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FRANCE ET ANGLETERRE

brè 1259, et en poursuivit l'exécution à Londres l'année suivante 18,

Ce traité, où Louis IX fit preuve d'un désintéressement inouï, valut au saint roi une autorité morale considérable dans toute la chrétienté, et procura aux deux pays plus de quarante ans de tranquillité. Mais vers la fin de 1293, les rapports entre les deux cours n'avaient plus rien d'amical. En 1294, Edouard envoya à Philippe le Bel le Dominicain Hugues de Manchester et le Franciscain Guillaume de Gainsborough pour retirer solennellement en son nom l'hommage qu'il lui devait en vertu du traité de 1259. La guerre commença en Gascogne (décembre 1294). Tandis que Philippe le Bel soutenait la révolte des Ecossais contre le roi d'Angleterre, celui-ci cherchait des alliéssur le continent. L'Empereur d'Allemagne, Adolphe de Nassau, fut détourné de cette alliance par Gentile, Frère Mineur, évêque de Reggio, et nonce du Pape (1295). Au contraire. Gui de Dampierre, Comte de Flandre, impatient de secouer la suzeraineté du roi de France, accepta les avances du roi d'Angleterre (2 février 1297), et la Flandre fut envahie par les troupes de- Philippe le Bel, qui avait repoussé la médiation de Boniface VI IL C'est dans ces conditions délicates que Nicolas Boccasini, Général des Frères Prêcheurs, futur Benoît XI, et Jean Minio de Morrovalle, Général des Frères Mineurs, furent députés (25 août 1297) par le Pape afin de s'interposer entre les belligérants, pendant que Matthieu d'Acquasparta défendait à la cour romaine la cause des Flamands. Boccasini et Morrovalle réussirent à faire prolonger un armistice signé le 9 octobre 1297, puis à le transformer le 27 juin 1298, en une trêve de deux ans qui fut

18 M. GAVRiLOViTCH,£fMdc sur le traité de Paris de 125g, p. 18-38 ; Rymer, Foedera, P. I, p. 21, 358, 376. — C'est sans doute à cette occasion que le roi de France donna à Mansueto une épine de la Sainte Couronne et une parcelle de la Vraie Croix (Arch. fr. hist., t. X, 1917, p. 330 s. ; Salimbene, p. 42, 454, 556). Ce traité qui satisfaisait la. conscience royale de saint Louis, mécontenta l'opinion publique en France et en Angleterre, En . Angleterre, Jean Pecham se fit l'écho de ce mécontentement et assista à sa révision en 1279 à Amiens (Registres de }. Pecham, P. I, p. 5 ; Ch. V. Langlois, Le règne de Philippe le Hardi^.

elle-même transformée en une paix définitive le 19 juin 1299 «g.

Pacification de la Hongrie. — A la mort de Ladislas IV, roi de Hongrie (1290), les grands du Royaume avaient élu André III de Venise, neveu d'André II, tandis que Marie, fille -d'Etienne IV, mariée à Charles II d'Anjou roi de Naples et de .Sicile, réclamait le trône de Hongrie pour son fils, Charles le Martel, frère aîné de saint Louis de Toulouse, alors en captivité.

19 Gavrilovitch, op. cit., p. 50 ; Rymer, op. cit., t. I, p. 807 ; Bull, fr., t. IV, p. 352. — Les arguments de Gentile comptèrent peut-être moins que les livres tournois versées par Philippe le Bel, cf. F. FuNCK- Brentano, dans Revue historique, t. 39 (1889), p. 326 ; E. Boutaric, La France sous Philippe le Bel, p. 95, 99 ; Ch. Grandjean, Benoît XI avant son pontificat, dans Mélanges d'archéologie et d'histoire (Ecole française de Rome), t. VIII (1888), p. 254-256 ; Funck-Brentano, Philippe le Bel en Flandre, Paris (1897), p. 271 ; Wadding, Annales, t. V, P- 397' — Edouard I^"" se désintéressa du sort du comte de Flandre ; le roi de France eut plus de souci de son allié le roi d'Ecosse, qu'Edouard tenait prisonnier, il lui fit présenter une demande de libération par deux Frères Prêcheurs et deux Frères Mineurs (Rymer, op. cit., t. I, p. 861 et 890 ; DuMONT, Corps universel diplomatique, t. I, p. 305-307). — D'autres négociations eurent encore lieu (1300-1307) pour stabiliser la paix entre la France et l'Angleterre ; Guillaume de Gainsborough fut au nombre des agents d'Edouard I*"^ avec un autre Frère Mineur, Hugues de Hertipol (Rymer, op. cit., t. I, p. 920, 922, 943, 1017). Sur G. de ■Gainsborough, cf. Dictionary of national bibliog., t. XX (1889), p. 367, et Antoine de Sérent, Nécrologe des Frères Mineurs d'Auxerre (Arch. fr. hist., t. III, p. 1910, p. 324). Le corps d'Hugues de Hertipol (-j- n septembre 1302) repose dans la basilique d'Assise sous une pierre tombale qui porte son effigie. La Flandre qui ne voulait à aucun prix se soumettre au roi de France ne fut pas comprise dans cette paix. C'est pourquoi de Philippe le Bel à Philippe le Long (1317) les hostilités et les trêves alternent pour se terminer en une révolte générale. Philippe V demande l'arbitrage de Jean XXII qui envoya deux légats dont l'échec fut complet. L'année suivante le Pape envoya le Dominicain Pierre de la Palud et les Franciscains Etienne de Nériac et Guillaume de Gand (i^i" avril 13 18) ; ils furent très mal reçus et n'eurent pas plus de succès que les précédents. Jean XXII fulmina alors l'interdit qui fut si loin de produire la soumission qu'un Gardien des Frères Mineurs manqua d'être mis à mort pour avoir voulu se conformer aux ordres du Pape. Jean XXII tenta néanmoins une dernière négociation qu'il confia à Bernard Gui et à Bertrand de la Tour, remis à peine de leur légation en Haute Italie (28 mai et 17 septembre 13 18). Sujets du roi de France, ils ne pouva'ent que lui être agréables et tout dévoués à sa cause. Robert de Béthune, comte de Flandre, que l'interdit gênait malgré tout, promit de s'accorder

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