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ATTITUDE DU CARDINAL HUGOLIN

Poverello (I Cel. 74, 100 s. ; II Cel. 78) et qui conserva si longtemps l'estime de sainte Claire 3. Bien plus le pieux et sage cardinal Hugolin entrait pleinement dans leurs idées.

Attitude du cardinal Hugolin. — Le cardinal Hugolin était de ces prélats fervents qui appelaient de tous leurs vœux la réforme de l'Eglise (I Gel. 745, II Cel. 148-150). Il aimait à s'entretenir avec tous les religieux, principalement avec les Cisterciens et les Camaldules. Leurs cloîtres lui offraient un refuge où il se plaisait à trouver, loin des affaires, le calme, la paix, le recueillement. Dès qu'il avait vu François, il l'avait accueilli avec dévotion et tous deux s'étaient liés aussitôt d'une indissoluble amitié. Ils avaient l'un pour l'autre une confiance réciproque, l'un sur l'autre une égale influence. Hugolin sut discerner dans l'œuvre du petit Pauvre d'Assise le levain actif de l'Evangile. Il aperçut immédiatement la rénovation qu'en pouvait espérer la société chrétienne, et il se fit l'appui intelligent et puissant de la Fraternité naissante. De son côté, saint François l'avait choisi pour confident de ses pensées, parce qu'il avait remarqué que la bienheureuse pauvreté lui plaisait et qu'il révérait la sainte simplicité (I Cel. 99 ; II Cel. 25). Et le cardinal s'étudiait à vivre comme les Frères, simple, pauvre, humble comme eux. Il se revêtait souvent de leur bure, et comme eux marchait, nu-pieds (I Cel. 100). Il aimait tellement François que tout ce que celui-ci disait ou faisait lui était agréable. Sa vue seule l'inondait de joie et de paix (I Cel. 101). Devenu Pape, le souvenir de François ne l'abandonna pas -, en mémoire de lui, il soignait les lépreux dans son palais 4.

Entre les vues du prudent Cardinal et celles du fervent initiateur il y avait pourtant une importante différence.

3 Ed. Lempp, Frère Elie de Cortone, Paris, 1901, p. 108-110. ^ S. Bonaventurae Sermones, Op. omn. t. IX, p. 577.

Hugolin s'efforçait de mettre d'accord les vues enthousiastes du Saint et les considérations pratiques des Ministres. Il savait et comprenait que le plan de saint François répondait efficacement aux besoins de l'Eglise et du peuple. Mais ce plan ne lui paraissait pas complet ou, du moins, il lui semblait qu'on pouvait le développer encore, et rendre plus féconde l'idée franciscaine. Il lui semblait juste,en un mot, et convenable de ne pas maintenir les Frères Mineurs dans le rôle obscur que le Poverello s'était assigné à lui-même et à ses premiers disciples. « Pourquoi, pouvait-il se dire, la milice franciscaine n'entrerait-elle pas dans la même voie 'que la milice dominicaine ? Pourquoi ne travaillerait-elle pas dans le même champ, ne combattrait-elle pas sur le même terrain contre l'hérésie envahissante ?» Il voyait tout le parti qu'il pouvait tirer de cette élite intellectuelle et sociale que produisait l'Ordre des Mineurs. Il pressentait de quel secours seraient ces religieux donnant au monde le spectacle de la vie la plus pauvre, la plus désintéressée, et portant au front la double auréole de la sainteté et de la science. Quelle magnifique et surprenante régénération de TEglise ne pourrait-on pas attendre de ces hommes qui, une fois * élevés aux dignités ecclésiastiques, Conserveraient même sous la mitre ou la tiare l'esprit évangélique de pauvreté, de simplicité, d'humilité ! Rêve admirable, conception grandiose dont le saint Cardinal ne pouvait détacher ses regards, et qui, semble-t-il, aurait dû séduire l'idéaliste François ! L'idéaliste François répondit au prince de l'Eglise : « Mes frères sont appelés Mineurs afin qu'ils n'aient pas la présomption de àtY&mr majeurs. Leur vocation est de se tenir en bas et de suivre les traces du Christ, par quoi ils seront d'autant plus exaltés au jugement des Saints. Si vous voulez qu'ils portent du fruit dans l'Eglise de Dieu, maintenez-les, conservez-les, ramenez-les, même s'ils voulaient s'en écarter, dans l'esprit de leur vocation. Père, je

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