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LES F. M. ET LA RÉFORME DU CLERGÉ

nombre demandaient à revêtir leur habit. D'ailleurs l'enseignement dans leurs collèges était accessible aux étudiants du dehors et gratuit. Les Maîtres séculiers, appréciant tous les avantages, toutes les facilités pour l'étude et pour la subsistance offerts par les cloîtres des 'religieux, comprirent qu'il fallait multiplier les collèges ouverts aux étudiants pauvres afin de faire une dérivation au courant qui entraînait vers les Mendiants la jeunesse universitaire. C'est en partie à cette nécessité, qu'aux anciens et pauvres collèges fondés à Paris dès la fin du XII^ siècle ou au commencement du XIII®, s'ajouta la fondation de nouveaux collèges et notamment de la célèbre « Maison de Sorbonne » (1257)72.

Enfin, comme tous les défenseurs des Mendiants, saint Bonaventure en tête, fondaient une des preuves, de la nécessité et de la légitimité de leur ministère apostolique sur l'indignité et l'ignorance d'un trop grand nombre de clercs, comme la masse des fidèles reconnaissant les vertus et les mérites des réguliers affluait dans leurs églises,bon gré mal gré,sous les coups de fouet de leurs critiques, sous la menace de leur concurrence, sous le rayonnement de leur exemple, sous l'aiguillon des controverses avec l'Université, le clergé séculier fut contraint de songer à la réforme de sa vie. Il a déserté le devoir de la prédication au point qu'elle est affermée en certains diocèses à des groupes de laïcs, et il s'irrite, et il crie à l'usurpation quand il voit les Mendiants rassembler dans leurs chapelles, sur la place publique ou dans ses églises des foules avides d'entendre une parole évangélique. Ses récriminations ne l'avancent guère et le droit de prêcher s'étend peu à peu à tous les moines v^. De gré ou de force, il est bien obligé de reconnaître ce droit nouveau. Il lui faut aussi se rendre capable d'accomplir luimême son devoir d'enseignement et de conformer sa vie à sa doctrine pour reconquérir l'affection du peuple, il s'emporte et il proteste quand il voit des moines qui, d'après la

''2 Cf. Chartularium, t. I, n° 302 ; P. Féret, La Faculté de théologie de Paris, t. II (1895), p. 2-6.

^3 JVe studium adressé le 28 janvier 1254 par Innocent IV aux Cisterciens établis à Paris {Bull, jr., t. I, p. 693).

tradition, ne devraient être occupés qu'au travail des mains et à la prière liturgique, se livrer à l'étude et à l'enseignement de la théologie, attirer autour de leurs chaires la plus grande partie de la jeunesse studieuse. Ses protestations n'arrêtent pas Iç mouvement. Trinitaires (après i23i), Cisterciens (vers 1245), Prémontrés (1252), Augustins (1259), Clunistes (1260) et Carmes (1260) entrent dans les Universités 74, et lui-même, de gré ou de force, il est bien obligé d'emboîter le pas, de secouer son ignorance et de se rendre apte comme les Prêcheurs et les Mineurs à donner la répliqué à l'hérésie.

Cette œuvre salutaire de réforme ecclésiastique accomplie par les Dominicains et les Franciscains était si manifeste et si féconde qu'elle leur valut, dans les rangs du clergé, des amitiés qui ne se démentirent jamais. Les démêlés, les controverses, les procès sont loin de résumer les relations entre les clercs séculiers et les Ordres mendiants.

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