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PACIFICATION DE LA HONGRIE

Il en résulta une longue guerre de succession, qui ne se termina qu'en iSog, par le couronnement de Charobert, fils de Charles le JMartel, grâce à la médiation du Cardinal Gentile de Montefiore. Cette légation en Hongrie et dans les provinces limitrophes, l'une des plus glorieuses et des plus fructueuses du XI 11^ siècle, dura plus de trois ans (iBoy-iSii). Gentile était Maître du Sacré Palais, quand Boniface VIII le créa Cardinal. Clément V, à qui il avait refusé sa voix au moment du conclave, appréciant néanmoins sa haute valeur, lui confia cette difficile mission (8 août iSoy). Il succédait dans cette entreprise au Cardinal fioccasini, dont la sévérité avait rebuté les esprits et déterminé une effervesence redoutable contre le clergé. Par sa modération, sa fermeté, sa prudence et sa patience, Gentile sut vaincre les résistances et les susceptibilités des seigneurs hongrois qui, jaloux de leur indépendance dans cette élection, ne voulaient à aucun prix de Charobert pour roi. Le légat parvint à leur démontrer la légitimité de ce prince, et ils finirent par l'acclamer (27 novembre 1 3o8). Ce succès ne mit pas fin à ses travaux. Tout était à réorganiser dans ce royaume, l'administration civile et la vie religieuse, Gentile tint plusieurs synodes importants, qui contribuèrent à restaurer les mœurs et les lois ecclésiastiques, et donna au xoyaume une constitution qui assurait les droits de la couronne et réglait les rapports de l'Eglise et de l'Etat. Quand il quitta la Hongrie (septembre i3ii) toute

avec le Roi. Une réunion se tint -en présence des légats à Royaulieu près de Compiègne, le 11 octobre 1318, après laquelle les adversaires se séparèrent plus ennemis que jamais. Jean XXII envoya alors son propre neveu auprès de Philippe le Long et de Robert de Béthune ; mais n'osant se rendre lui-même devant le comte, bien connu par ses violerices, le nouveau légat lui députa l'évêque de Tournai. Celui-ci, tout aussi dépourvu de bravoure, désigna deux Frères Mineurs dont la vie lui semblait moins précieuse que la sienne et qui furent jetés en prison où leur silence était ainsi assuré ; se croyant fort, le comte marcha ensuite contre le roi. C'est alors que les Gantois n'osant affronter plus longtemps l'excommunication pontificale refusèrent de le suivre. Obligé de céder, Robert s'engagea à aller à Paris prêter hommage au roi de France. Il ne le fit que le 5 mai 1320. Un projet de mariage cimenta la paix qui fut de courte durée. (Bull, fr., t. V, N°s 319, 338 ; Wadding, Annales, t. VI, p. 65, 305, 307 ; Mortier, Histoire des Maîtres généraux, t. II, p. 520-522, 540 s. ; Lehugeur, Histoire de Philippe le Long, Paris, 1897, p. 120-165).

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cause de trouble et de malaise n'avait pas disparu, mais il; avait donné une telle force à la monarchie, qu'elle était désormais capable de surmonter les crises futures. L'avènement de Charobert ouvrit à la Hongrie une ère de grandeuret de prospérité 30.

2. — La Croisade et les relations de la chrétienté avec les Mongols.

Périodiquement des nouvelles alarmantes arrivaient d'Orient- La prise de Jérusalem en 1244, la chute de Consiantinople en 1261, la prise de Saint-Jean d'Acre en 1291. sont comme descoups de foudre qui réveillent l'apathie de la chrétienté. Alorssans attendre que toutes les discordes soient éteintes, et que l'unité religieuse ait été réalisée, les Papes lancent dans toute; l'Europe des appels pressants à. la guerre sainte.

Prédication de la croisade. — Incessante au XI 11^ siècle» il y eut cependant deux époques principales où la prédication de^ la Croisade fut plus ardente et plus universelle : 1° après la.

30 Les actes de la légation de Gentile de- Montefiore ont été publiéspartiellement dans Mansi, Am:pi. €oll..,.t. XXV, col. 151-170, et Theiner,. Veterd monum. Hung., t. I, et, complètement dans les Monum. vet, hist, regni Hung, illustr., Ser. I> t. II (Budapst; 1885). Voir aussi Wadding, Annales, t. VI, p. loi s. ; Hefele-Leclercq, Histoire des Conciles, t. VI, part. I, p. 602-606 ; Em. Horn, Fra Gentile da Montefiore et sa missiondiplomatique en Hongrie, dans Jït /r., 1925, p. 405-418. — En septembre 131 1, Gentile de Montefiore se rendit au concile de Vienne, où nous l'avons vu défendre vigoureusement la mémoire de Boniface VIII. Clément V l'envoya ensuite à Pérouse pour en rapporter le trésor pontifical ;; c'est en le ramenant à Avignon qu'il mourut à Lucques, le 27 octobre 13 12.. Son corps fut enseveli dans la chapelle de Saint-Martin, qu'il avait fait construire dans la basilique d'Assise. — Wadding, Annales, t. V, p. 231, (ad annum i2ço), ment'ione une mission de Benvenuto, évêque de Gubbio,. au sujet de la succession au trône de Hongrie. Or Ladislas n'était pas encore mort à cette époque (20 mai 1290) ; il s'agissait alors de faire revenir ce roi à de meilleurs sentiments, et de le prémunir contre les Tartares. Cette légation n'eut pas lieu (cf. Theiner, op. cit., N<>s 582-- 586). Une autre mission lui fut confiée en septembre de la même année, après la mort de Ladislas, pour rétablir l'ordre et la paix, mission qui ne semble pas avoir davantage été exécutée (Theiner, op. cit., N°s 588-- 593; Baronius-RaynaldIj ad ann.. 1290, . No» 38-43).!

prise de Jérusalem (1244), 2° après la reprise de Constantinople par les Grecs (1261) et les conquêtes de Bibars en Syrie Ci26o- 1368) qui déterminèrent les deux principales croisades de ce siècle, celles de saint Louis en 1248-1250 et en layo.

Prêcheurs et Mineurs sont les porte-voix du Pape. C'est à eux surtout qu'il confie la glorieuse mission de susciter un enthousiasme qui tend de plus en plus à disparaître, et de recueillir des subsides. Les bulles pontificales sont adressées soit au Ministre général, soit aux Provinciaux, à qui est réservée la nomination des prédicateurs et des collecteurs de subsides. Elles contiennent" les instructions les plus minutieuses sur les pouvoirs qui leur sont accordés, comme de concéder des indulgences et commuer les vœux, elles dispensent de certaines obligations de la Règle, par exemple, de la défense d'aller à cheval, ordonnent de protéger ceux qui prennent la croix, de percevoir les secours pécuniaires provenant, ou de dons volontaires, de taxes fixes sur les biens du clergé, de legs testamentaires, de restitutions, ou de rachats de vœux ; elles exigent un compte-rendu annuel de la gestion, du travail et des résultats obtenus. Les sommes reçues devaient être mises en lieu sûr, et souvent les couvents dominicains et franciscains avaient la garde de ces dépôts 21.

Cette tâche épineuse suscita souvent des murmures, des critiques, des récriminations de la part du clergé ou des monas^ tères qui s'estimaient pressurés à l'excès. Les Frères accomplissaient quand même les ordres du Saint-Siège au risque d'encourir l'impopularité, et leur éloquence parvenait encore malgré tant d'insuccès à déterminer des enrôlements. Les

21 Les bulles adressées aux Frères Mineurs pour la prédication de la croisade sont innombrables. Toutes les provinces en reçurent. On en trouve un grand nombre dans le Bullaire franciscain. Voir en particulier la bulle Odore suavi du 13 janvier 1246, qui attribue la nomination des prédicateurs au Ministre provincial (Bull, fr., t. I, p. 4-8), et dans les Annales de Wadding, spécialement au t. V, p. 408-411, où sont mentionnées les lettres adressées à trente provinciaux. Voir aussi Biblioteca, t. I, p. 169 ; t. II, p. 286, 349, 394 s., 412, 538-540 ; Arch. fr. hist.. t. II, p. s6i s., 568 ; t. VI, p. 386-389 ; t. VIII, p. 309 ; t. IX, p. 99-117 ; t. XI, p. 449 ; Friess, Geschichte der ôsterreichischen Minontenprovinz, dans Arch. fur ôsterreichische Geschichte, t, 64 (1882), p. 176-182, 195 s., 198, 203.

difficultés de l'entreprise apparaissaient si grandes après les dures leçons de l'expérience, le luxe et le confortable avaient fait tant de progrès, que les prédicateurs devaient faire appel à toutes les ressources de l'éloquence pour convaincre et entraîner. Jacques de Vitry, les Frères Prêcheurs Etienne de Bourbon et Humbert de Romans composèrent pour les aider des modèles de discours, où toutes les objections contre le « passagium » sont réfutées et tous les avantages spirituels énumérés. Guibert de Tournai dans ses Sermones ad crucesignatos, en vrai franciscain, s'attache surtout à développer les gloires et les bienfaits de la Croix. Il expose les motifs de la prendre sans écouter les avis intéressés de la famille ou de la crainte ; il exalte le courage en rappelant les fatigues et les souffrances du Christ, et en comparant aux martyrs les chevaliers qui deviennent vassaux du Christ et investis de son royaume par l'imposition de la croix.

l^es prédicateurs partaient, formant parfois avec des religieux d'autres Ordres, ou avec des prêtres séculiers une mission volante, qui allait de ville en ville, hébergée gratuitement dans les monastères quand elle en trouvait sur sa route, ou à ses frais, c'est-à-dire sur les fonds recueillis pour la croisade, quand il n'y en avait pas, ou qu'il n'y avait qu'un couvent d'Ordre mendiant. La prédication et le recrutement avaient lieu sur les places, dans les assemblées des fêtes ou des tournois aussi bien qu'à l'église. On imposait ensuite la croix sur l'épaule droite, parfois on rédigeait un acte d'enrôlement par devant notaire 22.

22 Sur les difficultés auxquelles donnait lieu la perception des subsides, voir, par exemple, Wadding, Annales, t. III, p. 183, 185, 191-193 ; réclamation du clergé et des moines du diocèse de Braga, qui excipent de la misère et des troubles du royaume contre J. Martini, custode de Lisbonne (1243). Matth. Paris, se fait avec insistance l'écho de toutes ces récriminations si nombreuses en France et en Angleterre. Il reproche au Pape d'avoir, malgré eux, transformé les Frères Mineurs en percepteurs de taxes et en crieurs publics (Telonearios et hedellos), de les détourner au grand détriment de leur Ordre, de la vie d'humiLté et de pauvreté volontaire qu'ils ont professée, et d'avoir fait de ces pêcheurs d'hommes des pêcheurs de deniers (Matth. Paris, Chronica major, éd. Luard, t. IV, P- 565. 599. 601, 604, 612, 635 ; t. V, p. 73, 195, 261 ; t. VI, p. 106 ; éd. des M. G. S. S., t. XXVIII, p. 320-327). Matth. Paris cite un mémoire qui

Parmi les prédicateurs de la Croisade et collecteurs des subsides les plus actifs, il faut citer Guillaume de Cordelle, Jean de Limoges, Hugues de Turenne et Jean de Samois en France, Jean l'Anglais et Adam de Marsh en Angleterre, Berthold de Ratisbonne et Jean de Diest en Allemagne, Paulin de Milan en Italie. L'Ordre tout entier, fidèle à l'esprit de saint François, se passionnait pour la Croisade. Il y mettait tant d'ardeur que Jean de Parme déclara à saint Louis au Chapitre provincial de Sens (1248) qu'il n'avait pas besoin de stimuler le zèle des Frères. Ce zèle redoubla encore à la voix de saint Bonaventure pendant le Chapitre général de 1269 23.

aurait été lu à Lyon, en juin 1247, dans une audience solennelle devant Innocent IV par des ambassadeurs de saint Louis.' Ce mémoire est un réquisitoire sévère contre l'administration pontificale. Les Frères Mineurs y sont très vivement critiqués comme percepteurs des décimes levés par le Saint-Siège. L. Saltet, dans le Bulletin de Littérature ecclésiastique de l'Institut catholique de Toulouse (année 1913, p. 147-175, 193-214) l'a reproduit intégralement, et a donné d'excellentes preuves contre l'authenticité de ce document admise par E. Berger, dans ses Etudes sur les Registres d'Innocent IV, (t. II, p. I-CCXCIII) et par Ch. V. Langlois, dans l'Histoire de France de Lavîsse, (t. III, 2^ part., p. 65). Si ce discours ne reflète pas les opinions de saint Louis, il reflète du moins l'opinion anti-papale et déjà gallicane de certains esprits au XIII» siècle.

Lecoy de la Marche a résumé dans la Revue des Questions historiques, t. 48, p. 1-28, le traité de Praedicatione crucis de Humbert de Romans, et M. Borelli de Serres a publié le Compte d'une mission pour secours à la Terre Sainte, dans les Mémoires de la Soc. de l'Hist. de Paris et de l'Ile de France, t. 30, p. 245-261. Les sermons de Guibert de Tournai ad crucesignatos se trouvent dans son recueil de sermons ad omnes status, Lyon, 1511, ff. 132-137. Un acte d'enrôlement rédigé à Marseille en 1290 a été publié dans les Mélanges de l'Orient latin, t. I, p. 273, dans la Biblioteca, t. I, p. 340, et dans Arch. fr. hist., t. IX, p. 104.

23 Principaux prédicateurs de la Croisade : Guillaume de Cordelle ou le Cordelier, cf. France franciscaine, t. IV (1921), p. 52-71 ; Wadding, Annales, t. III, p. 14, 41 ; voir une de ses apostrophes dans un tournoi (Anal, fr., t. I, p. 416, et Biblioteca, t. II, p. 285), une autre aux croisés de Syrie, t. I, p. 188, et Recueil des Historiens des croisades occ, t. II, p. 550 s. ; il est mentionné deux fois par Philippe Mouskes dans sa Chronique rimêe. Recueil des Historiens de France, t. 22, p. 55 et 58, v. 28852 et 29226. — Jean de Limoges et Hugues de Turenne : E. Berger, Registres d'Innocent IV, t. I, p. 460 ; t.' II, p. CXVII ; Biblioteca, t. II, P- 358, 366 ; Arch. fr. hist., t. VIII, p. 309 ; t. IX, p. 105-109 ; t. XVIII, 1925, p. 291-293. — Jean de Samois : Biblioteca, t. I, p. 340, 489 ; t. II, p. 465. — Jean l'Anglais : Wadding, Annales, t. III, p. 183, 193, 246 s. r

646 APPENDICE m

Il y a pourtant une croisade que les Frères Mineurs n'encouragèrent pas, ce fut celle des Pastoureaux (i25o) dont les chefs détestaient les Frères Prêcheurs et les Frères Mineurs, et excitaient contre eux les colères populaires. Ceux-ci de leur côté voyaient dans cette effervescence un essai de révolution contre le clergé, les religieux et les nobles. Adam de Marsh n'en parle qu'avec effroi 24.

Participation des Frères Mineurs aux expéditions des Croisés. — Les Croisés recrutés en Europe par les Frères Mineurs partaient avec eux vers l'Orient, ou les y retrouvaient en arrivant. Saint François, qui dès 1217 avait envoyé les premiers missionnaires en Syrie, résolut de s'y rendre lui-même en 1219, au moment de la croisade dirigée contre l'Egypte (1217-1221). C'est là qu'il se rendit tout d'abord. La conduite des Croisés à Damiette affermit le projet grandiose qu'il portait dans son âme de soumettre les païens, non par l'épée des chevaliers, mais par la vie et la voix de ses fils 25. Us avaient pris pied en Orient, et ils y rendirent aux chrétiens qui venaient combattre le Croissant d'importants services. La sainteté de leur vie et l'intrépidité de leur foi frappèrent d'admiration les croyants de l'Islam. S'ils ne

Bihlioteca, op. cit., t. I, p. 228 ; t. II, p. 369. — Adam de Marsh : Bull, fr., t. I, p. 428, 509, 554, 559 ; Biblioteca, p. 346-349. — Berthold de Ratisbonne, Biblioteca, p. 396. — Jeanl de Diest : E. Berger, op. cit., N°» 4508 et 7357 ; Bull, fr., t. I, p. 708 ; Eubel, Epitome, N» 535. — Paulin de Milan : Biblioteca, t. I, p. 339. — Sur Jean de Parme et saint Louis : Saumbene, p. 93-97 ; Biblioteca, t. I, p. 221. — S. Bonaventure au Chap. Gén. de 1269 : Wadding, Annales, t. iV, p. 296.

24 Sur la croisade des Pastoureaux, cf. Salimbene, p. 444 s. ; Matth. Paris, éd. Luard, t. V, p. 249 ; lettre du Custode de Paris à Adam de Marsh, ibid., p. 290-293 ; lettres d'Adam de Marsh à Robert Grossetête, dans Brewer, Monumenta franciscana, t. I, p. 109, 121. — En 1251, une émeute suscitée par les Pastoureaux à Rouen chasse l'archevêque Eudes Rigaud et les ecclésiastiques qu'il avait réunis en synode dans son manoir (L. Fallue, Hist. polit, et relig. de l'Eglise et du diocèse de Rouen, Rouen, 1850, t. III, p. 106).

2s La présence de saint François en Egypte en 12 19, et son pèlerinage en Terre Sainte sont attestés par de nombreux témoignages. On les trouvera rassemblés par le P. Golubovitch dans la Biblioteca, t. I, p. 1-84, t. II, p. 277-281.

•se convertissaient pas, ils les accueillaient du moins avec respect, et pourvoyaient même à leurs besoins, comme le notait ■déjà Jacques de Vitry en 1221. Heureux de l'influence acquise sur les Sarrasins par les Frères Mineuris, Grégoire IX et Innocent IV utilisèrent leur crédit pour obtenir des Sultans d'Egypte, de Damas, de Bagdad, d'Alep et du roi de Tunis la libération des prisonniers, ou l'amélioration de leur sort, et même pour un projet d'alliance avec le Sultan d'Iconium 26..

L'action des Frères Mineurs n'était pas moins nécessaire ■auprès des princes chrétiens qui, établis en Oi'ient, s'épuisaient en rivalités désastreuses pour la Croisade. Elle s'exerçait surtout très efficacement sur les Croisés qu'ils accompagnaient, et qu'ils soutenaient de leur présence et de leUr bravoure. Ils n'hésitaient jpoint à leur rappeler leurs devoirs de chrétiens, ni à condamner leur indiscipline et les vices qui les déshonoraient et compromettaient les victoires de la Croix. Ils combattaient avec eux, ralliaient les fuyards, et se lançaient à leur tête comme à la Mansourah (1248). Dans les revers ils soutenaient leur foi et leur courage, et tombaient avec eux sous le cimeterre des Mamelucks comme à Gaza en 1244, à Azot en i265, à Safet en 1266, à Antioche et Jaffa en 1268, à Tripoli en 1289, à Saint- Jean d'Acre en 1291 27. Lorsque la nouvelle de la prise de

28 Sut les relations des Frères Mineurs avec les Sarrasins, cf. Jacob. DE VitRiAco, Historiae Orientaîis, Douai, 1597, cap. 32, p. 349-354, reproduit dans la Bïbliotecà, t. t, p. 9 ; les ambassades aux différents Sultans sont mentionnées dans le même ouvrage, t. I, p. 216, 275 ; t, ÏI, p. 293, 29S-299, 303, 327-346.

2' Laurent d'Ortè s'efforça de faire la paix entre Grecs et Latins à Chypre (1248-1249), cf. Bihlioteca, t. I, p. 215 s. ; t. Il, p. 350-355 ; Barthélémy d'Amelia entre Michel Paléologue, empereur de Constantinople, et Charles d'Anjou, roi de Sicile (1278), cf. op. cit., t. I, p. 299 s. ; Wadding, Annales, t. V, p. 29-35. En 1280, trois Frères Mineurs travaillent à fatre la paix entre le prince d!Antioche et les Templiers; op. cit., t. II, p. 428. En 1286 des Génois veulent forcer les habitants de Saint-Jeàn d'Acre à expulser les Pisans ; intervention des Frères Mineurs, op. cit., t. Il, p. 443 ; semblable intervention en 1294 pour apaiser un conflit entre Génois et Vénitiens, op. cit., p. 480-482. Citons encore la légation de l'évêque de Rodez, Pierre de Plaine-Chassaigne, à Chypre ■et en Arménie (ijio), où il rétablit la paix dans ces royaiiniies et fait

Saint-Jean d'Acre parvint en Europe, il y eut un cri universel' d'indignation contre Nicolas IV, dont on accusait la coupableinsouciance. Cri injuste et irréfléchi, car ce pape franciscain, sentant la catastrophe, ne s'était pas épargné pour la conjurer. Il avait fait appel au Roi et au clergé de France, à l'Empereur d'Allemagne, à l'Empereur grec, aux Génois et aux Vénitiens. Sa voix resta sans écho. Alors, en 1289, il fit armer 20 galères qu'il envoya avec plus de 3. 000 hommes à Saint-Jean d'Acre,, où il s'efforça aussi de réconcilier entre eux les Chevaliers Teutoniques, les Hospitaliers et les Templiers. Pendant le siège même il fit parvenir un renfort nouveau de 17 galères. Après la chute de cette ville, dernier rempart de la chrétienté en Orient,, il ne reste plus pour défendre la Croix que le faible royaume d'Arménie. Nicolas IV n'abandonne pas tout espoir ; il arme, 20 autres galères, et envoie au Roi Hayton II d'Arménie 2.00a piétons et 5oo chevaliers. Il renouvelle l'interdiction déjà promulguée par le concile de Lyon (1274) de tout commerce avec les Sarrasins, qui auraient été ainsi privés des moyens défaire la guerre, et convoque les Chevaliers pour une croisade-

rendre son trône à Henri II de Chypre,, op.- cit.,. tw III, p. 99-104, 125- 154, 164-170, 225-227.

Parmi les Frères Mineurs qui accompagnaient saint Louis en Terre- Sainte, il faut retenir les noms d'Eudes Rigaud, archevêque de Rouent (Biblioteca, t. I, p. 220 s., 271-274),. de Guibert. de Tournai (op. cit.f t. I, p. 219 ; t. II, p. 362-366), Jean dé Mons (opi. cit., t. I, p. 425.;. t. II, p. 413). Guillaume de Hedïey était avec Edouard I®' d'Angleterre- (op. cit., t. I, p. 280; t. II, p. 413). La même année un frère Mauriceaccompagnait une expédition norvégienne (op. cit., t. I, p. 279 ; t. II,. p. 413). Voir aussi Wadding, Annales, t. III, p. 184 s. ; A. Callebaut, O. F. M., La deuxième croisade de S. Louis et.les Franciscains (Fr. fr.,. t. V, p. 282-288. Sur les Frères Mineurs à la bataille de la Mansourah,. cf. Biblioteca, t. I, p. 103 ; t. II,, p. 370. Une. légende veut que le mot cordelier serve, depuis ce fait d'armes, à désigner les Frères Mineurs ; en réalité ils étaient connus sous ce nom avant cette date. Des femmes portant une corde comme les Frères Mineurs étaient appelées- Cordelières.. Cf. la bulle Ad audientiam nostram, du 21 février 1241 (Bitll. fr., t. T,. p. 290). Sur les Frères Mineurs à la bataille dé Gaza (op. cit., t. II,. p. 289), à Azot (op. cit., t. I, p. 324 ; t. Il,, p. 400), à Safet (op. cit., t. I, p. 259-261 ; t. II, p. 2, 25, 79, 401), à JafiFa (op.. cit., t. I, p. 269 ; t. il, p. 412), à Antioche (op. cit., t. I, p. 264 s. ; t. II, p. 411), à: Tripoli (op. cit., t. Il, p. 453-456), à Saint-Jean d'Acre (op. cit., t. T,. P- 350-353 ; t- II. P- 108, 127).

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