XV
FORQUEVAULX A CHARLES IX.
Encore qu'il n'y ait sinon sept iours que i'ay escript à VostreMa-
iesté par le maistre de la poste de Calais, ce que ie scavois de nouveau, ie ne veux faillir toutes fois de luy faire entendre, comme ie sceux hier, que pour vray l'armée Espaignole pour la Floride doibt partir de Séville dans ce présent moys, laquelle consiste en dix neuf navires, le moindre de soixante tonneaux, duquel nombre y en a cinq de quatre et de cinq cents. Les petits navires partirent de Séville le iour de sainct Sébastien et sont descendus à Sainct Lucar (2) où ils attendent l'arrivée des grands. Ceste flotte porte deux mille bisoignes (3), et chargent artillerie, munitions et vivres en grosse quantité, faisant la meilleure dilligence qui leur est possible de s'équiper,- leur capitaine en chef s'appelle Sanche (4) Chiniga de Porto Galeto en Biscaye, et n'est point arrivé à Séville aucune nou- ▼elle de Pierre Melendez que celle qu'on a escripte de France qu'il a pris le fort des François. Au moyen de quoy on creint par dessa que le capitaine lehan Ribaut aura bruslé les navires de Melendez, les ayant trouvez mal gardez, puis que ses gents estoient descendus à terre, ou bien qu'il les tient assiégez en quelque destroit ou port, sansozer sortir, comme lesdicts Espaignols neTavoient osé attendre au combat sur la mer. A tout le moins. Sire, laioie qu'on menoit icy à la première nouvelle qui vint de la prinse du fort n'a gueres duré de peur qu'ils ont du contraire et n'en osent quasi parler maintenant. La certanéité ne peut tarder d'en venir en bref.....
Madrid, i\ février 1366.
(1) Manuscrit 10751, fol. 156. Cf. Duprat, p. ftl6.
(2) Saa Lucar de Barrameda àPerabouchure du Guadalquivir.
(3) Leçon inintelligible du manuscrit : peut-être faut-il lire Biscayens. (ft) Cf., lettre xn.
DE FORQDEVAULX. 421