‹ Histoire de la Floride françaiseChapitre 60 sur 72 · FAITE PAR LES FEMMES VEFVES · texte numérisé non relu

FAITE PAR LES FEMMES VEFVES

dudit Ribaut; que Pétremclaude avec ses gens, faisant receToir une honte avec telle bravade aux serviteurs d'un Roy si puissant et si renommé , veut bien qu'on entende qu'il aime peu Thonneur et craint encore moins la force et ia rencontre du maistre. Vostre Maiesté, d'autre part, n'ignore pas que > pour mieux triompher d'une meschanceté et redoubler l'outrage de ce crime tant exécrable, mesme après la mort, on s'est joué et fait comme une moquerie de la teste et du poil de celuy qui n'estoit rien moins que vostre lieutenant général , et que le papier d'une missive a servi de plat pour faire un présent du poil de sa barbe.

Toutesfois c'est chose incroyable quf'un Roy ne prince chrestien , ne payen quelconque , voulust avouer ledit Pétremclaude pour un faict de cruauté si barbare et qui surpasse la rage et fureur des tygres et lions, et d'autant plus exécrable que l'exécution s'en est faite en plein jour de paix, à trefve et appointement d'amitié, sans guerre ouverte de vostre part contre une nation ne seigneurie quelconque. Et néantmoins les Hespagnols y ont mis la main, voire sur les lieux et personnes qui de rien ne touchent ne appartiennent à autre qu'à vostre sceptre et couronne , sinon que Pétremclaude volust dire que la force d'un estranger ha lieu contre le Roy pour usurper ce qui est vostre, pu s'approprier la puissance de commander en vostre place , ou bien se donner l'autorité des lettres, et le regard ou soin de chastiment et correction sur eux, comme Dieu vous a commis pour subiects, avec un lien si estroit de subiection, d'obéissance et naturelle affection envers vous, que plustost ils mourroyent de mille morts que de condescendre à l'opinion de changer de maistre , ni baisser le col sous la merci d'auti:e joug à nouvelle principauté.

Si doncques Pétremclaude est désavoué, son maistre n'a que dire qu'il n'en fait ou vous laisse faire la justice, avec satisfaction ou réparation telle qu'à vous appartient, vous remettant et quittant au surplus la jurisdiction et possession de ladite terre de la Floride, qui de long temps vous estoit occupée et emparée par vos subiets, en vostre nom et sous le titre et authorité de vostre sceptre et couronne, loinct que vosdicts subiets n'y ont pas esté chassez ni rédigez comme fugitifs ou forbannis, mais comme ambassadeurs, officiers et ministres de Vostre Maiesté, et tels recogneus et advouez par vos lettres patentes de commission dudict Ribaut, tenu et réputé en ceste part comme vostre personne mesme. Et combien que cette indignité soit atroce de soy-mesme, si est-ce qu'elle redouble quand

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