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PRATIQUES NOUVELLES DE LA PAUVRETÉ I

neur que les plus vénérables congrégations : Dignum esse credimus ut habitacula vestra inter alias venerabiles congregationes jîdelium statuamus.

Le temps où les Mineurs étaient obligés de recourir au clergé paroissial pour assister aux Offices et recevoir les sacrements n'était pas encore très éloigné, et déjà dans leur situation quelles différences 49 !

3. — Innovations dans la pratique de la pauvreté et dans les moyens de subsistance.

L'acquisition d'un emplacement, d'une chapelle, d'un groupe de maisons ne résolvaient pas toutes les difficultés en présence desquelles les Frères se trouvaient. Malgré une répugnance très marquée pour les dettes, il leur était impossible de n'en pas contracter 5°. Gomment donc s'y prenaient-ils pour les acquitter et pour faire face aux dépenses de leur nourriture, de leurs vêtements, de leurs constructions, sans oublier celles non moins importantes de leurs livres ?

Quand ils se transportaient dans un autre couvent, ils songeaiient d'abord à diminuer leurs frais, en enlevant du lieu qu'ils abandonnaient tous les matériaux et objets qu'ils pouvaient emporter ; puis ils vendaient le terrain et les bâtiments, excepté l'église, et ils en appliquaient le prix

*9 Ces différences furent encore accentuées par l'introduction d'autres usages monastiques : réglementation du silence {Const. . Narb., R. IV, p. 453s., 464, 467), chapitre des coulpes (Ibidem p. 454), abstinence perpétuelle (Ibid. p. 4S3), hospitalité (Ibid. p. 4S4). A la fin du XlIIe siècle il y aura une imitation de la Stabilitas loci dans l'affiliation contre laquelle les Spirituels protesteront avec véhémence.

so Au sujet des dettes, cf. Constit. gen. Narhon., loc. cit. p. 452; Ec- CLESTON, p. 9, 44, 46, 128. Rappelons ici que les Constitutions de 1260 n'étant qu'une rédaction peu différente de celles de 1239, nous pouvons légitimement nous en servir pour nous faire une idée de ce qu'était la législation franciscaine entre 1239 et 1260.

à racquisition du nouveau. Cette manière de faire qui devait' tout naturellement venir à l'esprit, fiit déclarée légitime par Alexandre IV en i255 5i.

Quand ils acquéraient, par achat, donation ou échange, une église, des constructions ou un terrain, même quand, après ces premières acquisitions, ils cherchaient encore à s'agrandir, c'était, il importe de le remarquer, presque toujours pour arriver à avoir juste ce qui leur était nécessaire et rien de plus. Les Constitutions leur défendaient de s'immiscer dans l'administration des propriétés annexées aux lieux qu'ils habitaient, et d'en percevoir les fruits 52. En conséquence les propriétés, les maisons, les champs, les vignes, les moulins, les revenus, les fondations, les dîmes, les droits attachés aux églises ou chapelles concédées aux Frères, étaient rattachés à d'autres églises 53. Si l'église était paroissiale, elle cessait de l'être une fois attribuée aux Frères Mineurs 54 j les clercs qui la desservaient à ce moment, ses paroissiens et ses revenus étaient répartis entre les paroisses voisines 55.

En prenant possession du monastère bénédictin de Sainte-Marie du Capitole à Rome, les Mineurs ne reçurent la jouissance que du monastère lui-même avec ses dépensa Ex parte vestra du 21 octobre 1255, Bull, fr. t. II, p. 84s. — On trouvé un acte de vente de ce genre signé à Pérouse en 1253 dans Mise, fr., t. IV (1889), p. 145; Bull. fr. t. I, p. 680.

52 Si autem fratres in locis habentibus proprietatem morari contigerit, nec per se, nec per interpositam personam de illa proprietate se aliquatenus intromittant, nec ex pacto fructus ejusdem recipiant. Const. gen. Narhon., Rubr. III, loc. cit. p. 453).

53 Les chosesj se passèrent ainsi à Pise (1229), Saint-Laurent de Naples (1234), Sienne (1236), Fermo (1240), Lodi (1252), Catanzaro (1252). Cf. Bull. fr. t. I, p. 48, 144s., 206, 281 et 606, 678; t. II, p. 175-177.

5* Fratres in locis habentibus parochiale coemeterium aut baptisterium non morentur si eos oporteat mortuos sepelire et pueros baptizare (Const, gen. Narhon. Rubr. III, p. 453).

S5 Exemples : Sienne (1236), Lancîano (1252-1257), Spello (1254), Milan (1255-1256). Cf. Bull, fr., t. I, p. 206, 709-711 t. II, p. 202s, p. 15s, 58-60, 107.

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