Crescence de jesi (1244-1247) ET LES Spirituels
Le problème à résoudre. — Le problème à résoudre était celui-ci : continuer le développement progressif de l'Ordre sans cependant s'éloigner de l'esprit primitif de l'institution.
Il fallait donc tout ensemble harmoniser des vues divergentes et calmer de légitimes inquiétudes ; il fallait empêcher le relâchement de s'introduire et réprimer les singularités, germes de divisions futures ; en un mot, refaire l'unité en se rapprochant le plus possible de la pensée même de saint François '5.
14 Tel Salimbene qui écrivait d'Innocent IV : « Ce fut un homme généreux comme on le voit clairement dans sa déclaration de la Règle des Frères Mineurs » (Salimbene, p. 6i). Le Sacrum comtnercium cum Domina paupertate paraît bien être un manifeste contre la vie commune. Il est malheureusement impossible d'en fixer la date avec certitude; voir plus haut, chap. VI, n. 13.
is Ce souci de garder l'idéal de saint François est un des traits les plus frappants de cette époque. C'est lui qui inspira ce songe raconté par Eccleston : au moment où Aymon de Faversham avait ordonné de rédiger dans chaque Province une consultation sur les points obscurs de la Règle, un Frère de la Province d'Angleterre vit saint François qui lui montrait un puits. Et le Frère lui dit : « Père, voici que l'on veut expliquer votre Règle, expliquez-nous-la plutôt vous-même. » Le Saint répondit : <( Mon fils, va trouver les Frères laïcs, ils te l'expliqueront. » Néanmoins les délégués anglais, au nombre desquels se trouvait Adam <ie Marsh, se mirent au travail. Ils l'interrompirent bientôt et se conten-* tèrent d'envoyer au Ministre général les quelques articles qu'ils avaient annotés en le priant de laisser la Règle telle que saint François l'avait donnée à ses fils sous l'inspiration du Saint Esprit (Eccleston, p. 88 s.).
Le même souci se retrouve chez Guillaume de Nottingham. Ardent