LE PROCUREUR SYNDIC
ration confère à celui qui en est revêtu les pouvoirs le& plus étendus. Elle lui permet d'en user dans l'intérêt de l'association dont il est le délégué légitime, indiscutable et général, tandis que le nuntius ne reçoit qu'un mandat en vue d'une mission précise et limitée. Les fonctions de l'un et de l'autre peuvent d'ailleurs être exercées par la même person ne 79. Pour ce qui regarde les Frères Mineurs, la mission spéciale du nuntius et deVdimi spirituel est de pourvoir, avec les aumônes des bienfaiteurs et en leur nom, aux besoins ordinaires de la vie conventuelle, tandis que le procureur gère, au nom de l'Eglise romaine, les biens donf les religieux n'ont que la jouissance. Par celui-ci, le principe de renoncement à toute propriété individuelle et collective est sauvegardé ; par ceux-là, les Frères reçoivent des aumônes pécuniaires sans enfreindre le précepte de la Règle qui le leur défend.
La nomination du procureur se fit suivant des modalités que nous ne connaissons qu'en partie 80. Gomme Vami spirituel représentait déjà les bienfaiteurs, il parut: tout naturel de le choisir également en qualité de procureur, c'est-à-dire, de représentant du Saint-Siège, et de confier ce choix au Cardinal protecteur. Les Quatre Maîtres suggérèrent donc l'idée d'obtenir du Protecteur
franciscaine, mais ils ne traitent aucune affaire économique ou financière, et ne peuvent être confondus avec les procureurs laïcs dont il est ici question. Le cas du couvent de Modène, où en 1244 deux Frères sont désignés par l'évêque comme procureurs avec pouvoir d'actionner en justice, peut être considéré jusqu'à présent comme tout à fait exceptionnel (ibid., t. I, p. 539).
'® G. YvER, Le commerce et les marchands dans l'Italie méridionale^ au XIII^ et au XIV^ siècles. Paris, 1903, p. 341 s.
*" Les amis spirituels étaient souvent institués par les évêques ou lescommunes (cf. Hugues de Digne, Expos. Reg., cap., IV), Il arriva même que les Frères fondèrent, comme à Borgo San Sepolcro, une Fraternité d'Amis Spirituels destinéei à pourvoir à leurs nécessités. Les fidèles qui voulaient faire un don aux religieux, le déposaient à la Fraternité et les recteurs de celle-ci l'utilisaient pour les besoins qui leur étaient signalés (cf. Archiv.fr. hist., t. VIII, 1915, p. 286).
l86 CHAPITRE V
de l'Ordre qu'il voulût bien autoriser cet homme Jîdèle (on l'appelait aussi de ce nom) à faire, en cas d'urgente nécessité, les contrats de vente qui lui étaient jusque-là interdits 8i. Aymon de Faversham trouva un procédé plus simple et plus expéditif en obtenant du Souverain Pontife un bref qui permettait au Provincial d'Ombrie et au Gardien d'Assise de nommer directement le procureur de la basilique et du Sacro Convento (i3 décembre 1240) 82. Cet exemple ne paraît pas avoir été souvent imité. Le Bullaire, en tout cas, n'en a pas conservé la trace. Cependant en x'^vril 1247, les Mineurs de saint Jean d'Angély avaient choisi eux-mêmes comme procureur un honnête bourgeois de la ville à qui les Bénédictins transmirent tous leurs droits sur les biens qu'ils abandonnaient aux Frères Mineurs en échange d'autres propriétés. Innocent IV approuva ce contrat le 14 juillet 1247 83. C'était pendant le Chapitre général de Lyon, qui mit à la tête de l'Ordre Frère Jean de Parme. Un mois après, le 19 août 1247, le pape adressait au nouveau Chef de l'Ordre le bref Quanto studiosius, qui généralisait la permission accordée pour le Sacro convento. Tous les Ministres provinciaux sont, de ce chef, autorisés à instituer eux-mêmes et à destituer, sans recourir au Cardinal protecteur, des hommes de confiance (le nom de procureur n'est pas prononcé) chargés au nom de l'autorité pontificale, d'administrer les affaires de tous les couvents de leurs Provinces, c'est-à-dire, de vendre, d'échanger, de réclamer, d'aliéner, d'acheter, conformément aux indications des religieux, et pour leurs nécessités, ou simplement pour leurs commodités 84.
81 Voir plus haut, note 78.
"2 Bull, fr., t. I, p, 288. — En 1256 et en 1259, ce procureur était Picardo, le propre neveu de saint François (cf. La Verna, Anno VI, 1906-7, p. 742).
83 Bull, fr., t. I, p. 471.
8* « Concedimus ut singulis vestrum liceat in provinciis eis (Min.