‹ Histoire de la fondationChapitre 59 sur 238 · La bulle « Quo elongati » (i23o · texte numérisé non relu

La bulle « Quo elongati » (i23o

L'institution du noviciat (22 septembre 1220), la permission de célébrer les Offices dans les oratoires, même en temps d'interdit (29 mars 1222) et d'avoir des autels portatifs (3 décembre 1224), l'obligation pour tous les prélats ecclésiastiques de considérer comme excommuniés les Frères Mineurs sortis de l'Ordre après la profession et dénoncés comme tels par leurs supérieurs (18 décembre 1228) sont les premiers pas de l'évolution qui, du vivant de son fondateur, commença (vers 1219) dans l'Ordre franciscain. En vingt ans (1219-1239) sous l'influence des lettrés puissamment secondés par le Saint Siège, VO?'dre des Frères Mineurs primitivement mixte, c'est-à-dire composé de clercs et de laïcs pouvant également les uns et les autres exercer les offices de supérieurs, voués à l'humble prédication de la pénitence, et soumis aux évêques, va se transformer en un Ordre de clercs, exempt de la juridiction épiscopale et voué au ministère des âmes proprejnejit dit.

L'estime et l'affection dont toutes les classes de la

société entouraient la nouvelle congrégation, son recrutement de plus en plus fréquent au sein de l'élite intellectuelle, les besoins de l'Eglise, tout invitait à favoriser •encore plus largement le développement de cette force toute neuve. La mort même de saint François (3 octobre 1226) facilitait le mouvement inauguré par les lettrés.

Les premiers successeurs du Saint furent des hommes ■distingués par la science, des juristes ou des Maîtres en théologie. Jean Parenti (1227-1232) était Docteur de la Faculté de Droit de Bologne quand il revêtit l'habit, et Ministre provincial d'Espagne quand le Chapitre de 1227 le choisit pour Ministre générai. Frère Elle (1232-1239) .nous est déjà connu, et les chroniqueurs nous apprennent qu'il avait une réputation de savoir hors pair en Italie. .Sans avoir la même renommée, Albert de Pise (1 239-1240) devait être un homme de haute valeur, puisqu'il fut tour à tour Provincial d'Allemagne, de Bologne, de la Marche d'Ancône, de la Marche de Trévise, de Toscane et d'Angleterre. Il eut pour successeur, comme Provincial d'Angleterre et comme Général, Aymon de Faversham (1240- 1244) Maître de l'Université de Paris. Crescence de Jesi, -qui vint après lui (1244-1247), était juriste et médecin. Enfin Jean de Parme (1247-1257) qui fut lecteur au Mudium de Paris, puis à celui de Bologne, enseignait à Naples, quand il passa au gouvernement de l'Ordre 1. Ils croyaient tous à la possibilité de concilier un apostolat moins étroit avec le haut idéal de vie conforme à l'Evangile, héritage du Séraphique Père.

1 Cf. EccLESTON, p. 36 (Frère Elie), p. 79-94 (Succession des Ministres généraux), p. 120 (Aymon de Faversham) ; Pellegrino de Bologne (ïbid., p. 141-144); Catalogus Gêner. Min. O. F. M., dans l'édition de Salimbene, p. 658-664; GiANO, p. 46 (J. Parenti), 54-58 (EHe et Albert de Pise), 59 (Aymon de Faversham), 60 (Crescence de Jesi), 62 (Jean de Parme; Salimbene, p. 102 (J. Parenti), 96 s., 157-163 (Eiie), 44, 158, 164 s. (Albert de Pise), 176 (Aymon de Faversham et Crescence de Jesi), 176, 178, 297 ss. (Jean de Parme).

Page 1