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AU SERVICE DU PAPE

Successeurs imitèrent soir exemple >4 et choisirent parmi eu* leurs chapelains et leurs pénitenciers »5. Ils ne se bornaient pas^ à; les admettre dans leur intimité à cause de l'édificatiôti dô leur vie sainte, mais sûrs de leur fidélité et de leur désin"téressement, ils leur confièrent des missions délicates dans les affaires politico-religieuses i6, et dans les affaires ecclésiastiques; l'Inquisition dirigée contre les hérétiques fut en certaines provinces remise entre leurs mains ; enfin, leurs mérites les appelèrent aux dignités ecclésiastiques les plus hautes.

Les Frères Mineurs agents du Saint-Siège dans les affaires ecclésiastiques. — Les chapelains et les pénitenciers vivaient à la cour pontificale ; ils la quittaient cependant ipour faire exécuter dans les régions les plus lointaines les ordres du Souverain- Pontife, pour s'informer sur place des difficultés qui surgissaient et les trancher au besoin 17. Les familiers du pape, chapelains ou

. . M On lit dans la vie d'Innocent IV écrite par son chapelain le Frère Mineur Nicolas de Carbio : « Faciebat etiam in Lugdunensi civitate magnas eleemosinas, praeter quotidianas, per manus fratres minores qui cum eo in caméra morabantur, quaerendo pauperes et infirmes per domos et hospitalia civitatis... Fratribus Minoribus cum qùibus in eorum loco ipse S. P. morabatur multa humanitatis et benignitatis bénéficia conferebat. Nam tanquam qui praepollebat humanitatis virtute, fratrem se gerebat cum ipsis fratribus, humilem cum humilibus, mansuetum cum mansuetis, ad cujus gremium dicti fratres secura fiducia nedum tanquait\ ad patrem, sed sicut ad matris ubera recurrebant. Qui quidem fovebat ipsos dulci ejus alloquio et sermone, et faciebat eis alimoniam et cuncta necessaria in tunicis et aliis ministrari tanquam suis dilectissimis uterîiiiSé » (Vita Innocenta papae IV, scripta a fratre N. de Curbio O. M.^ dânâ Baluze, Miscellanea, t. 1, p. 201 et 203.

. ^s Le P. L. Oliger a publié une liste des Pénitenciers franciscains pendant le XlIIe siècle, dans les Studi Francescani, an. 1925, p. 495-522.

i« Vide jnfra, App. III,

1' Guillaume de Cordelle, Pénitencier dé Grégoire IX, prédicateur de la Croisade en France, et collecteur des subsides, travaille aussi à la réconciliation du roi saint Louis et de l'évêque de Beauvais dont les droits avaient été violés (1236) (Bull, fr., t. I, p. 203 ; Fr. p., t. IV, 1921, p. 62 ; Hefele-Lelerôq, Conciles, t. V, 2* partie, p. 1563-1565). Didier, Pénitencier d'Innocent IV, amène à résipiscence et absout le vaillant fOi d'Arûgon, Jacques I«' (1213-1276), conquérant des îles Baléqr.es et . du royaiume de Valence, qui avait fait couper la langue

pénitenciers n'étaient point seuls investis de ces missions de confiance. Dès qu'une affaire en un point quelconque de la chrétienté, nécessitait son intervention, le Souverain Pontife savait qu'il pouvait compter sur deux milices dévouées : celle •des Prêcheurs et celle des Mineurs, et il déléguait immédiatement soit le Prieur des Dominicains, soit le Gardien des Franciscains, quelquefois les deux ensemble avec d'autres perr sonnages ecclésiastiques. Les négociations les plus importantes étaient confiées à des cardinaux ou à des évêques, et le pape donnait alors à ces légats le droit de prendre parmi les frères

à son confesseur Bérenger, évêque de Gérone, O, P., qu'il accusait •d'avoir révélé un secret de confession et qu'il voulait bannir de son royaume (1246) (Bull, fr., t. I, p. 416-418 ; Estudios Francescanos, t. I (1907), p. 90, 148-151). — Didier eut une autre mission en Castille et en Portugal (1247-1248). Bull, fr., t. I, p. 454 s., 507 s. ; Lopez, La Promncia de Espana, p. 380-388).

Gérard de Prato, Pénitencier d'Urbain IV, Jean de Samois, Pénitencier <le Nicolas III et de Boniface VIII, Alvaro Paes, Pénitencier de Clément V et de Jean XXII, sont aussi parmi les plus célèbres de cette époque. Mais celui dont l'activité caractérise le mieux la vie dé ces serviteurs du Saint-Siège est peut-être le frère Velasco, Pénitencier d'Innocent IV et d'Alexandre IV que ses missions portèrent à travers l'Europe entière. En mai 1253, il fait à Cortone une enquête sur l'absolution donnée à frère Elie (Lempp, Elie de Cortone, p. 179-187). La même année, il part en Bohême pour faire la paix entre Bêla, roi de Hongrie et Wenceslas, roi de Bohême, et négocier le mariage du fils de celui-ci ^vec la fille du duc d'Autriche (Bull, fr., t. I, p. 663-665). L'année suivante ilest en Espagne muni d'instructions secrètes pour les rois de Castille^ •d'Aragon et de Portugal, chargé en outre d'obtenir d'Alphonse X de Castille la restitution des sommes prêtées à son père par le Saint-Siège, •de relever certains clercs de leurs irrégularités, de recueillir dans ces régions et de mettre en lieu sûr toutes les choses qui appartiennent à l'Eglise (Bull, fr., t. I, p. 738, 746 s.). En 1259, il est envoyé en Angleterre pour faire rendre justice à l 'évêque élu de Winchester, Adhémar de Lusignan, que les barons ont expulsé du royaume ; après enquêté Velasco reconnaît que le Pape a été trompé par Adhémar qui, en conséquence, ne fut pas intronisé et mourut à Paris l'année suivante (Bull, fr., t. II, p. 319-323 ; Ex floribus Histor. Matth. West., Ed. Luard t. II,p. 432 s. ; Ch. BÉMONT, Simon de Montfort. Paris, 1884, p. 94, 145 s ," 168-173). Urbain IV envoie Velasco à Manfred (1262) pour l'arrêter dans ses entreprises contre l'Eglise (Bull, fr., t. II, p. 453-455). Il est promu en 1265 par Clément IV au siège épiscopal de Famagouste (Chypre) (Bull, fr., t. III, p. 29 s.); transféré en 1267 à celui d'Idanna (Portugal), il mourut à Rome en 1278. (Ibid., p. 128, 203, 236, 360, 370 ; Biblioteca, t. II, p. 399 s.). Revista franciscana (1908), p. 207-210, 231.

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