Poitiers, petite-fille d'Aimé Brochard, conseiller au présidial et conservateur des priv léges royaux de l'Université de Poitiers, et sœur de René Brochard, également conseilli au présidial et maire de Poitiers en 1589.

Enfin, c'est à Poitiers que René Descartes, et avant lui Pierre Descartes, son frère ato< prirent leur licence en droit, René en 1616 et Pierre en 1613 , ainsi qu'il résulte de dec procès-verbaux découverts par M. Duval, bibliothécaire de la ville de Niort, dans un di registres des actes de la Faculté de droit de Poitiers. — Courrier de la Kieiuie.

On montre encore au Prytanée de La Flèche la chambre de Descartes. Ce n'est pli qu'une simple mansarde assez délabrée, éclairée d'une lucarne d'où l'on voit le parc et li coteaux de Saint-Germain.

Une délégation de la Société archéologique de Touraine a inauguré en 1873 nne plaque û marbre blanc, gravée en lettres d'or, posée sur la maison où naquit Descartes.

Éut)isse d'Oizé, situéeà 5 OU 6 lieues de La Flèche. Si le nom de René bscartes est universellement connu, celui du Père Marin Mersenne, relim\ minime, son condisciple et son ami, ne Test que dans le monde de I science. Ce savant , mort à Paris en 1 648 , est l'auteur d'un grand nombre ronvrages très-estimés.

Le personnel des élèves allait toujours en augmentant. Pour sauvegarder les mœurs de cette nombreuse jeunesse , ainsi agloméie soit à rintérieur, soit à l'extérieur, le recteur obtint, en 4605, un édit hi Conseil du roi interdisant l'entrée de la ville aux histrions, et statuant i'aneune femme de mauvaise vie ne devait être tolérée dans un rayon 'environ trois lieues,

Cet édit eut nécessairement une influence très-marquée sur les mœurs k la ville et ses habitudes. Nous aurons à en reparler dans la troisième Mode.

On lit dans le manuscrit d'un Père, qu'en 1626, il y avait à La Flèche 99 pensionnaires et 4800 externes.

De tous les pays du monde, on venait y chercher les moyens de s'insflire et cette affluence de jeunes gens étrangers devait singulièrement iversifier les habitudes d'une population ordinairement fort calme. La ville

Void t'iascription qu'on y lit :

Rbné DESCARTES né d.4n8 cette maison

LE 31 MARS 1591

IL A iri BAPTISE LE 3 AVRIL

DANS l'iÎGLISB DE S^-GEORGBS

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