‹ Histoire de la fondationChapitre 26 sur 238 · CANONISATION ET TRANSLATION · texte numérisé non relu

CANONISATION ET TRANSLATION

C'est vers la même époque que le Pape chargea Thomas de Gelano d'écrire la biographie du Saint connue sous le nom de Vita prima ; il l'approuva le 25 juillet de l'année suivante.

De son côté, Frère Elle poussait avec énergie les travaux de construction sur la Colline du Paradis. L'architecte avait résolu de creuser le tombeau proprement dit dans le roc. Au dessus, devaient s'élever deux églises superposées : l'une aux voûtes surbaissées, l'autre plus svelte et plus élancée. Dans la première, les temps postérieurs virent le symbole de la vie pénitente et laborieuse de François, dans la seconde celui de sa vie transfigurée. Dès le 'commencement de 1 23o, moins de deux ans après la pose de la première pierre,réglise inférieure était à peu près terminée. Alors Grégoire IX, par la bulle Is qui ecclesiam, la déclara Caput et Mater de tout l'Ordre ; il la mit sous la protection spéciale du Saint- Siège, et lui accorda de nombreux privilèges, entre autres, celui d'y pouvoir célébrer les Offices même en temps d'interdit général. La translation du corps de saint François ayant été autorisée par le Souverain Pontife, le Chapitre général fut convoqué. Grégoire IX ne put tenir la promesse qu'il avait faite de présider cette solennité à l'occasion de laquelle il avait accordé de nouvelles indulgences. Il chargea de ce soin le Ministre général, et se fît représenter par trois légats qui apportèrent de sa part de très riches présents et une somme importante destinée à la continuation des travaux.

La cérémonie avait été fixée à la veille de la Pentecôte. Elle fut grandiose. Plus de deux mille Frères, au dire d'un chroniqueur, étaient présents à Assise, remplie déjà d'une grande multitude accourue des environs. Au jour dit, 25

v.nd Antonius gedicbtet und componiert durch Fr. J. v. Sp,, Freîburg (Schweiz), 1901; V. Ortroy, S. J., Julien de Spire biographe de S. Fr., dans An. Boll., t. XIX (1900), p. 328-340, et La Légende de S. Fr., par Julien de Spire, ïbid., t. XXI (1902), p. 152-156.

mai i23o. le cortège se mit en marche. Le char triomphal, parti de Saint- Georges, s'avançait lentement par les rues étroites où s'entassait la foule compacte des frères et du peuple. Tous voulaient voir et toucher le sarcophage de pierre, qui, entouré de sa grille de fer, avait été enlevé tel quel de l'église Saint-Georges avec le corps saint qu'il contenait. Comme toujours en pareille circonstance, il y eut des bousculades et des cris. Le podestat et Frère Elle firent intervenir la milice communale qui dégagea les voies d'accès à la basilique j les portes en furent fermées, et l'urne sépulcrale où reposait à découvert le corps du Saint toujours protégé par la grille de fer, fut placée dans un petit caveau carré préparé d'avance, à l'intersection delà nef et du transept, et creusé à même la roche qui forme le sol de l'église inférieure. Au dessus fut érigé un autel provisoire.

Le tumulte et la précipitation au milieu desquels avait été achevée la cérémonie, déçurent et mécontentèrent profondément les légats et les religieux. Des plaintes furent adressées au Souverain Pontife. Elles présentèrent l'événement sous les couleurs d'une profanation audacieuse. Grégoire IX en manifesta son indignation, et infligea des peines sévères aux frères et au podestat de la cité 32 . Mais des explications ayant été fournies, qui ramenèrent l'incident à ses justes proportions, il n'en fut plus question.

Elie ne se remit à l'ouvrage que deux ans après 33 ^ et en 1236 l'église supérieure était presque achevée. Ses voûtes et ses murs, ainsi que ceux de la basilique inférieure se couvrirent bientôt de fresques, où la peinture italienne reprit une vie nouvelle, indice de la merveilleuse influence que François d'Assise allait exercer sur la civilisation moderne 34.

32 Bulle Speravimus, du i6 juin 1230, Bull, fr., t. I, p. 66.

33 Voir plus bas, chap. IV, n, 67.

34 Sur la basilique et les artistes chargés de la construire, cf. H. Thode, Saint François d'Assise et les origines de l'art de la renais-

s. François visité sur son lit de mort.

Miniature d'un Psautier franciscain (xirf siècle).

(Bibl. de l'Arsenal, Ms. 280, fol. 29'.)

mai i23o. le cortège se mit en marche. Le char triomphal, parti de Saint- Georges, s'avançait lentement par les rues étroites où s'entassait la foule compacte des frères et du peuple. Tous voulaient voir et toucher le sarcophage de pierre, qui, entouré de sa grille de fer, avait été enlevé tel quel de l'église Saint-Georges avec le corps saint qu'il contenait. Comme toujours en pareille circonstance, il y eut des bousculades et des cris. Le podestat et Frère Elie firent intervenir la milice communale qui dégagea les voies d'accès à la basilique ; les portes en furent fermées, et l'urne sépulcrale où reposait à découvert le corpus du Saint toujours protégé par la grille de fer, fut placée dans un petit caveau carré préparé d'avance, à l'intersection de la nef et du transept, et creusé à même la roche qui forme le sol de l'église inférieure. Au dessus fut érigé un autel provisoire.

Le tumulte et la précipitation au milieu desquels avait été achevée la cérémonie, déçurent et mécontentèrent profondément les légats et les religieux. Des plaintes furent adressées au Souverain Pontife. Elles présentèrent l'événement sous les couleurs d'une profanation audacieuse. Grégoire IX en manifesta son indignation, et infligea des peines sévères aux frères et au podestat de la cité 32 . Mais des explications ayant été fournies, qui ramenèrent l'incident à ses justes proportions, il n'en fut plus question.

Elie ne se remit à l'ouvrage que deux ans après 33 ^ et en 1236 l'éghse supérieure était presque achevée. Ses voûtes et ses murs, ainsi que ceux de la basilique inférieure se couvrirent bientôt de fresques, où la peinture italienne reprit une vie nouvelle, indice de la merveilleuse influence que François d'Assise allait exercer sur la civilisation moderne ^4 ,

3- Bulle Speravimus, du i6 juin 1230, Bull, fr., t. I, p. 66.

33 Voir plus bas, chap. IV, n. 67.

34 Sur la basilique et les artistes chargés de la construire, cf. H. Thode, Saint François d'Assise et les origines de l'art de la renais-

S. François visité sur son lit de mort.

Miniature d'un Psautier franciscain (xru* siècle),

(Bibl. de l'Arsenal, Ms. 280, fol. 29^)

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