CHUTE DE FRÈRE ÉLIE I
appuyés par le plus grand bienfaiteur des Frères Mineurs en Angleterre, le célèbre Robert Grossetête, nomitié évêque de Lincoln en i235 80^ et par Frère Arnulphe, pénitencier de Grégoire IX. Elie ne put rien empêcher. Ses adversaires dressèrent contre lui un réquisitoire accablant 81. Après une discussion laborieuse, le Pape, indécis sans doute, engagea les protestataires à constituer une Commission de vingt membres chargés de préparer lés travaux du Chapitre général, qui devait statuer sur le sort de Frère Elie.
Le Chapitre se réunit à Rome en 1289 sous la présidence de Grégoire IX lui-même. Elie se défendit avec opiniâtreté. Mais, grâce à l'intervention d'un cardinal, Aymon de Faversham put prendre la parole, et exposer tous les griefs des Frères contre lui. A ces griefs d'ordre religieux, s'en ajoutèrent peut-être d'autres à ce moment, d'ordre politique^ dans l'esprit de Grégoire IX. Frère Elie avait toujours conservé l'amitié de Frédéric II. Éût-ce été possible, s'il avait nourri à son égard la même intransigeance que Grégoire IX ? Pour tous ces motifs à la fois, le Souverain Pontife se décida à le relever de sa charge 82. Albert de Pise, Provincial d'Angleterre, fut élu à sa place.
Restait à prendre des mesures préventives pour empêcher le retour d'abus de pouvoir semblables à ceux qu'avait commis l'ex-Ministre général.