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RÉPRESSION DES SPIRITUELS DE PROVENCE

toyable des abus qui se commettaient contre la Règle '3^, il attira sur lui des colères qui l'amenèrent à comparaître , devant Benoît XI (i3o4). Condamné probablement à la prison, il fut délivré par le Pape, à la prière des habitants^ de Pérouse. Mais les supérieurs le privèrent de l'office , de la prédication et le reléguèrent dans la solitude de l'Alverne '4. C'est là qu'après une année de retraite il^ composa (i3o5) VArbor vitae crucifixae D. N. J. C. Peu de temps après, malgré les invectives dont ce livre acca-s blait BonifaceVIII et Benoît XI, le Cardinal Napoléon Orsini prenait Ubertin de Casale comme chapelain et' familier (iSoy). Nous les retrouverons bientôt en Avi-^' gnon. (

En Provence et en Arag . — Les Spirituels de Provence passèrent, comme ceux de la xMarche d'Ancône, par de pénibles vicissitudes. Le Ministre général Raymond Godefroid s'était empressé de rappeler dans sa patrie et de nommer Lecteur à l'important studium de Montpellier celui qui était leur chef et son ami, Pierre Jean Olive »5. Cet acte de bienveillance enhardit leur prosélytisme. Les laïcs eux-mêmes furent conquis aux doctrines joachimistes et spirituelles. Sous le nom de Béguins, ils, se multiplièrent rapidement dans toute la Provence et dans le royaume voisin d'Aragon. La ville de Montpellier appartenait à ce royaume, ainsi que le Roussillon. Cependant, les couvents de Montpellier, Perpignan, Villefranche de Confient et Puycerda faisaient partie de la Province franciscaine de Provence. Les doctrines de Pierre Jean Olive se disséminèrent donc très facilement en-deçà et au-delà

" Cf. Arch. /. Litt. u. Kirch., t. III, p. 67 s., 173.

1* Cf. Arch. f. Litt. u. Kirch., t. II, p. 132. F. Callaey, Etude kir Uhertin de Casale, p. 43-57.

15 Mémoire Sanctitati apostolicae, dans Arch. f. Litt. u. Kirch., t. II,. p. 389.

■des Pyrénées. Si facilement même que c'est un médecin catalan, le célèbre Arnaud de Villeneuve, qui, à la fin du siècle, sera à la cour pontificale et dans les cours royales alliées d'Aragon et de Sicile l'apologiste le plus actif des Spirituels 16.

Une telle recrudescence des idées réformistes alarma la •Communauté. Elle porta plainte devant le Souverain Pontife et, par ordre de Nicolas IV, Raymond Godefroid avait dû ordonner contre les zelanti une enquête qu'il confia à Bertrand de Sigottier, inquisiteur franciscain du Gomtat Venaissin >7. Olive lui-même dut comparaître devant le Chapitre général de Paris (1292). On sait qu'il y défendit avec succès la théorie de V usage pauvre '8. Mais l'enquête de Bertrand de Sigottier avait révélé que parmi les disciples de Jean Olive, quelques-uns allaient beaucoup plus loin que leur maître. « Ils semblaient vouloir établir un schisme dans la Province. Ils blâmaient ceux qui n'embrassaient pas leurs sentiments et se prétendaiisnt plus spirituels que les autres ; ils suscitaient des scandales dans les autres Provinces et soutenaient des doctrines erronées » '9. Malgré la sympathie qu'il nourrissait pour eux, Raymond Godefroid se vit dans la pénible nécessité de les châtier 20^ et Olive lui-même, effrayé des conséquences extrêmes qu'ils tiraient de ses principes, désavoua ses fidèles, condamnant sans ambages leurs tendances

16 Cf. J. M. Pou y Marti, O. F. M., Visionarios, beguinos y fraticellos catalanes (siglos XIII-XV), dans Arch. Ib. Amer., t. XI, 1919, p. 127-142.

1^ XXIV Gêner., p. 422 ; Répertoire de Raymond de Fronsac, §§ XXXIV et XXXV, dans Arch. f. Litt. «. Kirch., t. III, p. 14 s.; Mémoire de Raymond de Fronsac et de Bonagrazia, ibid., p. 157.

18 Ibid., t. II, p. 400; t. III, p. 191.

19 XXIV Gêner., p. 420.

20 Répertoire de Raymond de Fronsac, §§ XXXVI et XXXVII ; Mémoire de R. de Fronsac et de Bonagrazia, ibid., p. 158.

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