XVI INTRODUCTION
dont parle le prologue de la compilation d'Avignon, une légende inconnue jusqu'à nos jours ou le Spéculum luimême. '
Quant aux écrits authentiques du Frère Léon, la Legenda antiqua de Pérouse nous en offre un fragment important. On peut y ajouter quelques passages de la pseudo-légende des Trois Compagnons *, dix chapitres tirés du manuscrit Philipps " et un du manuscrit de Saint Isidore ^.
C'est à peu près tout ce que nous possédons comme œuvre du Frère Léon, ou tout au moins s'en approchant beaucoup»
Quelle confiance faut-il accorder à ces pages ? Elle ne peut pas être absolue. Il ne suffit pas de dire qu'un fait est rapporté par celui que saint François appelait la « petite brebis du bon Dieu » pour en admettre l'historicité. C'est que la production littéraire de Frère Léon ne doit pas dater d'une seule époque. Il écrivit, nous le savons, pour documenter Thomas de Celano (1244-1246). Est-il possible qu'il n'ait pas repris la plume pour retoucher ou augmenter ces souvenirs après l'apparition de la Legenda major de S. Bohaventure (1263) qui avait couvert d'un silence si prudent et si pénible les intentions de S. François, après surtout le décret de 1266 qui supprimait toutes les légendes antérieures à la Legenda major et notamment celles de Celano désignées depuis lors par le titre d' « ancienne légende », Legenda vêtus, Legenda antiqua ? En 1266, Frère Léon, dont les écrits n'avaient pas été pris en considération par saint Bonaventure, ne devait pas être dans le même état d'esprit que vingt ans auparavant. L'indignation des Spirituels à «la fin du XIII®
• Legenda Trium Sociorum (éd. Amoni), fin du chap. V (éd. Acta 5S.), § 15 ; Chap. XII, §§ 46-52 ; fin du chap. XIII. § 56-
• Cf. Opuscules de Critique historique, fascicule XVIII : Un nouveau manuscrit franciscain, ancien PhilUpps 12290, aujourd'hui dans la Bibliothèque A. G. Little, Nos 1536, i^^^ 155, 158, 164, 179, 194, 195, 197.
" Cf. Liv. Oliger, O. m., Descriptio codicis S. Antonii de Urbe unacum appendice textuum de S» Fr. dans Arch. fr. hist., t. XII (1919), n<» 31, p. 371.