‹ Histoire de la fondationChapitre 55 sur 238 · LA RÈGLE DE I223 IO · texte numérisé non relu

LA RÈGLE DE I223 IO

pas de ce programme (S. Antonii de P., Vitae duae, éd. L. de Kerval, Legenda prima, p. 42, 47-49). Aymon de Faversham, Maître de l'Université de Paris, à peine revêtu de l'habit franciscain, prêchait au peuple de Saint-Denis la nécessité de la confession pascale (Eccleston p. 35) 29.

Mais tandis que, dans la Régula prima, le choix des prédicateurs est mis aux mains du Ministre Provincial, dans la seconde, modification importante, c'est au Ministre Général qu'il appartient de les désigner après examen. L'autorisation du Ministre provincial est au contraire seule requise pour les missions en pays infidèles (G. XII). Aucune prescription au sujet des études dans la Règle de 1223, pas plus que dans celle de 1221. Un changement notable est fait à l'Office divin qui doit désormais se célébrer selon l'usage de l'Eglise romaine, excepté le psautier (G. III). Get article dispense les Frères Mineurs de se procurer les livres nombreux et coûteux qui étaient nécessaires pour célébrer l'Office tel qu'on le chantait alors en dehors de la Ghapelle papale, dont au contraire le Breviarium convenait à la pauvreté et à la vie apostolique des Mineurs. Au lieu du psautier romain, ils adoptèrent le psautier gallican, parce qu'il était le plus répandu. Il semble bien que, du temps de saint François, le chant liturgique était en usage dans les couvents de l'Ordre, bien qu'il n'en soit pas fait mention dans la Règle 3o. Saint

29 Les Actus (C. 60) rapportent que deux Frères Mineurs demandèrent un soir l'hospitalité à la porte d'un château. C'était un vrai repaire de brigands. Le baron qui l'habitait ne vivait, lui et ses gens, que de rapines et de dévastations. Les deux pauvres religieux furent •cependant hébergés et restaurés. L'un deux était prêtre. Il voulait témoifgner sa reconnaissance. Tout le monde étant réunij il parla de leurs fins dernières à ces bandits, qui ne s'étaient entretenus pendant le repas que de leur butin. Il fut si émouvant qu'il obtint leur conversion, ■et « ainsi fructifia la simplicité de ces frères prêchant non Aristote ou les philosophes, mais les peines de l'enfer et la gloire du Paradis avec brièveté de discours, comme il est dit dans notre sainte Règle »,

3° Pour la preuve, cf. Hilarin de Lucerne, Hist. des études dans

François ajoute aux prescriptions de la Règle précédente rinterdiction d'entrer dans les monastères de religieuses (G. XI), et l'obligation d'avoir toujours un des cardinaux de l'Eglise romaine comme protecteur, gouverneur et correcteur de la Fraternité (G. XII). Malgré ces additions, certaines imprécisions subsistent encore. G'est ainsi que l'âge d'admission n'est pas fixé. Il est probable que les enfants n'étaient pas reçus avant l'âge de quinze ou seize ans 3i. Les lettres d'obédience ne sont pas mentionnées. Elles commencèrent cependant d'être en usage dès cette époque puisque Agnello de Pise, lorsqu'il fut envoyé en Angleterre (1224) ^-, et Nicolas de Montefeltro se présentant (i225) à Jourdain de Giano, custode de Thuringe, en étaient munis {Giano, p. 42). Il n'est pas davantage question de la formule de profession ni du changement de nom au moment de Tentrée dans l'Ordre. Ce dernier usage, loin d'être général, ne fut qu'une exception. Ge fut le cas pour saint Antoine de Padoue, pour Frère Pacifique, pour Frère André, confesseur de sainte Elisabeth de Hongrie {Giano p. 28), qui s'appelaient respectivement Fernand de Bouillon, Guillaume Divini et Hartmodus.

l'Ordre de saint François, p. 444-462; E. Clop, Saint François et la Liturgie (Archiv. fr. hist., t. XIX, 1926, p. 753-802).

31 II y eut quelques exceptions (cf. Thomas de Celano, Tract, de Mir., 54). Parmi les Frères Mineurs qui débarquèrent en 1224 en Angleterre se trouvait un 'novice, Guillaume Esseby, aetate juvenis (Eccleston, p. 5). Le premier novice reçu dans cette Province, Frère Salomon, était un adolescent (ibid. p. 15), le troisième un enfant, puer nobilis et delicatus, le quatrième un adolescent d'environ 18 ans (ibid. p. 19). Thomas d'EccIeston signale encore (p. 29) la réception d'un adolescent, et (p. 76) le cas d'un enfant qui, à 15 ans, au temps où Agnello de Pise était Provincial (1224-1236), fait vœu d'entrer dans l'Ordre, vit avec les Frères, et ne reçoit l'habit que lorsqu'il a atteint l'âge légitime, c'est-à-dire, 18 ans, d'après les Constitutions générales de 1260 (voir aussi Salimhene, p. 296). — Au Moyen-Age, on divisait le cours de là vie ainsi : infantia jusqu'à 7 ans, pueritia jusqu'à 15, adolescentia jusqu'à 25, juventus jusqu'à 35, virilitas jusqu'à 50, senectus jusqu'à 70, après quoi c'était la décrépitude (Biblioth. Nat. de Paris, Ms. lat. J4070, fol. isgr).

32 Cf. Arch. fr. hist., t. I (1908), p. 468.

Page 1