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FRANCE ET CASTILLE

tion. Ceux-là s'appuyaient sur Robert roi de Naples pour combattre la domination allemande. Jean XXII choisit comme pacificateurs de ces contrée? Bernard Gui et Bertrand de la Tour. Us parcoururent toute l'Italie septentrionale. Le peuple les accueillit avec joie, mais ils se heurtèrent à la mauvaise volonté de Matteo Visconti qui s'était rendu maître de Milan, de Can Grande délia Scala à Vérone et de Passerino Bonaccolsi à Mantoue qui tous deux s'attribuaient le titre de Vicaires impériaux et refusaient la délivrance des prisonniers guelfes. Les deux légats adressèrent des rapports au pape. Ils y décrivaient le triste état de ces régions et indiquaient les remèdes : instituer un royaume héréditaire et lombard en Lombardie et, pour préserver la Romagne, pourvoir les villes de gouverneurs intègres. Jean XXII fît alliance a\^éc Robert roi de Naples. Mais les Gibelins demeurèrent puissants. A Milan, Matteo Visconti fit élire un de ses parents, Jean Visconti, comme archevêque ; le pape lui préféra le Frère Mineur Aycard d'Antimiano, plus digne d'occuper ce siège (29 janvier iSiy). Aycard ne put en prendre possession et les légats excomunièrent Matteo. Son fils Galéas continua sa politique qui finit par intimider les Dominicains. Aycard indomptable ne réussit à entrer dans son diocèse qu'en i33g 16.

Tentatives de réconciliation entre la France et la Castille. — Alphonse X de Castille s'était brouillé avec le roi de France, Philippe le Hardi, à propos des « Infants de Lacerda ». Une

18 Cf. S. RiEZLER, Vatikanische Akten zur deutschen Geschichte in der zeit K. Lud. des Bayern, Innsbruck, 1891, p. 22-39. — Mortier, Histoire des Maîtres généraux des Frères Prêcheurs, t. II, p. 542, qui se trompe en écrivant qu'il y eut échange d'évêché entre J. Visconti, promu à Novare, et Aycard. Cf. Saxius, Archiepisc. Mediol. Ser., t. II, p. 780-792 ; K. EuBEL, Hier. Med. Aevi, Bull, fr., t. V, N° 285 et p. 126, n. 5. — Sur la légation de Bertrand de la Tour, voir aussi Bull, fr., t. V, Nos 243, 253 s. ; Biblioteca, t. II, p. 189 ; Martin-Chabot, Un document des Archives de Pise, dans la Rev. Hist. EccL, Louvain, 1921, p. 347 ; AcH. Ratti, aujourd'hui S. S. Pie XI, Le Condizioni politicoreligiose deW Italia superiore nella relazione inedita di Bertrando délia Torre e Bernardo Gui legati apostoloci (an. 1317) ed altri documenti contemporanei, dans R. Istituto Lombardo di Scienze e Lettere. Rendiconti. Série II, vol. XXXV, citation d'après N. Malvezzi, Pio XI, nei suoi scritti, Milano, 1923, p. 81-84.

guerre était imminente. Jean XXI voulut l'éviter par un arbitrage qu'il confia aux Généraux des Prêcheurs et des Mineurs, Jean de Verceil, et Jérôme d'Ascoli. A la mort de Jean XXI, le Collège des Cardinaux félicita les deux Légats de leur activité, et Nicolas III, aussitôt après son élection, les confirma dans cette mission, qui se heurtait au mauvais vouloir du roi de Castille. Il leur adjoignit, en outre, Jean Verreschi, Frère Prêcheur, qui devait se rendre auprès de Philippe III, et le Frère Mineur Bienvenu, plus tard évêque de Gubbio, qui devait vaincre les résistances d'Alphonse X. Bienvenu échoua complètement. Nicolas rappela alors ses légats, après avoir élevé Jean de Verceil au patriarchat de Jérusalem, et donné le chapeau de Cardinal à Jérôme d'Ascoli, Pendant tout le temps de son séjour en France, Jérôme, contrairement anx habitudes des légats, avait refusé les subsides que les églises devaient régulièrement fournir 17,

Paix entre la France et T Angleterre {i25ç et isçç). — Frère Mansueto fut à Paris et à Londres l'artisan actif du Traité de i25g, qui rétablissait la paix entre saint Louis, vainqueur à Taillebourg, et Henri III, roi d'Angleterre. Alexandre IV tenait beaucoup à cette paix dans l'intérêt de la conquête de la Sicile, offerte à cette époque à Edmond, fils du roi d'Angleterre. Après des pourparlers infructueux auxquels Adam de Marsh avait pris part, Henri III se décida enfin, sur les instances réitérées de Mansueto, à envoyer des ambassadeurs à Paris. Mansueto les accompagna et collabora à toutes les conférences. Le traité fut conclu à Paris le 28 mai i258, et fut scellé du sceau de Frère Eudes Rigaud, Archevêque de Rouen. Conseiller de saint Louis, Eudes Rigaud avait, en effet, participé à toutes les délibérations du Traité ; c'est lui aussi qui en fit la lecture au moment de la ratification solennelle le 4 décem-

17 Bull. fr.. t. III, p. 248-251, 267-274, 279-282, 365-368 ; Wadding, Annales, t. V, p. 15, 46-49, 437-441 ; Ch. V. Langlois, Le règne de Phù lippe le Hardi, Paris, 1887, p. 15-24 ; G. Daumet, Mémoire sur les relations de la France et de la Castille (12^2-1320), Paris, 1914, p. 53-63, 164-166 ; Mortier, op. cit., t. II, p. 148-160. — Le projet de trêve rédigé par Jean de Verceil et Jérôme d'Ascoli se trouve aux Archives Nationales de Paris, J. 915, N" 12.

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