SAINT FRANÇOIS EN EGYPTE I
en Egypte, il s'efforça de faire l'union parmi les Croisés qui,, repoussant ses conseils, furent battus le 9 août 1219.
Trois mois plus tard ils étaient vainqueurs et s'emparaient de Damiette (5 novembre 1219). Dans le partage des différents quartiers de la ville ils assignèrent une église avec maison adjacente aux Frères Mineurs compagnons de saint François. Mais le Saint qui n'avait pas réussi à convertir le sultan Malek-el-Kamel 21 ^ indigné de leur conduite^ les quitta, dit une tradition que rien ne contredit, pour visiter les Lieux-Saints. Là, un Frère venu d'Italie l'avertit des troubles suscités par l'administration des deux Vicaires généraux et par les changements qu'ils tentaient d'introduire dans la vie des Frères Mineurs. Ces nouvelles alarmantes le décidèrent à retourner en Italie. Ce qu'il fit en emmenant avec lui Pierre de Catane, Elle, Césaire de Spire et quelques autres -^.
21 Cf. N. Jacopozzi, O. m., Dove sia avvenuta la visita di S. Francesco d'Assisi al Sultatto Malek-el-Kamel, dans Frate Francesco, t. II, 1925, p. 379-393; L. Lemmens, O. m., De S. Fr. Christum praedicante coratn sultano jEgypti, dans Arch. fr. hist., t. XIX (1926), p. 559-578; G. GoLUBOViCH, O. M., San Francesco e i Franciscani in Damiata (dans Stud. fr., juillet-décembre 1926, p. 307-328) corrige son opinion première sur le retour de saint François; voir note suivante.
22 Cf. GiANo, p. 13-15. — Quelle est la date de ce retour en Italie ? Nous savons, par la lettre de Jacques de Vitry, datée de Damiette (cf. Biblioteca, t. I, p. 6-8), et par VEstôire d'Eraclès (ibid., p. 14), que François assista à l'entrée solennelle des Croisés dans Damiette (2 février 1220). Une tradition, confirmée par VEstoire d'Eraclès et rapportée par Ange de Clareno dans sa Chronique des tribulations (Biblioteca, t. I, p. 51), nous apprend également qu'il visita la Palestine où le F. Etienne vint le retrouver et lui apprendre les agissements de ses vicaires. Le P. G. Golubovich, qui fait autorité .en la matière, place le retour de saint François en mars-avril 122 1 (Biblioteca, t. I, p. 97). Mais nous savons par II Cel^ 143 que Pierre de Catane fut nommé Ministre général par saint François lui-même pendant un Chapitre. Ce ne peut être pendant le Chapitre de 122 1, puisque Pierre de Catane mourut en mars 122 1. Ce fut donc au Chapitre de la Saint-Michel, et le retour de saint François eut lieu probablement avant le 29 septembre 1220. — • Les origines de frère Elie sont assez obscures. Salimbene fut reçu par lui dans l'Ordre. Son nom de famille serait : Bonusbaro ou Bombarone. La date de sa naissance est inconnue. Beviglio, petit bourg à trois-quarts d'heure d'Assise,
a 6 CHAPITRE I
L'inquiétude et la peine que François ressentit en apprenant les modifications qu'on avait eu l'audace de faire subir à son œuvre, durent être grandes, car, dès son retour en Italie, nous dit Jourdain de Giano, s'étant complètement informé de ce qui s'était passé pendant son absence, il se rendit directement, non pas auprès des perturbateurs, mais auprès du Pape.
Sa première requête fut de lui demander quelqu'un pour l'assister en son nom dans le gouvernement de l'Ordre. A cet effet, Honorius désigna le cardinal Hugolin qui déjà avait été choisi pour le protéger contre l'hostilité des Prélats. François lui confia aussitôt sa peine, et le pria de supprimer toutes les innovations introduites en son absence. Satisfaction lui fut donnée, mais cette rude épreuve lui avait révélé le besoin qu'avait son Ordre d'une organisation plus forte. Accablé d'infirmités, il se sentait impuissant à la réaliser. Au Chapitre de la Saint-Michel (2g septembre) de cette même année 1220 probablement, il donna sadémis-
lui aurait donné le jour. Cf. Fr. Pennachi, Frate EUa da Assisi, dans Frate Francesco, t. I, 1924, p. 393-410. Les . écrivains au XIV« siècle l'appellent EUe d'Assise; plus tard, au XVII^ siècle, Elie de Cortone. ■G. Garzi (La patria di Frate EUa, Cortona, 1908) revendique Cortone comme lieu de naissance d'Elie. D'une humble et pauvre famille, il gagnait ;sa vie en cousant des matelas et en apprenant aux enfants à lire le psautier. Il alla à Bologne, et mit à profit son séjour, dans la ville universitaire, si iDien que Bernard de Besse pourra plus tard écrire de lui : « Helias, vir adeo in sapientia humana famosus, ut raros in ea pares in Italia putaretur hahere ». (An, fr., t. III, p. 695. )Et Thomas d'Eccleston, qui ne lui est pourtant pas favorable : <( Quis in universo christianitatis orbe vel gratiosior, vel famosior quant Helias ? » (Eccleston, p. 36). On ne sait exactement à quelle époque ni à quelle occasion il entra dans l'Ordre. Wadding affirme que ce fut en 12 11 aux Celle, près de Cortone. Doué de qualités exceptionnelles, il gagna vite la confiance de François, et sa conduite dut être sainte et édifiante, puisqu'il mérita d'être nommé Ministre provincial de Syrie (1217-1221). Sur ses relations avec saint François, cf. An. Boll., t. XXII, p. 195-202. — Césaire de Spire prit l'habit en Syrie des mains du Frère Elie. Il était déjà prêtre et prédicateur fameux parmi les Croisés (GiANO, n° 9 ; Biblioteca, t. I, p. 117). Sur Frère Elie, cf. E. Lempp, Fr. Elie de Cortone, Paris, 1901, dont les jugements sont souvent discutables.