RÉGULIÈRE
En présence d'ennemis qui en voulaient à l'existence même des religieux et qui contestaient à la fois la beauté de leurs aspirations et la légitimité de leur ministère, Bonaventure avait démontré, et le Saint Siège avait déclaré par la condamnation de Guillaume de Saint-Amour, que l'idéal de saint François est essentiellement chrétien et conforme à l'Evangile. Le Ministre Général était apparu dans ces discussions par la largeur de ses vues, par la vigueur et la clarté de son argumentation, par la droiture de son caractère, V apologiste par excellence de la perfection évangélique et de V idéal franciscain. Mais il eut à faire face à deux autres sortes d'adversaires qui accusaient la vie réelle des Frères Mineurs d'être une violation flagrante de leur Règle. C'étaient d'abord les mêmes clercs séculiers qui, non contents de refuser aux Mineurs le droit de. vivre et de prêcher, cherchaient encore à les trouver en contradiction tantôt avec les volontés de leur fondateur et tantôt avec les Déclarations pontificales dont ils avaient une connaissance exacte. Ces insinuations malicieuses ne venaient pas seulement des clercs séculiers. Les Prêcheurs