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LA BULLE (( QUO ELONGATI )) II

9. L'entrée des monastères de femmes, quels qu'ils soient, est interdite aux Frères à moins d'une permission du Siège Apostolique.

Dans l'histoire de l'Ordre franciscain, la Bulle Quo elongati, première explication pontificale de la Règle, est d'une importance considérable. Grégoire IX veut rester fidèle à la pensée de saint François. Il maintient dans toute sa rigueur le principe de la pauvreté absolue tant collective qu'individuelle. Il maintient aussi la défense de ne recevoir « ni deniers ni pécune » . Mais il adoucit notablement l'austérité de cette prohibition en ratifiant l'institution du nuntius et celle de Vami spirituel. En cela il est moins conforme à l'esprit du Poverello, car, représentant des bienfaiteurs, le nuntius et Vami spirituel pourvoient aux nécessités présentes des Frères, acquittent leurs dettes, et leur enlèvent par cela même les soucis et les incertitudes du lendemain.

Mais, de toutes les décisions de Grégoire IX dans cette bulle, la plus importante est celle qui enlève toute force de loi au Testament du séraphique Père. La rigueur juridique d'une telle sentence dut faire au cœur de beaucoup de ses fils une douloureuse blessure. Il n'en reste pas moins vrai que, sans le consentement des Ministres, le saint fondateur ne pouvait imposer ses dernières volontés à l'instar d'une loi, et que seul le Pape est juge des règlements à établir ou à modifierai. En outre, cette décision était rendue nécessaire par les difficultés qui assaillaient les Frères, et par l'urgence d'adopter les formes nouvelles d'activité auxquelles ils étaient de toutes parts conviés. Ils ne pou-

2^ <( Sine consensu Fratrum, maxime Ministrorum, quos universos tangebat, oiligare neqtiivit, nec successoreni suum quomodolihet ohligavit, quum non hdbeat imperium par in parem, » (Bulle Quo elongati, loc. cit., p. 68.

vaient s'y livrer sans demander des privilèges. Ils ne pquvaient demander des privilèges sans se mettre en contradiction avec le Testament. La sentence de Grégoire IX fit donc tomber la barrière qui retenait encore les Frères Mineurs en vertu des volontés de saint François dans l'apostolat si limité de leur début. Désormais l'évolution commencée va se poursuivre plus librement et s'opérer : 1° Par la conquête de l'exemption, 2° Par l'organisation des études, 3° Par l'extension de l'activité apostolique, 4° Par des modifications dans le gouvernement de l'Ordre et le recrutement de ses membres.

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