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PREMIERS TRAVAUX APOSTOLIQUES

sur les côtes de l'IUyrie. Gomme aucun départ ne pouvait plus avoir lieu pour l'Orient, François revient à Ancône et rentre à la Portioncule (hiver 12 12-1 21 3), accompagné de nouveaux disciples '^v

Il reprend aussitôt ses courses apostoliques. Le 8 mai 121 3, il se trouve à Montefeltro, dans le Comté d'Urbino. C'est là que le Comte Orlando dei Cattanei lui fait don de la montagne de l'Alverne pour y bâtir un couvent. François accepte et charge deux Frères d'examiner les lieux et de s'occuper de la construction '3. Quant à lui, brûlant toujours du désir du martyre, il décide d'aller évangéliser les Maures, sur qui les chrétiens venaient de remporter la célèbre victoire de las Navas de Tolosa (juillet 1212).. Parvenu en Espagne avec Bernard de Quintavalle et quel-

Bihlioteca, t. I, p. 122 s.). — Wadding, à la suite de Mariano de Florence^ dit que François, avant d'entreprendre son voyage en Syrie, se rendit à. Rome pour s'entretenir avec le Pape de l'état de son Ordre et demander la permission de partir. C'est pendant ce voyage qu'il aurait fait la rencontre de l'illustre bienfaitrice des Frères Mineurs, Jacqueline de Settesoli. Celle-ci aurait obtenu des Bénédictins de Saint-Côme in Trastevere la concession de quelques bâtiments pour servir de couvent aux Frères Mineurs, le couvent actuellement connu sous le nom de San Francesco a Ripa. Ces choses sont très vraisemblables; cependant, les premiers historiens n'en parlent) pas, et quand François est de passage à Rome en 1223, il est hospitalisé chez le cardinal Léon Brancaleone. (Cf. II Cel. 119). On' voit aussi frère Egide demeurer quelque temps chez les Camaldules des Santi Quattro au Coelius (Chron., XXIV Gen., dans Anal. Fr., t. III, p. 81). Les Frères n'avaient donc pas encore de domicile fixe à Rome. En tout cas, ce ne fut que plus tard, après la mort de François, que l'hospice de Saint-Biaise leur fut abandonné, comme il ressort clairement de la BuUei de Grégoire IX, du 23 juillet 1229 (cf. Bull, fr., t. I, p, 50; Ed. d'Alençon, Fr. Jacqueline, p. 13-14; P. Sabatier, Examen critique des récits concernant la visite de Jacqueline de Settesoli à S. François, dans Op. crit. hist., t. II, p. 289 s.; Arch. fr. hist., t. III (1910), p. 583-585.

12 I Cel. 55 ; Leg. maj., IX, 5.

13 Cf. Z. Lazzeri O. m. L'atto di conferma délia donazione délia Verna, dans La Verna, Ricordo del settimo centenario, Arezzo, 1913, p. 7-29; S. Mencherini, O. m., Codice diplomatico délia Verna..., Firenze^

ÏO CHAPITRE I

ques autres compagnons, la maladie le contraint à interrompre son voyage et à revenir en Italie »4.

Le laps de temps qui s'écoule depuis le retour d'Espagne jusqu'en 1216 est l'époque la plus obscure de la vie de saint François. Il n'est pas douteux qu'il continua de prêcher autant que ses forces le lui permirent. On peut admettre qu'en i2i5 il se rendit à Rome, où se tenait le quatrième Concile œcuménique de Latran. C'est alors qu'il se serait rencontré avec saint Dominique, qui venait solliciter l'approbation pontificale pour son Ordre des Frères Prêcheurs ^s.

Le Concile avait été ouvert au mois de novembre 121 5. Les délibérations portèrent sur les préparatifs d'une nouvelle Croisade, sur l'union des Eglises grecque et latine, sur la discipline, sur la condamnation des hérésies nouvelles et sur la fondation des Ordres religieux. Le XI 11^ Canon statua qu'à l'avenir aucun Ordre religieux nouveau ne pourrait être institué et que quiconque voudrait fonder un institut religieux devrait choisir la Règle d'un des Ordres déjà approuvés. Saint Dominique dut donc repartir sans la confirmation qu'il demandait. Quant à l'Ordre des Frères Mineurs, le Souverain Pontife annonça au Concile qu'il l'avait déjà approuvé verbalement 16.

1* Th. DE Celano, Tract, de Mirac, n" 34; Ernest-Marie de Beaulieu, O. M. C, Le voyage de saint François en Espagne, dans Et. Fr., XV (1916), p. 384-399; A. LoPEz, O. M., Viaje de S, Fr. a Espana, dans Arch. Ib. Amer., t. I (1914), p. 13-45, 257-289, 433-469-

15 Cf, Monumenta Ordinis Praedicatorutn, vol. II, fasc. I, Romae. 1897, p. 7 ss.; ActOi SS., Aug. I, p. 442, 576; Octobr. II, p. 605; J. Gui- .HAUD St. Dominique. 5^ éd. p. 78; Mise. fr. t. IX (1902), p. 13-15.

i<^ La présence de saint François au XII® Concile œcuménique, IV® de Latran, contestée par A. Luchaire (Innocent III, le Concile de Latran ■et la réforme de l'Eglise, Paris, 1908, p. 50) et par B. Altaner {Beziehungen des hl, Dominikus zum hl. Fr. v. A., dans Franz. St., t. IX, 1922, p. 9-18) est rendue vraisemblable par le texte de la Légenda antiqua publié par le P. F. M. Delorme O. M. {Arch. fr. hist. t. XV, 1922, p'. 311). Voir aussi L. Oliger O. M. compte-rendu de Life of S. Fr. .of A. du' P. Cutbbert O. M. C. dans Arch. fr. hist. t. VI (1913), p- 34i-

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