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LES MINEURS « ORDRE DE CLERCS

affirment la ressemblance, n'est-il pas à craindre que la marche rapide de l'évolution n'ait fait perdre à l'Ordre franciscain quelque chose de son originalité première et de son individualité propre ?...

Quoi qu'il en soit, à la date de 1289 la période de croissance de l'Ordre franciscain est achevée. Le Chapitre général qui se tint cette année-là à Rome peut être considéré comme le terme de son évolution, et Frère Aymon de Faversham, après le saint fondateur et après Grégoire IX, apparaît comme le principal auteur de sa législation »o2.

Les aspirations des lettrés vers une activité apostolique plus étendue et plus indépendante, tel Savait été le point de départ de l'évolution que nous venons d'étudier. Avec les encouragements du Saint-Siège, elle s'accomplit simultanément par Vessor du mouvement scientifique, par Vaccession des Frères au ministère pastoral proprement dit et par la conquête de l'exemption. Elle eut pour conséquence immédiate la transformation de l'Ordre des Mineurs en un Ordre de Clercs io3.

De ces changements d'autres conséquences vont découler qui apporteront des innovations dans le régime de vie intérieure et particulièrement dans la pratique de la pauvreté.

102 Plus tard, à la fin du XIII® siècle, Frère Èlie sera le bouc émissaire des Spirituels qui prétendront être plus que les autres fidèles à l'esprit de saint François. Pourquoi Frère Aymon de Faversham ne partage-t-il pas cette réprobation ? Peut-être parce qu'il n'usa pas à leur égard de répression violente, et qu'il ne tomba pas personnellement dans les abus dont Frère Elie se rendit coupable; peut-être aussi parce qu'il contribua, quoique pour d'autres motifs que les zélateurs de la pauvreté, à la chute de l'autoritaire Ministre général, qui, dans la suite, ajouta à tous ses torts celui de l'apostasie.

103 Pareille transformation s'était effectuée dans l'Ordre bénédictin. Le passage de la condition des moines laïcs à l'état clérical y amena des résultats d'une grande importance. Le travail manuel fut abandonné, non au profit de l'apostolat, mais de l'Office canonial. (Cf. Butler, Le Monachisme bénédictin, trad. Ch. Grolleau. Paris, 1924. p. 24, 306-309.)

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