‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 118 sur 180 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

à la fin du chapitre 1er, dont il faut retrancher les quatre citées plus haut et celles de : Boiscommun, Ghevilly, Fleuryaux-Choux, Saran et Semoy, qui ont renoncé à cet usage depuis quelques années. Ces 31 communes ont fait marquer, en 1887, 4,448 bétes au mailles et 307 chevaux, soit 137 animaux pour 1,000 heclares, c'est-à-dire 58 p. 100 dç moins qu'au commencement du siècle; et encore, un bon tiers des animaux marqués n'est jamais envoyé en forêt. Ces chiffres, à peu près stationnaires depuis 1877, sont un peu supérieurs à ceux des dernières années qui ont précédé 1870.

L'usage au panage tomba tout à fait en désuétude depuis la Révolution. L'autorisation fut encore donnée, certaines années, mais de plus en plus rarement, de ramasser les glands, moyennant une somme variable qui fut comprise dans les menus produits (voir plus bas).

Les vagues, concédés aux moutons par M. de Ménars, continuèrent à leur être abandonnés. Ainsi que nous l'avons dit au chapitre 1er, ceux compris dans l'apanage furent délimités en 1823, ceux du domaine de l'État, en 1853, et tous furent aliénés de t850 à 1868. Les communes obtinrent, en général, des acheteurs, 33 p. 100 du prix d'achat, comme valeur représentative de leurs droits.

Tolérances. — Nous avons dit plus haut que le règlement du 15 avril 1671 avait supprimé tous droits au bois mort, mais il est probable que les indigents, au moins, continuèrent à aller s'en approvisionner. On ne laisse pas sans bois une chaumière de la lisière d^une forêt; la tentation est trop forte.

Quoi qu'il en soit, un arrêté du conseil du district d'Or-

léans, ctu 7 janvier 1795, approuvé par l'administralion départementale, autorisa tous les citoyens peu fortunés à aller prendre du bois mort, pour leur chauffage, à la condition de ne pas le couper, ni le vendre, et de l'emporter à dos.

En 1809, on laissa à peu près tout le monde couper de la bruyère et des genêts, mais des abus se produisirent bientôt; la spéculation s'en mêla; on venait de très loin ramasser bois et bruyères, on les sortait à dos en grande quantité jusqu'au-delà de la ligne des bornes, où des voitures les prenaient pour les conduire chez ceux qui les avaient achetés. On commença par prohiber l'enlèvement do la bruyère et des genêts, puis, en 18'20, on tint rigoureusement la main â ce que le bois mort fût réservé aux seuls habitants des communes riveraines de la foi-ét. Mais il fallut que la gendarmerie vint, plusieurs fois, prêter la main aux gardes pour faire cesser l'habitude qui avait été prise. L'administration de l'apanage s'opposa même, pendant un certain temps, k tout enlèvement gratuit ; bientôt, cependant, on rendit aux indigenis la faculté d'emporter, & dos ou à l'aide de brouettes, et le bois mort, sec et gisant, el les genêts ou bruyères. Après 1830, il fallut, de . nouveau, laisser lout le monde jouir de cette tolérance.

Enfin, un arrêté de décembre 1833 la l'égla, définitivement, pour le domaine de la liste civile, et l'arrêté ministériel du 4 juillet 1835, relatif au pâturage, dont nous venons de parler, pour les bois domaniaux. Elle ne fut plus accordée que par cartes nominatives, délivrées, annuellement, aux indigents inscrits sur des listes dressées par les maires. L'enlèvement ne put avoir lieu qu'à dos d'homme, pendant les six mois d'hiver, les dimanches et jours de fêtes exceptés.

Page 1