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FRÈRE ÉLIE MINISTRE GÉNÉRAL I

sion, et institua Pierre de Gatane non pas seulement Vicaire Général, mais réellement Ministre Général a?.

Pierre de Catane mourut le lo mars 1221. Frère Elie, choisi par François pour le remplacer, présida le Chapitre général de cette année 24. Le cardinal Raynerio, évêque de Viterbe, y assista, accompagné de plusieurs autres évéques et de moines de divers Ordres. Les Frères s'y trouvaient au nombre de 3ooo, et le Chapitre dura sept jours. C'est le dernier de ceux qui réunirent tous les religieux, profès et novices, supérieurs et sujets. Une nouvelle mission en Allemagne, qui avait été abandonnée depuis l'insuccès de 1217, fut organisée. Au cours de cette année 1221, le Tiers- Ordre, désigné alors sous le nom à'Ordo de Poenitentia, apparaît comme une organisation déjà puissante. Malgré d'incessantes souffrances, François continue ses prédications dans la péninsule. En 1222, il prêche à Bologne le jour de l'Assomption. En juin de l'année suivante, il évangélise Greccio et Pérouse. Mais cette année 1 228 est signalée par un événement aussi important dans la vie de François que dans l'histoire de l'Ordre : l'approbation et la confirmation solennelle de la Règle.

Pendant le Chapitre de la Pentecôte 1224, le dernier auquel assista François, la nouvelle Règle fut remise aux Ministres ; l'envoi d'une mission en Angleterre ayant été décidé. Frère Agnello de Pise, précédemment Custode de Paris, se mit en route avec trois autres clercs et cinq frères lais de la Province de France. Ils débarquèrent à Douvres le 11 septembre 1224. C'est encore en 1224, que François reçut, le 17 septembre, sur l'Alverne, l'incomparable faveur

23 GiANO, n*> 15; II Cel. 143; sur cette appellation de Ministre général, ci. Arch. fr. Hist. t. XV (1922), p. 322. C'est Thomas de Celano qui dans sa Vita II la fit tomber en désuétude et la remplaça par celle inexacte de Vicaire général.

2* On peut placer à cette époque, sinon au moment même du Chapitre, la nouvelle et dernière entrevue de saint Dominique et de saint François devant le cardinal Hugolin. Cf. Et. fr., t. XVIII, p. 447, s.

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des stigmates. Il quitta le lendemain de la saint Michel (3a septembre), en lui faisant ses derniers adieux, la montagne qui avait été son Thabor et son Calvaire. Quand il fut revenu à la Portioncule, quelques Frères, malgré tous ses efforts pour les cacher, purent voir ou toucher ces plaies saintes =5.

De jour en jour ses infirmités s'accrurent. Les douleurs,, qu'il appelait ses « sœurs », n'étouffèrent point cependant; son zèle apostolique. Monté sur un âne, il parcourait les cités et les bourgades. Sa faiblesse allait en augmentant. Peu à peu il perdit la vue. Après bien des instances. Frère Elie finit par le décider à se faire soigner. Une cellule de. branchages fut disposée pour lui auprès de Saint- Damien où demeuraient Claire et ses compagnes. Leurs soins furent, impuissants à le guérir. Et c'est au milieu de tourments continuels, qu'il composa l'admirable poème appelé Cantique du Soleil ou Laudes des créatures 26. Les maux du malade ne diminuant pas, Frère Elie le conduisit à Fonte- Colombo puis à Rieti, pour le confier à un médecin dont

25 La réalité des stigmates n'est plus contestée par personne. La contradiction qu'on a essayé de relever (Lempp : Fr. Elie de Cortone, p. 65^ n. 3 et p. 218) dans les différents récits des stigmates pour en nier la réalité, n'existe pas. Le fait étant incontestable, la science matérialiste cherche à l'expliquer naturellement (Revue des Deux-Mondes, du i^^ mai 1907, art. de M. Dumas). Pour la réfutation, cf. Et. fr., t. II, P- 33/"35i> 507-523; Etudes religieuses du 2 septembre 1907; et la magistrale étude du P. M. Bihl O. M. Arch. fr. hist. t. III, p. 393-432, en réponse au Dr J. Merkt, Die Wundmale des heiligen Franziskus von Assisi,. Leipzig, Berlin, 1910 ; A. Gemelli, O. M., Le affermazioni délia scienza intortto aile stimate di S. F., dans Studi fr., 1924, p. 368-404. — Sur les stigmates de saint François dans l'art, cf. L'Action franciscaine, année 1906, p. 33-52, art. de M, H. Matrod : Les stigmates de saint François et leur plus ancienne représentation connue ; traduction avec photographies dans Mise, franc, t. X, p. 8-17. Sur l'adieu à l'Alverne, cf. Mise, fr., t. VIII (1901), p. 162-175. Pour l'iconographie des stigmates, cf. V. Facchinetti, Le Stimmate di S. Fr., Milano, 1924, et Studi francescani, anno 1924, p. 283-322.

26 II Cel. 213-217; sur le Canticum Solis, cf. Mise, fr., t. III (1888),. p. 2-7, t. IV, p. 87-88, t. VI, p. 43-50; Franz. Stud. t. II (1915), p. 241-265; Archiv. fr. hist., t. XIII (1920), p. 269-273.

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