SÂTOURIONA INSULTÉ PAR LES FRANÇOIS
I. Pour ce ie commanday à mon sergent de m'equipper vingt soldats^ pour me faire compagnie à la maison de Satouriona : où estant arrivé^ et entré dedans la salle, sans le saluer aucunement, ie m'allé seoir ioignant luy, et demeuré fort longtemps sans luy tenir aucun propos, ne luy monstrer signe d'amitié, chose qui luy donna bien à penser : ioint que quelque nombre de soldats estoit demouré à la porte, ausquels i'avois fait exprès commandement de ne laisser aucun Indien sortir dehors. Ayant demeuré environ demye heure en ceste contenance, ie demandé où estoient les prisonniers que l'on avoit pris à Thimogoa, et commandé que présentement ils me fussent amenez. A quoy le Paracousi, despité en son courage, et estonné le possible, fut long temps sans respondre, en fin toutefois il me dit assez arrogamment, qu'estans espouventez de nous veoir arriver ainsi en armes, ils avoient pris la fuite dans les forests, et qu'ignorant le chemin qu'ils avoient tenu, ils n'avoient moyen aucun de les recouvrer. Lors ie feis semblant de n'entendre son dire, et
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demandé derechef les prisonniers^ et quelques uns de ses principaux alliez. Lors Satouriona fit commandement à son fUsAtore de chercher les prisonniers, et faire tant qu'ils fussent amenez en ce lieu, ce qu'il exécuta une heure après. Apres qu'ils furent arrivez au logis du paracousi, ils me saluèrent humblement, et levans les mains devant moy, se voulurent quasi prosterner à mes pieds ; mais le ne l'enduray, et bientost après les amenay quand et moy à nostre fort. Le paracousi grandement irrité de ceste bravade, se meit à songer tous les moyens pour se venger de nous : toutesfois pour ne nous en donner soupçon, et mieux couvrir son faict, il nous envoya souvent ses ambassades tousiours accompagnez de quelques presens.