ARNAUD DE VILLENEUVE AVOCAT DES SPIRITUELS
il avait exposé ses idées d'ailleurs identiques à celles de Jean Olive, et dressé un plan complet de réforme de l'Eglise, basé sur la pratique de la pauvreté évangélique t et franciscaine. Il y avait abordé la question de Vusus (^ pauper, et plus catégoriquement que Jean Olive, il avait , affirmé que l'usage pauvre est inclus dans le vœu de* pauvreté 9.
Il demandait au Souverain Pontife, en le menaçant de châtiments divins s'il refusait, d'examiner dans quel état se trouvait l'Ordre des Frères Mineurs et de prendre la défense des zelanti, contre leuris adversaires. Ni Boniface VIII en i3o2, ni Benoît XI en 1804, n'avaient goûté les conseils de ce béguin dont ils appréciaient pourtant les services médicaux et politiques.
Influence d'Arnaud dans les cours royales 'o. — Arnaud t^ eut plus de chance auprès des rois d'Aragon, de Majorque, de Naples et de Sicile. Très persuasif, il avait réussi à les unir dans un même désir de réforme générale de l'Eglise et dans une même volonté de protéger et de défendre les Spirituels qui seuls, parmi les fils de saint François, tendaient au même but que lui.
Charles II,~ roi de Naples, s'était toujours montré hos- • tile aux zelanti. Il savait que ses fils Louis, Robert et 1 Raymond, otages à Barcelone, correspondaient avec Pierre 1 Jean Olive et il craignait de les voir se laisser embé- 1 guiner "i. Il avait pris des mesures efficaces pour faire
9 « Ad quem (usum pauperem) servandum obligat votum professionis, hoc est, ad sic arctandum usum necessariorum ad supradicta quod nuUo modo sit enormis vel àbusivus » (Cf. Pou Y Marti, loc. cit., p. 170 ; de même, p. 177).
10 Cf. M. VAN Henckelum, Spiritualistische Strômungen an den Hôfen von Aragon und Anjou wàhrend des Hôhe des Armutsstreites, Berlin- Leipzig, 1912.
11 Cf. lettre d'Olive aux fils de Charles II, dans Arch. f. Litt. u. f Kirch., t. III, p. 539.
lexpulser de Grèce Clareno et ses Pauvres Ermites (i3oo), puis, quatre ans plus tard, pour les faire sortir de son 'propre royaume ^'-t. Mais il était mort le 6 Mai 1809 et il leut pour successeur Robert le Sage, (i 309-1343), son troisième fils, qui était plein de vénération pour les zélateurs de la pauvreté. Le royaume de Naples leur fut dès lors un lieu d'asile et ils trouvèrent auprès du roi et de la reine Sancia des secours et des encouragements. Il en fut de même à la Cour du roi de Majorque, Jacques I, frère de Sancia et de Philippe, cet « ascète de sang royal » qui vécut sous la direction d'Ange de Clareno ^3.
De même encore dans la Sicile que le roi Pierre d'Aragon avait enlevée à la maison d'Anjou {Vêpres siciliennes ^ 1282). En Sicile, comme à Naples, les Spirituels étaient assurés de trouver un refuge^ des secours et des protecteurs dont la voix avait des chances d'être écoutée du Saint-Siège. Après avoir ainsi persuadé à Frédéric de Sicile, à Jacques II, roi d'Aragon, et à Robert d'Anjou, roi de Naples, de faire de leurs royaumes l'asile des Spirituels, Arnaud, fort de ces puissantes protections, se rend de nouveau de Barcelone à Avignon. Il traverse Montpellier et Narbonne où il revoit ses amis les zelanti et les béguins de Provence. Il les trouve toujours en butte aux vexations dé leurs adversaires et surexcités par une dénonciation de la doctrine d'Olive faite en plein Consistoire le 1 2 Avril i3o9 h.
Arnaud de Villeneuve à Avignon. — En Avignon, il se
12 Arch. f. Litt. u. Kirch., t. II, p. 319 s., 335.
13 Cf. Arch. f. Litt. u. Kirch., t. I, p. 543, 545, 564 ; J. M. Vidal, Un ascète de sang royal, dans; la Rev. Quest. hist,, t. 88 (1910), p. 361-
1^ Voir la réplique de Raymond de Fronsac et de Bonagrazia à la Réponse de Raymond Godefroid aux Quatre Questions (Arch. f. Litt. u. Kirch,, t. III, p. i5Ji;i,