I,A FRATERNITÉ PRIMITIVE
y ends tous tes biens (Math. XIX, 21), N'emporte:( rien en route (Luc. IX, 3), et Que celui qui veut être mon disciple, se renonce lui-?nême, qu'il porte sa croix et me suive (Math. XVI, 24), il dit : « Voilà la vie et la règle de tous ceux qui voudront se joindre à notre société » (I Cel. 23, 24; II Gel. i5 ; Leg. Maj., C. III, § 2-4).
D'autres compagnons se présentent -, ils adoptent le même programme de vie pauvre et humble. Et François prie Dieu avec ferveur de lui indiquer le chemin qu'ils doivent suivre (I Gel. 26). Peu de temps après les hésitations cessent. La réalisation, par tout ce groupe d'honimes, d'un idéal, qui ne vise d'abord qu'à la sanctification personnelle, exerce au dehors une action que François n'est pas sans remarquer. L'arrivée de ces disciples le lui a démontré. De cet idéal il tire alors tout un programme de vie, qui est nn plan d'action, dont il perçoit le but, les principes, et les moyens.
Il n'avait encore que sept disciples quand ce plan se dessina dans sa pensée avec précision. Il le leur communiqua aussitôt (1 Gel. 3i). Puis, quatre nouvelles recrues s'étant présentées, il le condensa en quelques textes du saint Evangile, ceux-là mêmes qu'il avait lus dans le Livre sacré avec son premier compagnon ; il y ajouta de courtes prescriptions nécessaires à l'uniformité de la vie ; et ce fut la Première Règle (I Gel. 32). Que ce programme et ce plan ne fussent pas une vague aspiration à la perfection évangélique, on en a la preuve dans la respectueuse et inflexible résistance qu'il opposa à l'évêque d'Assise d'abord {Lib. de Laudibus, G. IV), au cardinal Jean de Saint-Paul ensuite (I Gel. 32, 33), enfin au pape Innocent III (II Gel. 16), qui tous lui ofi^raient des voies plus faciles, et ne réussirent pas à ébranler sa résolution. Saint François avait donc son idée très claire, son plan parfaitement déterminé. Jamais il ne le formula systématiquement comme
nous le ferons plus loin, mais on le découvre facilement en étudiant ses actions et celles de ses compagnons. Il nous faut donc examiner d'abord la formation que le jeune François leur donnait, puis leur vie et leur organisation pendant les dix premières années de leur existence (1209- 1219).