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LES AMIS DES FRÈRES MINEURS

Ordres mendiants — manifestaient leur bienveillance en favorisant de tout leur pouvoir l'établissement des frères dans leurs diocèses ; ils stimulaient la générosité des fidèles en concédant des indulgences à ceux qui contribuaient à la construction de leurs églises et couvents ; ils leur faisaient eux-mêmes d'abondantes largesses /5. Ils ne leur mesuraient pas parcimonieusement les permissions de prêcher et de confesser ; bien plus ils engageaient leurs ouailles à assister à leurs prédications en octroyant aux prédicateurs le droit d'accorder des indulgences à leurs auditeurs 76.

C'était parmi ces prélats, amis des Frères, que le pape choisissait les dévoués conservateurs de leurs privilèges.

Dans la première moitié du XlIIe siècle, après le nom de Jacques de Vitry évêque de Saint-Jean d'Acre, ' puis cardinal

76 Tels Guillaume, archevêque de Milan (1230-1241) (Arch. fr. hist. '.V, 1911, p. 657); S. Engelbert, archevêque de Cologne (1216-25) (P- ÎCHLAGER, O. F. M. Beitràge z. Gesch. Kôln. Franz. Ordensprov. im ^ittelalter, Kôln, 1904, p. 263); Siegfried, évêque de Mayence (1230- 249 (P. ScHLAGER, Gesch. der Kôln. Franz. Ordensprov. wàhrend des ieformationszeit, Regensburg, 1909, p. 291 s.) ; Guillaume d'Auvergne, ivêque de Paris (1228-1249) (N. Valois, Guil. d'A., Paris, 1880, p. loi, ité dans Arch. fr. hist., t. X, 1917, p. 301 s.); Adam de Chambly, évêque e Senlis (1228-1258) (Arch. fr. hist., t. X, p. 299 s.); Robert de Torotte, év. Langres, puis de Liège (Hist. litt. fr. t. XVIII, p. 345); Laurent, év. e S. Paul Trois Châteaux (1245) (U. Chevalier, Regest. Dauphinois, . II, N» 8220, Gall. Christ, nova, t. IV, p. 161); Berthold, év. de Bâle 1250) (Greiderer, Germania franciscana, 1781, p. 589); Berenguer de ■ 'alon, év. de Barcelone (1240) ; Guillaume, év. de Gérone (1227-1245) ; 'ierre, év. de Tarragone (1238-1251) ; Rodrigue, év. de Sarragosse (1244- 248) (A. LoPEZ, La Provincia de Espana, p. 202, 347, 393). 76 Tels : Henri, év. de Constance (1243) et Henri, év. de Strasbourg 1245) (C. EuBEL, Geschichte der oherdeutsch. Minoritenprovinz, 1886, . 26), Berthold, év. de Passau (1251) (Friess, Gesch. der oesterr. Mioritenprovinz, p. 187). — Frédéric Visconti, archevêque de Pise (1254- 277) favorisait la prédication des Mendiants en ces termes : « Diximus im quod vocat Dominus unum hominem ad operam penitentie per alium aminem spiritualem. Secundo dicamus quomodo vocat per prelatum redicantem seu pe^ alios, qui predicant Verbum Dei, qui tune sunt loco relati. Coadjutores enim sunt prelatorum et propter hoc debent ab abbabus, a plebanis et capellanis et populis nostris plurimum honorari et ;vote audiri sicut persona quando veniunt predicare per civitatem vel ocesim nostram.. (R. Davidsohn, Forschungen zur Gesch. von Florenz, erter Teil, Berlin 1908, p. 86.)

évêque de Frascati et patriarche de Jérusalem, dont nous avons si souvent invoqué le témoignage, le nom de Robert Grossetête, évêque de Lincoln (i235-i253), mérite une mention spéciale comme ami et bienfaiteur des frères. Robert était le Chancelier et le Maître le plus renommé de l'Université d'Oxford quand les frères y arrivèrent en 1224. C'est lui qui engagea le Provincial Agnello de Pise à ouvrir une école dans le couvent ; il y professa pendant douze ans et y composa le plus grand nombre de ses ouvrages. Devenu successivement archidiacre de Chester, puis de Wilts au diocèse de Salisbury, de Northampton au diocèse de Lincoln, de Leicester, etc., il ne cessa pas d'être le père de ce studium qu'il avait fondé. Promu à l'évêché de Lincoln dont dépendait l'Université d'Oxford, son amour et sa sollicitude pour les Franciscains ne firent que grandir à ce point, qu'il eût voulu entrer dans leur Ordre. Il ne mit pas son projet à exécution pour mieux les protéger et pour affermir plus solidement leur crédit parmi le peuple, les princes et le clergé. Il avoue dans une lettre au Ministre général, Elie de Cortone, qu'il n'a rien ni personne de plus cher au monde que les Mineurs. Aussi le conjure-t-il de vouloir bien lui permettre de garder auprès de lui deux ou quatre frères. Il s'adresse avec d'aussi vives instances au Provincial d'Angleterre, et à son intime ami, Adam de Marsch, pour qu'ils lui envoient quelques religieux dont la présences lui est très nécessaire ainsi qu'à son Eglise. Il ne croyait pas rendre de plus signalé service à ses frères dans l'épiscopat que de recommander les Franciscains à leur bienveillance, ou d'en demander pour eux au Souverain Pontife. L'évêque de Coventry, Lichfield, s'opposant à l'établissement des Franciscains à Chester parce qu'il possédait déjà des Dominicains, il lui écrit de ne pas persister dans son opposition, et fait ressortir les services rendus par les Mineurs pour l'édification du peuple et pour le maintien de la paix. Les aumônes, ajoute-t-il, ne manqueront jamais. Il les mettait au premier rang comme prédicateurs et confesseurs. Leur exemple seul, disait-il, est pour le peuple et pour les prêtres le stimulant le plus actif à faire le bien ; il est le remède le plus efficace aux

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