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LES GRANDES MISSIONS I

On ne sait rien de certain sur ce que fit saint François du mois d'août 1216 à la Pentecôte 1217. Le Chapitre de cette année 1217 fut marqué par deux mesures importantes : Vinstitution des Provinces et des Ministres Provinciaux, et l'organisation des premières grandes Missions hors de ritalie et en Orient '9.

François choisit, pour champ de son apostolat, la France. S'étant donc adjoint quelques compagnons, il se mit en route vers le pays d'où il avait reçu son nom, et qu'il aimait à cause de son esprit catholique et de sa grande dévotion envers la Sainte Eucharistie. A Florence, il apprit la présence dans cette ville du Légat pontifical, le cardinal Hugolin. Le cardinal et le Saint n'étaient pas encore unis par cette amitié, qui plus tard, les lia si intimement l'un à l'autre, mais déjà ils se connaissaient; le renom de sainteté de François lui avait concilié l'affection du Prélat, Celui-ci se recommanda humblement à ses prières et lui offrit en échange sa protection. Le cardinal devint ainsi le conseiller affectueux et dévoué du jeune fondateur qu'il dissuada de continuer son voyage au-delà des Alpes. Docilement François reprit le chemin d'Assise et recommença ses prédications dans la Péninsule.

Quant aux Frères qui avaient été envoyés en Espagne, en France et en Allemagne, ils revinrent découragés. Hugolin l'apprit. Il se rendit aussitôt avec François auprès d'Honorius ïll, lequel consentit volontiers à lui donner officiellement le titre de protecteur et défenseur des Frères Mineurs. Ces événements s'étaient passés probablement au cours de Tannée 1218, et certainement avant ce Chapitre si

l'origine du célèbre Pardon de la Portioncule ». Voir aussi Arch. fr. hist., t. I (1908), p. 653, n. 2; t. IX (1916), p. 237-293. Sur les Roses de la Portioncule, cf. Mise. Franc. T. XVIII (igi?), p. 1-7.

19 Biblioteca, t. I, p. 87 s.; cf. A. Callebaut, O. M., Autour de la rencontre à Florence de S. Fr. et du cardinal Hugolin (été' de 1217), dans Archiv. fr. hist.. t. XIX (1926), p. 530-558.

important de 1219, qui est connu dans l'histoire sous le nom de Chapitre des Nattes 20. Les missions y furent une fois encore organisées, avec de nouveaux missionnaires. Ceux-ci partirent dans toutes les directions, l'Allemagne et l'Angleterre exceptées.

Le Saint n'avait pas renoncé à prêcher la foi aux infidèles. Il décida de suivre la nouvelle croisade, dont Honorius III avait dirigé tout TefFort vers l'Egypte, et transmit ses pouvoirs à deux Vicaires généraux : Mathieu de Narni et Grégoire de Naples. Le premier devait rester à la Portioncule, y recevoir les postulants et former les novices ; le second devait parcourir l'Italie et visiter les Frères. Luimême, avec plusieurs compagnons, dont Pierre de Catane et Illuminé de Rieti, s'embarqua à Ancône. A peine arrivé

20 Thomas de Celano parle en trois endroits différents de la demande du cardinal Hugolin comme protecteur, et jamais il n'indique à quelle occasion cette demande fut faite (Cf. I Cel. 73-75, 99-101; II Cel. 25). Jourdain de Giano (Giano, p. 14) la met après le retour d'Egypte (1220). Le vieux» chroniqueur a peut-être raison. En tout cas, il est assez naturel que François ait demandé un Cardinal comme protecteur et défenseur contre les ennemis du dehors après l'échec des premières missions; plus tard, après les troubles intérieurs, auxquels nous allons assister, il retourna sans doute devant Honorius III pour luî demander d'étendre l'autorité du Cardinal protecteur, et d'en faire aussi le correcteur de l'Ordre. Glassberger, qui utilise la Leg. Tr. Soc, la Chronique des XXIV Généraux et celle de J. de Giano, s'efforce d'harmoniser leurs récits. Il raconte les deux demandes en faisant dire à saint François pour la seconde demande : « Dominutn Hostiensem quem mïhi PRIUS dedisti n (An. fr. t. II, p. 17). — Les auteurs qui suivent Jourdain de Giano et placent la demande du Cardinal Protecteur après le retour d'Egypte (1220) sont obligés de conduire François soit à Viterbe (Schnûrer, Francesco d'Assisi, p. 112), soit à Orvieto (Sabatier, Vie de S. F., p. 278), alors que II Cel. 25 nous dit que la demande eut lieu à Rome»

Nous n'avons aucun renseignement sur le Chapitre Général de 12 18. En organisant des missions lointaines, on décida peut-être que les Chapitre? qui, jusqu'alors se tenaient à la Pentecôte et à la St-Michel, ne réuniraient plus les Frères en assemblées générales que tous les deux ans, le- Chapitre annuel réunissant seulement les religieux des provinces d'Italie. Aucun texte n'autorise cette hypothèse, mais en fait, du temps de saint François, on ne connaît que les Chapitre généraux de 1217, 12 19, 1221, 1224. A partir de 1221, les Chapitres généraux seront convoqués, tous les trois ans.

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