INTRODUCTION ' XI
iitre qu'eux, partie de l'Ordre des Frères Mineurs ; à tous
s'applique également le même nom de famille, celui de
Franciscains, c'est-à-dire, Enfants du même Père, saint
François.
Cette division en trois grandes familles ne s'est pas opérée sans beaucoup de vicissitudes que l'impossibilité de se maintenir à la hauteur où était parvenu saint François n'explique pas toute seule. Il y a bien dans l'histoire franciscaine <:omme en toute histoire humaine, la lutte de la volonté aux prises avec les passions, les faiblesses, les obstacles qui l'entravent dans son élan généreux vers l'idéal. Mais il y a aussi autre chose. Il y a, au XIII® siècle, dans les rapports de l'Ordre avec le monde extérieur, la lutte de la jeune ini- » tiative et de l'esprit nouveau contre l'esprit ancien et l'attachement exclusif aux méthodes traditionnelles. Il y a, dans la vie intime de l'Ordre, la lutte entre deux conceptions également belles de la vie conforme à l'Évangile, lutte qui occasionna des modifications profondes du plan d'action et du genre de vie assignés par saint François à son Ordre.
L'austère pauvreté ainsi que l'allure simple, libre, joyeuse -et spontanée qui fait le charme de la vie franciscaine à son berceau, disparurent, ou tout au moins s'atténuèrent, par tous les emprunts faits aux antiques et vénérables institutions monastiques. Il sembla à certains rehgieux que cette évolution qui résultait dés leçons de l'expérience et des besoins de l'Église, était une odieuse trahison des volontés ■du Saint Fondateur, alors qu'elle n'était que l'épanouissement des forces latentes contenues, sans qu'il s'en doutât," dans l'humble semence que le Poverello avait jetée eh terre.
Décrire les péripéties du drame qui se joua autour de l'idéal conçu par saint François, mais surtout en rechercher