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APPLICATION DE LA BULLE <( EXIVI DE PARADISO

Par son ordre, Bonagrazia de Bergame qui avait si audacieusement protesté contre l'exemption fut envoyé en disgrâce dans le petit couvent de Valcabrère (Province d'Aquitaine, custodie d'Auch) 3. Le Souverain Pontife s'opposait ainsi à la scission désirée des Spirituels, il les prenait sous sa protection et s'efforçait de les défendre contre l'aniniosité de leurs Frères de la Communauté 4.

Entre temps, le Ministre général Gonzalve de Valbonne visitait les Provinces pour y faire appliquer la bulle Exivi. Il blâmait énergiquement la somptuosité des édifices, la recherche dans les vêtements, l'acceptation d'aumônes perpétuelles et de revenus annuels, excommuniait sans pïxii ceux qui refusaient de s'en dessaisir. Il mit tant de zèle dans cette œuvre de réforme qu'il souleva contre lui le mécontentement des religieux amis des mitigations s.

Les Spirituels, au contraire, étaient dans la joie. On les avait vus autrefois protester contre toutes les Déclarations pontificales ; ils se conforment aujourd'hui loyalement à celle de Clément V. Le 14 mars i3i3, ils célébrèretit à Narbonne, avec des solennités inaccoutumées qui attirèrent un grand concours de clercs et de peuple, l'anniversaire de la mort de Pierre Jean Olive (f 14 mars 1298). ^

Peu de temps après (i3 avril i3i3), Gonzalve de Valbonne mourut au couvent de Paris 7.

3 Bulle Cutn nostrae intentionis, du 31 juillet 1312 (Bull, fr., t. V, n° 204, et Arch. f. Litt. u. Kirch., t. II, p. 158). Voir aussi la protestation de Bonagrazia contre son bannissement (ibid., t. III, p. 40 s.) et une lettre d'A. Clareno à ses disciples (ibid., t. I, p. 544).

4 Cf. la lettre du cardinal Jacques Colonna aux Recteurs des églises de Narbonne et Béziers : (( Dominus papa,., papaliter annulabat quidquid datum, dictum vel scriptum contra ipsos (spirituales) in toto processu questionis, nec volebat quod in perpetuum aliquid de illis contra illos quomodolibet posset apponi, ac sic eos velut innocentes et commendatos aliis reunivit. » (Arch. fr. hist., t. XVI, 1923, p. 352).

5 XXIV Gêner., p. 459 s.

6 Lettre d'Ange Clareno à ses disciples, écrite le 3 avril 1313 (Arch. f. Litt. u. Kirch., t. I, p. 543 s).

7 Un mémorial de l'Ordre du commencement du XVI^ siècle décrit

Lui donner un successeur devenait dans les circonstances présentes un événement de la plus haute gravité. Vital du Four, ex- Provincial d'Aquitaine, créé cardinal après le Concile de Vienne, fit connaître par une lettre datée du 8 mai et adressée aux capitulaïres réunis à Barcelone que la volonté expresse du Souverain Pontife était que les Frères se plient plus strictement à l'observance de la Règle^ se conforment exactement à sa dernière Décrètale, revisent les Constitutions, corrigent les abus maintes fois dénoncés et ramènent à l'obéissance ceux qui ont troublé la paix 8.

Le 2 1 mai. Clément V fit lui-même des recommandations analogues, ajoutant qu'il fallait élire pour Ministre Général un religieux animé d'un zèle semblable à celui de Gonzalve de Valbonne, rempli de charité fraternelle envers les Spirituels qu'il ne fallait point éloigner systématiquement des charges s'ils en étaient dignes, enfin un VQligieux soucieux de sauvegarder l'unité de V Ordre 9. A ce trait on reconnaît que les idées d'Ubertin de Gasale n'avaient fait aucun progrès dans l'esprit de Clément V.

Alexandre d'Alexandrie fut élu Général (2 juin i3i3). Docteur en théologie. Provincial de la Terre de Labour, il avait assisté à tous les débats en qualité de défenseur de la Communauté. Il fit preuve aussitôt d'une grande obéissance au Souverain Pontife et travailla avec lui pour rendre à l'Ordre franciscain le calme et la paix.

son œuvre réformatrice et ajoute : (t Propter quod ab aliquibus fratribus plures persecutiones passus est. Qui anno Domini MCCCXIII, Parisius visitando diem clausit extremum, ^ suspensus in latrinis a perversissimis fratribus ut dicitur. » (Cf. Monumenta Ordinis, éd. Salam., 1506, Tract. III, fol. 213»"). Ni Alvaro Paez, son admirateur et son ami, (De Planctu Ecclesiae, fol. 220^) ni aucun autre écrivain du XIV^ siècle ne mentionnent cette triste fin. Les Firmamenta trium Ordinutn B. P. N. F. (Paris, 1512, la P., fol, XXXIIP) n'ont pas ce détail suspect.

8 Cf. Estitdios francescanos, t. XII, 1914, p. 125-128. • 9 Bull, fr., t. V, n" 212.

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