La Règle de 1221 et celle de
Rien ne pouvait donc le faire dévier de la voie où il était sûr de suivre le Christ. La légitimité et la force des motifs invoqués par les lettrés pour orienter l'Ordre dans une voie nouvelle, ne lui échappaient pas, mais ne réussissaient pas à le convaincre. Ce n'est ni par le savoir théologique, ni à la faveur des privilèges que le Frère Mineur, dans la pensée de saint François, est appelé à convertir le monde. Sa vocation est de donner le spectacle insolite d'une vie pauvre, humble, laborieuse, simple et joyeuse, véritablement conforme au saint Evangile. Tout le reste, même la prédication verbale, est accessoire, et peut être nuisible, sans cet exemple de vie.
En présence de ces aspirations multiples et nouvelles, et malgré l'autorité que leur conférait l'appui du vénéré
22 Cette conclusion qui se rapproche de celle du P. Léonard de Carvalho e Castro, O. F. M., dans son Saint Bonaventure, Le Docteur franciscain, Paris, 1923, p. 35 (voir aussi Etudes fr., t. XVIII, p. 434- 439), diffère sensiblement de l'opinion du P. Hilarin de Lucerne. Réfu-. tant K. Millier et P. Sabatier, pour qui saint François fut un adver^ saire résolu de la science, le P. Hilarin s'efforce de prouver que notre saint encouragea positivement le mouvement scientifique dans son Ordre. Cf. Histoire des études, p. 65-104. M. E. Gilson combat aussi l'opinion du P. Hilarin dans son bel ouvrage La Philosophie de saint Bonaventure, Paris 1924, p. 46-50. Dans VIdéal de saint François, t. II, p. 207- ,258, le P. Hilarin modifie à peine sa première opinion.