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LES MENDIANTS ET LE CLERGÉ SÉCULIER

expulsés, continuaient néanmoins, et contre tout droit, à porter l'habit, à prêcher et à confesser, vagabonds qui jetaient le déshonneur sur leur ancienne famille religieuse «t faisaient retomber sur elle tout le poids de leurs €xcès 4.

A côté de ces torts communs à tous les Mendiants, on ne peut nier que les Frères Mineurs dans cette première phase du conflit avec le clergé séculier eurent une crainte véritable de le mécontenter, d'encourir ses critiques et ses ressentiments. De toutes les causes de querelles la principale était le nombre et l'importance des privilèges octroyés par le Saint-Siège. Si beaucoup de religieux les acceptaient sans répugnance, voyant en eux le seul moyen de se faire une place au soleil, d'autres, et non des moindres, étaient à la tête d'un courant d'opinion défavorable à la demande et à Tacceptation de ces faveurs qui multipliaient les causes de conflit. Albert de Pise, Ministre provincial d'Angleterre, s'opposa énergiquement aux lettres de protection qui interdisaient aux moines de Reading d'expulser les Frères Mineurs de leurs terres en certains cas. Adam de Marsh qui accompagnait Robert Grossetête, évêque de Lincoln^ au concile de Lyon (1245) estime que les Frères présentent à la Curie romaine des pétitions trop empreintes de la sotte sagesse du monde. Les Quatre Maîtres dans leur Exposition de la Règle se font l'écho des craintes qu'avaient un grand nombre de Frères; ils pensent que les privilèges donnent aux détracteurs de l'Ordre l'occasion ■de l'accuser de relâchement. Hugues de Digne, si libre pourtant dans ses apostrophes aux dignitaires ecclésiastiques, tient le même langage ; il ne veut pasqueles Frères

* Cf. les Bulles Quoniain abundavit du 6 avril 1237, Quia confusio du 13 décembre 1240, Jtistis petentimn du 9 septembre 1246 (Bull, fr.,t, I, ,p. 215, 289 et 423).

scandalisent le clergé en prêchant contre sa volonté dans les églises paroissiales 5.

Cette crainte de mécontenter le clergé amena souvent les Frères à faire preuve d'un grand esprit de conciliation et à conclure des accords qui apaisaient momentanément les querelles 6. Et comme elles renaissaient quand même, ils recouraient au pape, sollicitant de nouvelles mesures de protection ; et la bienveillance du Souverain Pontife, qu'il s'appelât Grégoire IX ou Innocent IV, ne se démentait pas 7.

Un instant on put craindre, tant étaient menaçantes les réclamations des prélats ecclésiastiques contre les Mendiants, que des mesures sévères allaient être prises par le

5 Cf. EccLESTON, p. 92, 99, 100, 171-172; J.-B. Brewer, Monumenta franciscana, t. I, p. 377.

Le mécontentement provoqué par les privilèges des Mendiants est exprimé dans un pamphlet publié par Huillard-Bréholles, dans Vie et correspondance de Pierre de la Vigne (p. 406) : Ista privilégia sunt eîs indulta A papa Gregorio, quibus est sufïulta Eorum presumptio superba et stulta Et parochialia jura sunt sepulta.

^ Les premières chartes de fondation citées plus haut, p. I^Y ^^ ^21 avec leurs dispositions restrictives de la liberté des Mineurs témoignent de cet esprit de conciliation et d'humilité. Dans la suite il y eut de nouveaux concordats empreints du même caractère. Citons en particulier ceux qui furent signésl entre Grégoire de Naples, Provincial de France, et l'abbé de Saint-Denis (1231), cf. Archiv. fr. hist,, t. X (1917), p. 303; entre les chanoines de Saint-Rumold ou Rombaut de Malines et les F. M. (1233) Cf. A. MiRAEUS, Opéra diplomatica, éd. Foppens, Bruxelles, 1734, t. III, p. 546; entre l'abbé de Saint-Germain des Prés et Robert de Gamaches, Provincial de France (1241), Cf. Arch. fr. Hist., lac. cit., p. 313; entré le gardien de Nivelles et l'évêque de Liège (1244), ibid. p. 321.

^ Certains évêques, profitant de la dévotion et de la docilité des Frères, croyaient pouvoir exiger d'eux tous les services qu'ils jugeaient bon de leur demander. Innocent dispensa les Mineurs de la charge d'exécuter les procès que les évêques intentaient et les sentences d'excommunication que plusieurs d'entre eux prodiguaient avec trop peu de discernement (Qui posposita, 27 avril 1241, Bull, fr., t. I, p. 249). Innocent IV. réédita aussi la Bulle Quoniam àbundavit de Grégoire IX au sujet du droit de prêcher et de confesser, ibid., p. 381. Sur l'attachement d'Innocent IV pour les F. M., cf. Salimbene, p. 61.

CONFLIT AVEC l' UNIVERSITÉ DE PARIS 20$

concile général de Lyon (1245) 8. H n'en fut rien, et trois jours après lia clôture du concile, le 21 juillet 1245, Innocent IV rééditait pour quelques diocèses d'Italie la bulle Nimis iniqua. Le mois suivant il l'envoya dans toutes les provinces ecclésiastiques en nommant à son tour des conservateurs apostoliques, si bien que le monde chrétien fut, suivant l'expression de Noël Valois, « couvert de postes d'observation, d'où des prélats zélés veillaient continuellement sur l'Ordre de saint François » 9.

Cependant l'un des statuts du concile de Lyon semblait pouvoir s'appliquer aux Frères Mineurs. C'est celui qui indiquait dans quel cas les religieux exempts tombaient, en raison d'un délit ou d'un contrat, sous la juridiction des Ordinaires 10. Inquiets, les Frères consultèrent le Souverain Pontife. Innocent IV déclara que cette constitution, pourtant décrétée par lui-même, ne devait porter aucun préjudice à leurs libertés et immunités (27 décembre i25i) 11. C'était bien là une nouvelle reconnaissance officielle du privilège à' exemption. Les efforts des prélats ecclésiastiques pour tenir les Frères Mineurs dans le cercle de leur juridiction avaient donc tous échoué les uns après les autres.

2. — La lutte pour les chaires des Mendiants A l'Université de Paris »2.

Origine. — L'Université de Paris entra dans le conflit

8 Cf. une lettre d'Adam de Marsh au Provincial d'Angleterre (Brewer, Monum. Franc, t. I, p. 377).

8 Bull, fr,, t. I, p. 368, 372-377; Noël Valois, Guillaume û' Auvergne, ■év. de Paris (1228-124Ç), Paris, 1880, p. 102.

^0 Hefelè-Leclercq, Hist. des Conciles, t. V, II« part., p. 1671.

11 Cum oZï'm, Bull, fr., t. I, p. 590s. « Vos ab omnibus, per quae vobis passent provenire dispendia, immunes libenti anima praeservare auctoritate nabis praedicta indulgemus; ut occasione constitutionis hujusmodi •nullum eisdem libertatibus et immunitatibus in posterum praejudicium gêner etur. n

12 Cf. Van den Wyngaert, Querelles du clergé séculier et des Ordres

pour défendre, elle aussi, ses intérêts. Elle les croyait menacés par la concession d'un trop grand nombre de chaires doctorales aux Ordres religieux. C'est que, à tous les griefs du clergé séculier, griefs qui peuvent se résumer dans les privilèges d'exemption et dans l'influence grandissante des Mendiants sur les fidèles^ un autre était venu s'ajouter, qui prit en 1262 une tournure aiguë : Vinfluence grandissante des Mendiants dans V Université de Paris.

Il se passait en effet dans les Universités ce qui se passait dans le monde. De même que les fidèles se pressaient dans les églises des Dominicains et des Franciscains, les écoliers couraient à leurs leçons. Albert-le-Grand, Alexandre de H aies, Jean de la Rochelle groupaient autour de leurs chaires l'élite des étudiants dont un grand nombre prenaient ensuite leur habit. Effrayés de cette supériorité, les Maîtres séculiers virent dans la faculté d'enseigner accordée aux réguliers, ce que le clergé avait vu dans leur ministère apostolique ■ une innovation dangereuse, une redoutable concurrence et une usurpation.

Bien avant 1 262, il y avait eu déjà des frottements symptomatiques entre Maîtres séculiers et Maîtres réguliers, ceux des Frères Prêcheurs particulièrement. Les nombreux recueils de sermons prononcés à cette époque devant les écoliers de Paris, et conservés à la Bibliothèque nationale, nous renseignent sur ces rivalités. Les allocutions des séculiers sont parsemées de critiques^ discrètes encore, à l'adresse des réguliers et de leur ministère -, ceux-ci, à leur tour, ne se gênent pas pour blâmer les mœurs du clergé, faire l'éloge de la vie religieuse et susciter dans leurs auditoires des vocations. L'universel désir d'une régénératiom

mendiants à V Université de Paris, dans la France franciscaine, t. V (1922), p, 257-281, 369-398, t. VI, p. 47-70. On y trouvera la bibliographie complète du sujet.

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de l'Eglise et la dissémination des idées de Joachimde Flore (1202) favorisaient la propagande des Mendiants dans les écoles, au grand déplaisir des séculiers ^3, En 1252, la tension s'accentue. Dans une réunion clandestine,

13 II est inutile de rappeler ici en quoi consistaient les idées du prophètecalabrais, un saint homme de peu de jugement, de science théologique très courte, et doué par surcroît d'une imagination exaltée. Joachim préfère le clergé régulier au clergé séculier dont il flagelle les vices; il n'a aucune estime pour la scolastique et le droit canonique; mais « il entrevoit la ruine des impies qui blasphèment, des puissants et des riches qui oppriment, des évêques ou des abbés qui prévariquent ; il entrevoit la revanche des humbles, des faibles, des pauvres, qui assisteronC enfin à la chute de leurs tyrans ou de leurs bourreaux ». (P. Fournier,. Joachim de Flore, ses doctrines et son influence, dans Revue des Quest. Hist., t. 67, 1900, p. 477; voir aussi Guido Bondatti, O. M., Gioachinisnio e Francéscanesimo, S Maria degli Angeli, tip. Porziuncola,, 1924, P- 1-35) • ïl annonce l'imminente régénération de l'Eglise par la naissance de nouveaux Ordres religieux. Ceux-ci prêcheront un évangileéternel, qui, sans détruire l'Eglise de Pierre, la transformera en une Eglise purement spirituelle. Les idées de Joachim de Flore n'étaient pas toutes erronées ou hérétiques; par ailleurs, sa vision optimiste de l'avenir chrétien ne pouvait que séduire les âmes nobles, comme on le voit dans la lettre élogieuse que le célèbre Adam de Marsh adressait à Robert Grossetête avec un exemplaire des œuvres du célèbre visionnaire (Brewer, Monum. Franc, t. I, p. 146 s.). Ses théories franchirent les frontières de la Calabre. Elles se répandirent en Italie, en France, où Amaury de Bène, son contemporain, avait propagé le système des trois âges de l'humanité, en Angleterre, en Espagne et en Allemagne. Dans l'Ordre de saint Dominique et dans celui de saint François, les écrits du Calabrais pénétrèrent à peu près à la même époque, c'est-à-dire entre 1240 et 1250. Prêcheurs et Mineurs s'appliquèrent respectivement 'ses prédictions. Chez les Prêcheurs, Vincent de Beauvais, qui écrivait son Spéculum historiale vers 1244, et Gérard Frachet sont les premiers témoins de cette tradition. Chez les Mineurs, le Joachimisme apparaît dans un commentaire sur l'Apocalypse écrit en 1242 par un certain Frère Alexandre de Saxe (Cf. Brit. Soc. of Franc. Studies, t. X, 1922, Collectanea franciscana, II, p. 20-36). On en trouve des traces certaines dans le Sacrum^ Commercium cum Domina paupertate dont on ignore la date (1227 ?) et l'auteur (Jean Parenti, Jean de Parme, Jean Pecham ?) Cf. la traduction française du P. UbÀld d'Alençon, Paris, 1913, Les Noces mystiques..., p. 8 et 68. — Salimbene, qui habita le couvent de Pise de 1243 à 1247, nous raconte qu'un Abbé de Flore y apporta à cetteépoque les ouvrages de Joachim pour les soustraire au pillage. Un peu plus, tard, en 1248, le même Salimbene était l'un des auditeurs les plus attentifs du Frère Hugues de Digne, grand Joachimiste. Jean de Parme, qui fut lecteur à Naples avant d'être élu Ministre général en 1247, dut être

les Maîtres séculiers de l'Université de Paris formulèrent un décret interdisant aux Ordres religieux qui n'en -avaient pas encore, de fonder des collèges à l'exemple des Prêcheurs. Dépourvu de valeur, puisqu'il appartenait à l'évêque seul d'instituer ou de supprimer les écoles universitaires, ce décret n'en était pas moins une déclaration de guerre dirigée contre tous les réguliers. Les Franciscains, qui n'avaient qu'une chaire à l'Université »4, se trouvaient m'oins atteints que les Dominicains qui en possédaient deux. Mais l'année suivante l'Université manifesta 'de nouvelles exigences. A l'occasion d'une de ces disputes si fréquentes entre écoliers et bourgeois, les Maîtres, n'ayant pas assez promptement obtenu justice contre les gens du guet qui avaient malmené quelques écoliers trop turbulents, décrétèrent la suspension de tous les cours. C'était la grève obligatoire. Prêcheurs et Mineurs refusèrent d'y participer. Exclus de l'Université (avril i2b3) '5^ ils en appelèrent au pape qui réprimanda sévèrement les Maîtres et leur ordonna de réintégrer les trois régents dans l'Université (i^"" juillet i253) '6.

Innocent IV contre les, Mendiants. — L'Université, loin d'obéir, ratifia, le 2 septembre, l'exclusion des Maîtres Dominicains et Franciscains. C'est alors que Jean de Parme se présenta devant l'Université, Maîtres et étudiants rassemblés. En sa qualité de Ministre général des Mineurs, il révoqua l'appel que ses religieux, de concert avec les Prêcheurs, avaient adressé à Rome '7. Son langage, à la fois ferme et conciliant, amena une accalmie

à ce moment' initié au Joachimisme (Salimbene, p. 236; Guido Bondatti, op. laud., p. 35-62. On trouvera dans l'ouvrage du P. G, Bondatti l'indicalion de tous les travaux se rapportant à Joachim de Flore.)

14 Voir plus haut, chap. IV, n. 44

15 Chartularium, t. I, N° 219.

16 Ihid., No 222.

^'' EccLESTON, p. 92 ; Salimbene, p. 299, ^

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passagère. Entre les Mineurs et l'Université l'ineident était clos. Mais la lutte contre les Prêcheurs continua plus vive encore, et comme l'Université englobait tous les religieux dans son aversion, les Mineurs furent ramenés dans le conflit. Les Maîtres séculiers signèrent le 4 février 1 264, un manifeste destiné à soulever l'opinion de tout le clergé. Ils y dénonçaient les attentats de tous les religieux contre l'Université et faisaient appel à tous les prélats de la chrétienté pour prendre les mesures nécessaires et préserver VAlma Mater « fondement de l'Eglise » de la ruine dont la menaçaient les entreprises des Prêcheurs '8.

La querelle particulière de l'Université se confondit dès lors avec la querelle générale du clergé séculier. L'Université de Paris, cette grande privilégiée du Saint-Siège, épousait toutes les querelles du clergé et son vieil esprit contre l'esprit nouveau représenté par les Mendiants. Innocent IV cita à son tribunal les Maîtres, dont Guillaume de Saint-Amour était le principal et le plus animé contre les réguliers »9. Maître Guillaume se rendit donc à Rome. A partir de ce moment, l'attitude du Souverain'^ Pontife à l'égard des religieux changea complètement. Le 4 juillet 1264, il confirma les statuts élaborés par les Maîtres de Paris 20^ et le 20 novembre de la même année, il publia la bulle Esti animarum nettement dirigée contre les privilèges des Ordres Mendiants 21.

Que s'était-il donc passé ?

L'u Introduction à P Evangile éternel ». — Au moment où les représentants de l'Université étaient convoqués de-

18 Chartularium, N° 230.

18 Chartularium, N" 231. Cf. M. Perrod, Etude sur la vie et les œuvres .a de G. de S'.*, A., Lons-le-Saunier, 1902.

20 Chartularium, N« 237. Le 15 juillet de la même année, Innocent IV permit à Guillaume de contracter un emprunt pour subvenir aux frais de la procuration en Cour de Rome pour l'Université (ibid., N° 238).

21 Chartularium, N° 240; Eubel, Epitome, p. 259-261.

vant Innocent IV, un ouvrage venait de paraître qui allait admirablement servir leur campagne contre les Prêcheurs. C'était le Liber introductorius ad Evangelium aeternum^ œuvre du F. M. Gérard de Borgo San Donnino, imbu des idées de TAbbé Joachim de Flore 22. Les Maîtres de.

22 Gérard, né en Lombardie, vécut longtemps en Sicile, où il dut fair'e; connaissance avec les doctrines de l'abbé de Flore (Calabre). De Sicile, Gérard vint à. Provins, puis au Studium de Paris. Il publia son Liber introductorius avec la Concordta novi et veteris Testamenti de Joachim,. qu'il accompagna de notes et de commentaires. Introduction et notes ne nous sont connues que par la liste des trente et une erreurs que dénoncèrent les Docteurs de Paris (Cf. Chartularium, N° 243), et par les extraits quifigurent dans le Protocole de la Commission d'Anagni (cf. Archiv fur litt. u. Kirchengesch., t. I, p. 99-142). — Personne n'a plus mal compris, les idées du prophète dé Flore que Frère Gérard. Il les a si complètement défigurées, que la conception même de V Evangile éternel selon celui-ci est en contradiction manifeste avec la conception de celui-là. Pour Joachim, V Evangile éternel n'est pas un livre, il n'a rien de matériel, c'est le sens, c'est l'esprit même des deux Testaments qu'aucun livre ne peut exprimer, ni contenir; pour Gérard, V Evangile éternel, ce sont les trois principaux ouvrages de Joachim ; la Concordta précitée, VExpositio in Apocalypsint, et le Psalterium decem chordarum, deux volumes qu'il seproposait de commenter également. D'autres divergences font de Gérard le plus mauvais interprète de Joachim, et de V Introductorius, un écrit plus dangereux que ceux du visionnaire calabrais (cf. G. Bondatti, op. laud., p. 73-75). — Gérard émit pourtant une idée qui fut retenue parun grand nombre d'auteurs franciscains, entre autres par saint BonajVenture (Leg. Maj., prologus, i; Sermo IV de S. P. 2V. 'F., dans Op. Omn., t. IX, p. 587), Barthélémy de Pise (De Conformitate, dans Anal. Fran., t. IV, p. 42) et saint Bernardin de Sienne (Cf. G. Bondatti,, op. cit., p. 161 s.) : joachim de Flore avait prédit que l'Evangile éternet serait annoncé par l'Ange du sixième sceau, l'Ange portant le signe du-. Dieu vivant, habentetn signum Dei viventis (Apocal. VII,2). Gérard fit l'application de cette prophétie au Saint décoré des stigmates du Christ, à saint François, dont l'Ordre, plus que tout autre, était destiné à prêcher l'Evangile éternel. (Cf. Protocole de la Commission d'Anagni, loc. cit., p. loi.) Malgré cette accommodation qui n'avait rien d'hérétique et qui ne pouvait que recevoir bon accueil des confrères de Gérard, celui-ci ne fut jamais que le représentant d'un nombre restreint de Mineurs. Le Joachimisme, que professaient Hugues de Digne et aussi Jean de Parme, car Salimbene nous apprend qu'il était grand ami de- Gérard, rencontra dans l'Ordre des adversaires décidés, parmi lesquelsle savant frère Maurice de Provins (cf. Salimbene, p. 237 ; Hist. Litt. Fr., t. XXI, p. 132-137),- le célèbre David d'Augsbourg (cf. G. Bondatti,. op. cit., p. 52) et Thomas de Pavie, Provincial de Toscane, écrivaiit

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