DANS LA VIE RÉGULIÈRE
Après comme avant l'évolution accomplie de 1219 à 1289, la pauvreté absolue demeure le fondement même de rOrdre franciscain. Mais l'édifice commencé par saint François avait pris si vite de si vastes proportions, qu'il fallait de toute nécessité étendre cette base que le fondateur avait voulu si étroite. Il fallait que, sans cesser d'être la force intime et la caractéristique de l'institution, la pauvreté ne fit jamais obstacle ni à l'exercice de l'apostolat ni à l'acquisition de la science. Il fallait, pour adapter parfaitement la vie intérieure de TOrdre à l'activité extérieure élargie, élargir aussi la pratique de la pauvreté, c'est-àdire la rendre facile et en atténuer la rigueur.
De là des transformations importantes dans les habitations et les moyens de subsistance, des innovations dansla discipline, dans les observances et dans les usages de la vie régulière. Ces transformations et ces innovations,, jointes à celles qui sont déjà signalées dans le chapitre précédent éloignent l'Ordre de plus en plus de la vie instable des premiers disciples de saint François, elles vont être l'occasion de luttes intestines^ pendant que les travaux