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LE PLAN DE SAINT FRANÇOIS

ger les religieux à se confesser aux prêtres de l'Ordre. Cependant, en cas d'impossibilité, il restait toujours permis de s'adresser à tout prêtre catholique. La réception de la Sainte Eucharistie devait suivre la réception du Sacrement de Pénitence, mais la Règle ne donne aucune indication sur la fréquence des Communions (Ch. XX).

Aucune de ces mesures n'altérait la physionomie propre de l'Ordre franciscain. La fondation de couvents ou plutôt de loca ne pouvait empêcher les Frères de se considérer comme de pauvres pèlerins étrangers en ce monde, puisqu'ils ne leur appartenaient pas et qu'ils pouvaient en être expulsés au gré des propriétaires. La pauvreté avec le travail manuel, la mendicité, le soin des lépreux restaient à la base de leur vie ; l'humilité, la joie, la douceur, la charité, la patience dans les épreuves étaient toujours les vertus principales dont ils se servaient pour attirer les âmes à Dieu.

Leur genre de vie demeurait essentiellement le même sous les premières transformations de l'organisation. La part de saint François dans ces changements avait été très grande. C'est lui qui dès l'origine de la Fraternité avait pris l'habitude de réunir ses enfants, c'est lui qui accepta des résidences fixes, c'est lui qui lança ses Frères dans toutes les contrées du monde, innovation qui eut pour première conséquence l'institution des Provinces et partant de la hiérarchie, pour aboutir à la centralisation du gouvernement entre les mains du Ministre général assisté des Chapitres généraux.

3. — Le plan de saint François, ses moyens d'action et ses principes.

But. — Saint Bonaventure a résumé synthétiquement le plan de saint François, son but, ses mo3'ens d'action et

ses principes quand, répondant à cette question : Pourquoi saint François a-t-il institué un Ordre nouveau ? il écrivait : « Rempli de l'esprit de Dieu et tout embrasé de charité, le Père saint François brûla d'un triple désir : être imitateur du Christ dans toute la perfection de ses vertus, adhérer à Dieu par une contemplation assidue^ travailler au salut des âmes pour qui le Christ a voulu être crucifié et mourir. Et comme il ne pouvait se contenter d'être seul à faire tout cela, comme aucun Ordre ne réunissait simultanément ces trois désirs, il institua une nouvelle Règle, atin d'avoir de son vivant et plus tard, des coopérateurs nombreux, imitateurs de ses vertus, qui gagneraient à leur tour des âmes à Dieu, observeraient les conseils évangéliques, et s'adonneraient à la contemplation » 12, Saint François avait dit lui-même : « Seigneur, vous avez planté cet Ordre de Frères pour venir en aide à la foi et afin que par eux soit accompli le mystère de votre Evangile » (II Cel. i56). Il résulte de ces paroles, de beaucoup d'autres encore, du texte de la Règle et de la manière de vivre des premiers Frères Mineurs que saint François, en fondant son Ordre, n'eut principalement en vue ni le soin des malades, ni l'éducation de la jeunesse, ni la beauté du culte, ni la mortification, ni même la prédication verbale. Sa spécialité c'est l'imitation exacte du Christ. Il s'est donc proposé de susciter des hommes qui, d'abord et en premier Heu, s'efforceraient d'observer l'Evangile et qui, en second lieu, travailleraient au salut des âmes (I Cel. 35 ; Leg. maj., C. VIII, 1).

Réalisation aussi parfaite que possible de l'Evangile et

12 s. Bonaventurae, Detertninationes quaestionum circa régulant S. Fr., P. I, Q. I, Op. omn., t. VIII, p. 338. Ubertin de Casale dit aussi : (( Et istud fuit singulare privilegium istius benedicti Francisci, quo vitam Jesu primum meruit universaliter et sollicite in statu communi et durabili Ordinis sui Ecclesiae Sanctae dare. » (Arhor Vitae, t. V, cap. 3, fol. 209.)

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