POUVOIRS DU CARDINAL PROTECTEUR
attaquent qu'ils ne peuvent repousser sans la force d'un bras ■protecteur ; c'est en cela surtout que tu dois apporter tous tes •5oins 10. »
Ces paroles de Nicolas III sont un témoignage de son estime et de son affection pour les fils de saint François ; elles font ■aussi allusion aux pouvoirs et à l'autorité du cardinal protecteur.
On se demanda vers le milieu du XI 11^ siècle de quelle nature •était la puissance du cardinal protecteur ? Devait-elle s'exercer ^ la manière de la juridiction épiscopale de telle sorte que le cardinal aurait été pour les Frères comme un Evêque diocésain, ou bien à la manière d'un Supérieur sur ses sujets ? « Ni î'un, ni l'autre, répondait Hugues de Digne, qui n'approuvait pas ces discussions inutiles, car ce serait la confusion des pou- -voirs et la perturbation de l'Ordre " . »
Des circonstances dans lesquelles le cardinal protecteur fut institué, des paroles de la Règle et du Testament de saint François que nous avons citées plus haut nous pouvons conclure que le cardinal protecteur avait pour mission : 1" de défendre l'Ordre des Mineurs contre ses ennemis du dehors ; ^o de veiller à ce qu'il reste soumis à l'Eglise et stable dans la foi catholique ; 3» de pourvoir à l'observance de la Règle.
Ce fut dans ces limites que s'exerça son rôle pour la période qui nous occupe (1209-1318). Grégoire IX, Alexandre IV, Nicolas III protégèrent énergiquement les Mineurs, contre les attaques de leurs adversaires. Ils n'eurent point à intervenir pour les maintenir dans la soumission à l'Eglise et les Supérieurs veillèrent eux-mêmes à la pureté de la doctrine en réprimant les manifestations du joachimisme et les erreurs de P. J. Olive et des Spirituels, Quanta l'observance de la Règle, l'action des cardinaux protecteurs se fit sentir surtout sur deux points : les rapports avec les Clarisses et la pratique de la pauvreté. Grégoire IX statua qu'aucune vente, aliénation ou mutation de biens ne pouvait se faire sans l'autorisation du cardinal
1° Saliubenb, p. 498 ; Philip. Per., ibid., p. 683. 11 H. DE Digne, Exp. super reg. F, M,, dans Monumenta Ordinis, <ëd. Salam.., 1.506, t. Ùl, f. 7^.
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protecteur. Innocent IV permit au frère préposé à la construGtion de la basilique d'Assise de recevoir les aumônes péGuniaireft et de les utiliser conformément aux ordres du Cardinal protecteur. Plus tard après la promulgation de la Bulle Ejçiit^ celui-ci fut aussi chargé de la nomination des Procureur», syndics la.
Urbain IV semble avoir eu l'intention de lui donner une. autorité plus grande et de lui conférer la liberté d'ordonner, de statuer, de faire par lui-même ou par d'autres, dans le domaine spirituel comme dans le domaine temporel, tout ce qui lut paraîtrait utile à l'Ordre.
Gaëtani, pas plus que ses prédécesseurs, alors qu'ils n'étaient que simples cardinaux, n'usa d'une aussi grande liberté.
Cependant les pouvoirs du cardinal protecteur furent légèrement amplifiés par Nicolas IV quand il défendit de fonder de nouvelles provinces ou d'instituer un Vicaire Général de l'Ordre à la mort du Ministre Général, ou de soumettre la basilique d'Assise et l'Eglise de la Portioncule à l'interdit, sans la permission du Pape ou du Cardinal protecteur (1288), mais cette extension de l'autorité des Protecteurs n'alla jamais jusqu'à les autoriser à s'immiscer dans les affaires intérieures, à interpréter la Règle ou à en dispenser «3.
Tous ils eurent une grande influence sur l'Ordre, ils contribuèrent efficacement à son développement et à sa prospérité, mais ils n'eurent jamais sur lui un pouvoir de juridiction proprement dite. Elle était toute entière entre les mains du Souverain Pontife à qui saint François l'avait assujetti sans aucun intermédiaire.
2» — Fottùtions des FrèréS Mineurs du service du Pape.
Le cardinal Hugolin se plaisait dans la compagnie des Frères Mineurs. Il eh fit ses familiers. Il aimait à visiter les pauvres fevêtu de leur habit. Devenu Pape, il continua de les chérir. Sefr
12 Bull. fr.. t. I, p. 666; t. Ill, p. 41^; Afthiv.fr. hist.^ t. Vil {igi^),.
p; 6i,'S49-5Sï-
13 Bull, fr., t. II, p. 467; t. IV, p. 20-22>