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EXTENSION DU MINISTÈRE APOSTOLIQUE I

très bonne heure, et sous les yeux même de saint François 57, bien que les prêtres de l'Ordre fussent si peu nombreux que les Frères étaient souvent obligés de recourir aux prêtres séculiers pour recevoir le Sacrement de Pénitence^ Après son premier sermon à, Saint-Denis, le jour de Pâques 1226, Aymon de Faversham reçut pendant trois jours les confessions de ceux qu'avait émus sa parole 58. Il y avait en Angleterre, dit encore Thomas d'Eccleston, beaucoup de Frères qui, sans être ni prédicateurs ni Lecteurs, furent, avec l'agrément des évêques diocésains, répartis en divers lieux pour entendre les confessions des religieux et des séculiers ^g. Jean Parenti avait du reste statué que seuls les profès qui en avaient reçu la permission de leur Ministre provincial, pourraient administrer le Sacrement de Pénitence 60.

Ce ministère de la confession prit chez les Franciscainsune importance de premier ordre, car leur prédication, bien qu'elle traitât désormais tous les sujets de l'enseignement catholique, conserva toujours une préférence pour ceux qui relèvent de la morale. C'était l'un des caractères que lui avait imprimé saint François par les expressions^ dont il se sert dans la Règle, et par son insistance remarquable à rappeler à tous la nécessité de fuir les vices et de. confesser ses péchés 61. Mus par les mêmes idées, les Mineurs déployèrent un grand zèle dans l'exercice de ces fonctions si délicates et si graves. Leur vie vertueuse leur attirait -l'estime et facihtait l'ouverture des consciences. Grands et petits s'adressaient à eux avec empressement pour obtenir le pardon et retrouver la paix de l'âme. De

^^ Cf. Th. de Celano, Tract, de miraculis, éd. Ed. d'AIençon, p. 367 : la confession du seigneur de Celano par un compagnon de saint François..

58 EccLESTON, p. 35.

59 Ibid., p. 75.

^û Catalogus, dans Salimbene, p. 659, dans Anal. Fr., t. III, .p. 695. ^^ Notamment dans ses Epistolae. Cf. Opuscula S. P. F., p. 90 s., 95^ 97. "4.

I méchantes langues disaient bien que la confession faite à ces prédicateurs itinérants, qui apparaissaient un jour dans une paroisse et que l'on ne revoyait plus ensuite, encourageait le péché et enlevait à la pénitence son efficacité en diminuant la honte de l'aveu fait à son propre pasteur. Mais les Souverains Pontifes en jugèrent autrement. Ils reconnurent le bienfait du zèle franciscain dans l'administration du Sacrement de la miséricorde divine. Ils étendirent encore davantage leur activité sacerdotale en choisissant souvent parmi eux leurs propres confesseurs, leurs chapelains, leurs pénitenciers, hommes de confiance qu'ils chargeaient en outre de missions importantes : prédication de la croisade, négociations avec l'Eglise grecque. Inquisition en certaines contrées, réforme des abus signalés dans telle église ou tel monastère, enquêtes ou arbitrages au sujet de maintes causes déférées à la Cour romaine 62, Evêques, princes et seigneurs imitent l'exemple du Chef de l'Eglise et sollicitent des Ministres la faveur d'avoir des Frères Mineurs pour chapelains, confesseurs ou familiers. Le peuple, lui aussi, peut participer dans une certaine mesure aux mêmes avantages. Le couvent franciscain est devenu un foyer de vie religieuse. Les portes des oratoires et des chapelles des Frères lui sont ouvertes pour l'assistance aux Offices et la réception des sacrements, sauf en temps d'interdit où les Frères doivent célébrer pour eux seuls 63.

L'apostolat des Mineurs revêt dès maintenant des formes multiples, et s'exerce sur un théâtre aussi vaste qye le monde.

"2 Voir plus bas, App. II : Les F. M. dans l'organisation ecclésiastique, et App. III : Les F. M. et les affaires politico-religieuses des papes.

63 Nos attendentes, 26 mai, et Devoiionis vestrae, 10 juin 1228, Bull. /r., t. I, p. 41S.

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